Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
POINT DE VUE

Qui est vraiment Faustin TOUADERA ?


Alwihda Info | Par Faustin NGOMBI - 21 Février 2016 modifié le 21 Février 2016 - 20:15

Qui est vraiment Faustin Archange Touadéra, le nouveau Président de la République Centrafricaine ? Nous nous sommes basés sur des faits réels afin de chercher à savoir quelle était la nature profonde de cet homme trop méconnu du grand public.


Faustin Touadéra fut certainement le Premier Ministre le plus effacé que l’histoire de la République Centrafricaine. On se souvient comme hier que Parfait Mbaye, ancien vice-premier ministre du Centrafrique en charge des Affaires étrangères le traitait de tous les noms ou encore que Sylvain Ndoutingaï ministre d’Etat aux Finances et au Budget et Firmin Findiro ancien ministre de la justice n’avaient aucune considération pour lui. En réalité, il fut le seul Premier Ministre de l’histoire de notre pays à avoir eu moins d’autorité que ses propres ministres. Touadéra a été systématiquement écarté par Bozizé et son fils Francis des questions liées à la défense nationale et à l’insécurité dans le pays. Il était contraint d’aller représenter Bozizé aux sommets internationaux lorsque ce dernier ne voulait pas s’y rendre lui-même. Ces voyages à l’international lui ont permis de profiter de Washington, New York ou Paris où il a pris l’habitude de faire du shopping ou encore de faire le beau aux côtés des grands de ce monde pour revenir avec de jolies photos… C’est aussi pendant le règne de Faustin Touadéra que les fonds alloués par des partenaires internationaux pour le processus Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) ont été détournés accentuant l’isolement de notre pays et exposant les populations civiles aux chefs rebelles qui ont prospéré lorsqu’il était Premier Ministre. Il ne gouvernait d’ailleurs que sur la capitale laissant ses compatriotes des provinces à la merci des bandes armées. La meilleure idée qu’il a trouvé pour défendre le pays fut d’ailleurs de distribuer à grande échelle des machettes offertes par la Chine et destinées aux paysans mais finalement détournées de ce but. Touadéra restera dans l’histoire le Premier Ministre qui n’a pu empêcher la plus grande débâcle de l’armée nationale Centrafricaine face un groupe de rebelles qui ont par la suite martyrisé ses compatriotes et plongé notre pays dans le chaos.

Qui a déjà entendu Mr Touadéra émettre la moindre dénonciation ou même indignation face aux nombreux cas de détournements de deniers publics qui n’ont cessé de défrayer la chronique et dont la majorité des auteurs se trouvaient même dans son propre gouvernement ? Personne. Sous son autorité, les crimes de sang et les crimes économiques ont consacré la prédation à tous les niveaux de l’Etat. Les droits de l'homme ont été bafoués sans remord ni dénonciation aucune. Les liquidations politiques et les incarcérations se sont ainsi succédées dans la prison secrète de Bossembélé, à environ 150 km au nord-ouest de Bangui, surnommée «Guantanamo» par la population… Citons par exemple l’affaire Charles Massi qui a été arrêté en 2009 et qui est mort des suites de tortures dans ce sinistre endroit lorsque Touadéra était Premier Ministre. En matière de corruption, citons le cas du général Lapo qui, en sa qualité de Directeur Général du Trésor s’octroyait des marchés publics via son entreprise Polygone sans appels d’offres. Même l’argent pour la construction d’un amphithéâtre moderne et digne à l’université de Bangui a été détourné par le recteur Mbobossi avec sa complicité. Tout en étant Premier ministre, le professeur Touadéra surfacturait d’ailleurs ses heures de cours à l’université avec la complicité de ses deux amis de l’université Simplice Sarandji et Mbobossi.

Il est clair que le bilan de Touadéra fut désastreux. Seul Bozizé qu’il a servi avec servilité arrivait à lui trouver quelques points positifs à mettre à son actif. Rappelons seulement que sous son autorité, les délestages étaient légions à Bangui et dans les grands centres urbains du pays. Ces pénuries ont d’ailleurs rendu impossible la mise en service de la cimenterie de Nzila. Les infrastructures électriques se sont ainsi considérablement dégradées à tel point que seulement 5% de la population centrafricaine avait accès à l’électricité à la fin de son mandat paralysant de fait l’économie et entravant le bien être de la population…Précisions aussi que 2/3 des centrafricains n’avait pas accès à l’eau potable et que la part du budget allouée à la construction de forages ou de bornes fontaines a inexorablement baissé de 2008 à 2013 lorsque Touadéra était Premier Ministre… Enfin, citons l’état des routes qui s’est dégradé à tel point que le nombre de Km bitumé n’a pas du tout augmenté sous son « autorité. » Les ponts de la capitale qui relient les différents quartiers de Bangui étaient alors endommagés, inopérationnels compliquant de fait la libre circulation de ses compatriotes. Ce sont malheureusement des exemples parmi dans d’autres qui rendent la situation limpide : Touadéra s’est contenté en sa qualité de Premier Ministre de jouir de sa confortable situation matérielle et des fonds spéciaux mis à sa disposition qui lui ont permis d’entretenir plusieurs maîtresses dans Bangui plutôt que de s’intéresser au sort de la population…