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POINT DE VUE

Que cache l'engouement médiatique autour de la Centrafrique ?


Alwihda Info | Par Olivier BOBY - 22 Septembre 2013 modifié le 22 Septembre 2013 - 18:27

L’histoire récente de notre pays nous dira qu’entre 2005 et 2011 M. Martin Ziguélé représentait l’espoir d’une alternance, il reflétait une nouvelle manière de faire de la politique, en acceptant avec beaucoup de tact sa défaite face au Président Bozizé contre l’avis de certains caciques du MLPC qui l’incitait à contester les résultats de l’élection présidentielle 2005.


BEFORE THE MOST RECENT: “Yé ti mawa na Centrafrique”

Par Olivier BOBY

La République Centrafricaine est devenu ces derniers temps un sujet d’actualité à la une. Mais que cache cet engouement médiatique ?

Depuis le 24 mars 2013, ce pays vit l’une des plus rudes atrocités de l’ère moderne, sous le regard nonchalant et circonspect de la communauté internationale. Or le Président français François Hollande vient de dire à Bamako comme il l’a aussi dit pour motiver une intervention armée en Syrie, que : "Lorsque le droit est bafoué, lorsque les enfants et les femmes sont massacrés, c'est là que la communauté internationale doit se lever et assurer la solidarité". En Centrafrique le droit n’est plus bafoué mais n’existe plus, la civilisation est sur la voie de la disparition, la population vulnérable se fait massacrer chaque jour sans réaction de la communauté internationale et particulièrement de la France avec laquelle nous avons une histoire en commun.

Au peuple meurtri de Centrafrique, je ne manquerai pas de leur rendre un vibrant hommage pour le combat qu’il mène pour se protéger sans attendre une éphémère intervention de la communauté internationale.

Mais là où le bât blesse c’est l’amateurisme dont fait montre les ciboulots de la transition, qui n’est en réalité que l’alliance du carpe et le lapin, à exposer devant tout le monde leurs chamailleries de cours de récréation qui est loin de concerner un brin tantinet la souffrance au quotidien du peuple. Cette dichotomie de si je ne vais pas à New York, tu n’iras nulle part. La République attend mieux que ces niaiseries. Ce qui pousse certains compatriotes à penser qu’il est plus que nécessaire de mettre le pays sous tutelle de l’ONU.

DE LA MISE SOUS TUTELLE DE LA RCA

Du point de la charte des Nations – Unis au Chapitre XII, article 75 et 76, la Républicaine Centrafricaine réunit tous les ingrédients pour être placé sous le régime international de tutelle, car le peuple est face aux trois chefs de l’exécutif incompétent et inexpérimenté dont leurs images ressemble aux trois petits singes de sagesse de la conte.

Mais l’article 78 qui dit ceci : « Le régime de tutelle ne s'appliquera pas aux pays devenus Membres des Nations Unies, les relations entre celles-ci devant être fondées sur le respect du principe de l'égalité souveraine » ne permet pas au conseil international de tutelle de l’ONU de placer la République Centrafricaine sous une tutelle internationale.

Même si la charte le permettrai, accepter qu’on mette la République Centrafricaine sous une tutelle quelconque comme le réclame Joseph Béndoungua n’est ni souhaitable, ni envisageable pour le centrafricain lambda que je suis, cela ne permet pas une résolution effective des problèmes socio-politique en Centrafrique, mais juste de les repousser, car l’espoir d’alternance que porte les anciens hommes politiques ou partis politiques est devenu quasi nul, d’où nécessairement l’émergence d’une nouvelle classe politique que j’appelle de tout mes vœux.

D’UNE ALTERNANCE POLITIQUE DIFFICILE

L’histoire récente de notre pays nous dira qu’entre 2005 et 2011 M. Martin Ziguélé représentait l’espoir d’une alternance, il reflétait une nouvelle manière de faire de la politique, en acceptant avec beaucoup de tact sa défaite face au Président Bozizé contre l’avis de certains caciques du MLPC qui l’incitait à contester les résultats de l’élection présidentielle 2005.

Mais aujourd’hui poussé par une malhonnêteté intellectuelle si j’ose le dire, en se soustrayant aux auteurs de la déliquescence de l’état centrafricain qui ne date pas d’il y a dix (10) ans, mais qui a commencé depuis plus de 30 ans, et qui fait de lui d’emblée, l’un des comptables de la déconfiture de la machine de l’état est une faute politique et une erreur de communication.

Lui en tant que Premier ministre a totalisé quatre (4) soubresaut politico-militaire, ce qui représente un record qu’un premier ministre a connu sous les quatre derniers Président de la République réunis.

Sans compté l’incapacité de l’état en son temps à faire face à certaine dépense de souveraineté comme le paiement à termes échus des salaires, pensions et bourses…

Loin de moi l’idée de faire un audit à charge de la gouvernance Ziguélé, mais suivre sans tiquer le passage de M. Ziguélé sur RFI et dans Afrique – presse, une émission de TV5 Monde, RFI et l’Express, est impossible pour l’habitant du quatrième arrondissement de Bangui que je suis et dont les oncles, tantes, cousines, cousins, nièces et neveux ont subi le massacre de Boy-rabe dans leurs chaires.

En cherchant à défendre la Séléka, M. Ziguélé a finalement perdu son Sango, s’est inscrit dans le parti des fossoyeurs de la république, et s’est décrédibilisé devant le monde entier qui jusque-là est unanime dans le constat de la frustration des éléments de la Séléka qui n’ont pas trouvé de résistance dans Bangui, se retourne contre la population. Non M. Ziguélé « Ngbia » n’est pas synonyme de « Nzapa » mais « Ngbia » veut dire Chef et le Président de la République est le Chef de l’Etat donc est un « Ngbia ».

A main-nue pour se défendre, la population utilise les moyens non – violente, à savoir : le concert de casserole et la désobéissance civile, es – ce cela qu’on appelle de la provocation ? Pour que M. Ziguélé puisse dire que c’est la population en sachant que les éléments de la Séléka ne sont pas formés au maintien de l’ordre, qui les provoquent. Non mais laisser entendre ça est une aberration.

Pour en finir, ce que je dis n’engage que moi, je crois que Ziguélé n’est pas encore apte à présider à la destinée de la République Centrafricaine. Car si six (6) mois après la crise que traverse notre pays et devant le journaliste Assane Diop, il n’arrive pas à sortir un plan de sortie de crise concret, et qu’il se louvoie en disant qu’il est toujours à la recherche de solution, laissez-moi douté avec raison qu’il n’est pas encore prêt pour prétendre à la fonction suprême.

Qu’a fait la République Centrafricaine pour avoir de tels dirigeants politiques ? Surtout qu’aucun d’eux n’a réagi, face à la sortie peu diplomatique et hautaine du Secrétaire Général de la CEEAC sur la demande de la société civile du retrait de troupes tchadiennes de la FOMAC.

Ce pays mérite mieux que les acteurs politiques actuels, qui jouent leurs partitions comme des acteurs d’un film de série B.