Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
POINT DE VUE

Question à Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères et aux Droits de l'Homme


Alwihda Info | Par - Җ€BIЯ - - 18 Février 2008 modifié le 18 Février 2008 - 17:34

Lors de la visite de Kadhafi en France, vous avez jeté un véritable pavé dans la mare en faisant cette déclaration tonitruante : "Notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant terroriste peut venir s'essuyer les pieds" Cette déclaration a fait couler beaucoup d'encre et de salive. Les Africains, ou au moins les Tchadiens s'attendaient à ce que vous preniez une autre position aussi courageuse par rapport aux récents événements de N'Djamena. Mais pourquoi on ne vous entend pas?


 Question à Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères et aux Droits de l'Homme

Pourquoi ce silence de votre part à propos du Tchad ?

Bonjour madame !

Je crois que je n'ai pas de troubles de mémoire. Vous êtes bien la Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme dans le gouvernement de Monsieur Nicolas Sarkozy ? Je me pose cette question parce que vous observez un silence incompréhensible au sujet des Droits de l'Homme au Tchad. La situation cahotique du Tchad qui relève de votre domaine d'intervention, a atteint un niveau intolérable. Madame, sachez que le régime d'Idriss Déby Itno est preque tombé. Il ne tient plus que par un brin de fil maintenu à bout de bras par la France. Dernièrement, vous avez tout juste fait une petite déclaration, argant que les troupes françaises, "vos troupes", n'ont pas pas pris part aux combats aux côtés d'Idriss Déby. Cette déclaration est à la limite du mensonge parce que Paris reconnaît aujourd'hui avoir fourni des munitions à Déby, via Tripoli. Un coin de voile se lève sur le soutien des Français à Déby, soutien qui lui a permis de garder son pouvoir. Vous êtes naturellement assez bien bavarde sur tous les sujets. Vous aimez bien asséner crûment certaines vérités. Lors de la visite de Kadhafi en France, vous avez jeté un véritable pavée dans la mare en faisant cette déclaration tonitruante : "Notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant terroriste peut venir s'essuyer les pieds" Cette déclaration a fait couler beaucoup d'encre et de salive. Les Africains, ou au moins les Tchadiens s'attendaient à ce que vous preniez une autre position aussi courageuse par rapport aux récents événements de N'Djaména. Mais on ne vous entend pas. Je vous rappelle que le gouvernement dans lequel vous siégez soutient un dictateur hors pair qui s'appelle Idriss Déby Itno. Il est rejeté par son peuple qu'il gouverne par la terreur. A la fin des combats qui l'ont opposé aux rebelles, Déby a procédé à l'arrestation des principaux opposants politiques à son régime : Lol Mahamat Choua, Ngarledjy Yorongar, Ibni Omar Mahamat Saleh. Si Lol Mahamt Choua est déclaré "vivant", sa famille est empêchée de lui rendre visite. Il serait détenu comme prisonnier dans une caserne militaire à N'Djaména. Pourquoi ? Vous ne vous êtes jamais posée la question ? C'est incompréhensible de votre part, vous, Madame la Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme ! Les deux autres opposants sont portés disparus. Il est fort possible qu'ils soient déjà physiquement éliminés par Déby. Ces opposants qui lui servent de paravent, ces opposants qui acceptent de participer au travertissement de sa dictature pour lui donner un aspect apparent de démocratie, Déby les a fait arrêter pour être torturés. Madame Rama Yade, le président Sarkozy est annoncé à la fin du mois de février à N'Djaména pour aller apporter son soutien à Déby. "La France n'est pas un paillasson...". Non seulement Sarkozy va serrer la main à Déby, mais ce dernier viendra essuyer ses pieds couverts de sang sur le paillason français. Etes-vous prête à tolérer un acte aussi ignoble que provocateur ? J'espère franchement que vous ne serez pas du voyage à N'Djaména. Si vous accompagnez monsieur Sarkozy dans ce déplacement odieux, vous aurez insulté le peuple tchadien tout entier. Je ne supporterai pas de vous voir à la télé en train de serrer la main à Déby. Je risquerai de renverser mon téléviseur.

Madame, j'espère me tromper, mais je remarque que les dirigeants Français n'abordent les sujets des Droits de l'Homme qu'avec les dirigeants qui osent lever la tête devant eux. Avec les dirigeants totalement soumis, on n'aborde jamais la question des Droits de l'Homme dans leur pays. C'est ainsi qu'on ose aborder la question des Droits de l'Homme avec Kadhafi ou Robert Mugabé, mais jamais avec un Idriss Déby, ou un Omar Bongo Odignba, ou un Eyadéma Faure Gnassingbé.
Sarkozy aurait refusé de serrer la main à Robert Mugabé au sommet de Lisbonne. Mais le même Sarkozy est prêt à serrer la main de Déby Itno. C'est encore une politique de deux dictateurs, deux mesures. Peut-être que la différence se trouve ici : Robert Mugabé a le culot d'opprimer des Blancs (!) dans son pays, alors que Idriss Déby n'opprime que des Nègres que sont les Tchadiens. Je crois que c'est un malheur que d'être Noir dans ce bas monde, avec tout ce qu'on a vu depuis la traite négrière jusque-là en passant par l'affaire de l'Arche de Zoé. Qu'en pensez-vous ?

BELEMGOTO Macaoura.

macacaoura@aol.com