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EDITORIAL

Que reproche-t-on à Catherine Samba-Panza et à son Premier Ministre, Mahamat Kamoun ?


Alwihda Info | Par Edgard Rivière - 28 Janvier 2015 modifié le 28 Janvier 2015 - 21:41

Il nous parait vital d’avoir l’honnêteté intellectuelle sinon l’honnêteté tout court pour reconnaitre le mérite de ces deux personnalités qui, sans moyens financiers ni forces légales, sans personnels qualifiés ni cadres désintéressés il faut le dire, se battent au quotidien pour remettre le pays sur les bons rails. Certes, des efforts restent à faire, mais cela n’autorise nullement le procès en sorcellerie que certains faibles d’esprit leur font.


Que reproche-t-on à Catherine Samba-Panza et à son Premier Ministre, Mahamat Kamoun ?
Comment écrire sur l’impensable? Comment analyser sereinement l’innommable? Comment se taire face à l’ignominie avec un grand « i » ? Devant autant de maux qui sont en réalité des agissements scandaleux, l’indignation, la protestation et la dénonciation paraissent être la réaction la plus structurée qui soit.

Car nul n’ignore plus guère que l’ampleur de la crise que traverse la République Centrafricaine encourage ni l’aventure ni encore moins loin s’en faut, les initiatives foireuses. La crise centrafricaine exige plutôt plus de responsabilité, plus de tacts et moins de calculs politiciens de courte vue aux conséquences forcément calamiteuses.

Nul? dites-vous ! Absolument pas… En effet, n’en déplaise à ceux qui, consciemment ou non, en sont venus à imaginer qu’une rencontre dans un palace cinq étoiles de Nairobi (Kenya) réunissant des individus qui ont le sang des Centrafricains sur les mains suffirait à les absoudre de leurs nombreux crimes et par-là même à ramener la sécurité et la paix en Centrafrique se sont manifestement égarés. Ils se sont d’autant plus trompés que leur réunion de Nairobi qui défraie désormais la chronique centrafricaine défie le bon sens et grave, remue le couteau dans les plaies non encore cicatrisées de nombreuses victimes, ceux-là qui sont marqués au fer rouge de la soif du pouvoir.

Car, nous expliquer, théories fumeuses à l’appui, que François Bozizé et Michel Djotodia auraient « l’autorité morale » nécessaire d’imposer la paix et de ramener la sécurité en Centrafrique, c’est faire preuve d’une mauvaise foi inouïe. Mais pas seulement. C’est aussi se faire complice d’inéluctables clients de la Cour pénale internationale (CPI).

Auquel cas, il faudrait deux versions du dictionnaire pour formuler la définition de l’expression « autorité morale ». En d’autres termes, tenter de faire croire au peuple centrafricain, malgré leurs nombreuses souffrances et désolations, que François Bozizé et Michel Djotodia, deux criminels ayant enjambés de nombreux cadavres des Centrafricains pour accéder au pouvoir et quand ils y sont parvenus, ont tôt fait de produire un fleuve de sang dans le pays, reviendrait à affirmer que le Pape François serait un grand braqueur.
Cependant, nous le savons, le Pape n’est ni un braqueur encore moins un membre de la mafia italienne, Bozizé et Djotodia n’ont de place que devant les juges ou dans les cellules de prison et non sur l’échiquier politique national.

C’est en cela que la casquette d’homme de paix et de concorde nationale que d’aucuns essayent honteusement aujourd’hui des les affubler relève plus de la comédie de boulevard que de recherche de solution à la crise centrafricaine. Leur désir d’imposer un schéma directeur pour l’avènement d’une troisième transition qu’ils appellent de leur voeu ne sauraient les priver du bon sens qui, de l’avis général, est la chose la mieux partagée au monde.

Des manoeuvres honteuses

Dans ces conditions et ces conditions seulement, la moins mauvaise interrogation qui vient à l’esprit est de savoir, pourquoi veut-on mettre un terme à l’actuelle transition? Que reproche-t-on à Catherine Samba-Panza et son Premier ministre? Pourquoi balance-t-on le peuple centrafricains entre les arrangements politiciens à la petite semaine et les initiatives criminelles?

Il nous parait vital d’avoir l’honnêteté intellectuelle sinon l’honnêteté tout court pour reconnaitre le mérite de ces deux personnalités qui, sans moyens financiers ni forces légales, sans personnels qualifiés ni cadres désintéressés il faut le dire, se battent au quotidien pour remettre le pays sur les bons rails. Certes, des efforts restent à faire, mais cela n’autorise nullement le procès en sorcellerie que certains faibles d’esprit leur font.

Nous le voyons, c’est d’ailleurs gros comme un nez de chimpanzé sur un visage mince, que les atteintes aux symboles de l’État comme le rapt du ministre de la jeunesse et des sports et le regain de violence de ces derniers jours participe du complot de Nairobi. Tout est fait pour saper les efforts du gouvernement. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si ces manoeuvres de déstabilisation se sont multipliées au lendemain du lancement du processus du dialogue à la base, étape essentielle avant la tenue du Forum de Bangui censé jeter les bases d’une véritable réconciliation nationale. Il est évident que les comploteurs de Nairobi et leurs parrains tapis à l’ombre mais qui sont connus de tous, multiplient les actions pour faire croire à l’opinion publique tant nationale qu’internationale que Catherine Samba-Panza et son Premier Ministre ne seraient pas à la hauteur de leur mission. Ces manoeuvres sont d’autant plus diaboliques que ce sont les bourreaux d’hier que l’on entend ramener pour prendre les reines du pouvoir.

Une mobilisation citoyenne s’impose

Manifestement, c’est pour la paix que certains oeuvrent en coulisse à l’avènement d’une troisième transition aux contours non encore clairement définis. Mais le besoin de paix ne doit pas faire oublier la nécessité de rendre justice aux victimes. Ceux qui ont le sang des Centrafricains sur la main doivent obligatoirement répondre de leurs crimes. Rien, absolument rien, ne saurait justifier cette tentative d’absolution de crimes abominables perpétrés dans ce pays.

C’est pourquoi une mobilisation citoyenne s’impose. Ce front du non au retour organisé des criminels doit d’abord se constituer des entités signataires de l’accord de Brazzaville et représentés au gouvernement. Les ministres représentants ces groupes doivent se prononcer clairement ou démissionner. La République ne saurait continuer dans ce double jeu. Notre pays n’a que trop souffert.

Edgard Rivière.
 


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