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Spécial Mali

RAPPORT DE SYNTHÈSE ET LES RECOMMANDATIONS DU COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA SÉCURITÉ AU SAHEL


Alwihda Info | Par I.O Mahamat saleh Brahim - 6 Décembre 2014 modifié le 6 Décembre 2014 - 20:39


Vidéo du Colloque: https://www.youtube.com/watch?v=_dEOFzBTZqM

RAPPORT DE SYNTHÈSE ET LES RECOMMANDATIONS DU

COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA SÉCURITÉ AU SAHEL





RAPPORT DE SYNTHÈSE :

Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité au Sahel, les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali

Du 17 au 19 novembre 2014 s’est tenu à l’Hôtel « Les Colibris de Bamako », le Colloque international du Forum civique : Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité au Sahel, les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali. Organisé avec l’appui des Fondations Rosa Luxemburg et Gabriel Péri ce colloque réunit d’éminents professeurs, chercheurs, spécialistes de la question, des acteurs de la vie socio-politique du Mali. Une centaine de personnes participèrent aux travaux. Différents temps forts ont caractérisé cette rencontre :

I La cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture fut présidée par le Directeur de cabinet du Premier Ministre Monsieur Abraham Bengaly. Elle a été marquée par quatre interventions :

La première intervention fut celle du Professeur Issa N’Diaye, Président du Forum Civique.

Il souhaita la bienvenue à tous et adressa ses remerciements aux autorités présentes, à la primature pour l’attention particulière accordée à ce colloque en termes d’accueil, de mises à disposition de moyens de déplacement et de la presse étatique ; de prise en charge de la sécurité. Les remerciements ont été adressés à la fondation Rosa Luxemburg, et la fondation Gabriel Péri pour leur accompagnement financier ; AFRICABLE- TELEVISION pour la couverture médiatique.

Le Professeur Issa N’Diaye présenta ensuite les différentes délégations : allemande, française, canadienne, africaines (ivoirienne, sénégalaise, burkinabé, tchadienne, mauritanienne, algérienne, malienne) Pour le président du Forum Civique, l’Afrique est malade des interventions extérieures qui engagent notre responsabilité car nous sommes complices de ses interventions. Il est impératif aujourd’hui de s’interroger sur cette responsabilité et les autres problèmes de notre continent. Nous copions tout : constitution, modèle économique, valeur de civilisation, discours, langues. Nous avons passé notre temps à copier, à imiter. Les taux de croissance en Afrique n’ont conduit à rien. Les constitutions et modèles de gouvernance ne riment à rien. Cependant, il est fort évident que le Forum n’a pas pour but de faire un procès mais de mener des réflexions qui pourraient aboutir à la construction d’analyses alternatives, dénuées des solutions clés à main. Pour y arriver, il faut placer au cœur de réflexions politiques les préoccupations du peuple. Pour le Professeur N’Diaye si nous voulons assumer notre souveraineté, notre sécurité ne peut pas être confiée aux puissances étrangères. Nous devons au contraire assumer notre indépendance théorique, dessiner des alternatives nouvelles dans une humanité en crise, construire des dynamiques, des regards croisés pour inventer l’avenir.

Il finira par une contribution du comédien malien Habib Dembélé axée sur le risque d’organisation de rencontres en Afrique fondée sur l’indifférence des peuples, leur pacifisme. La vraie liberté dit Dembélé cité par N’Diaye commence par la lutte contre les africains qui cherchent à nous maintenir dans l’impasse, la stagnation. Tant que nous voulons ressembler à l’autre, l’imiter nous resterons esclave.

La deuxième intervention fut celle de Lilla Jouli de la Fondation Gabriel Péri. Elle remercia le Forum Civique pour cette initiative. Ce colloque selon elle, pose les enjeux de la diplomatie française. Les populations en France ne sont pas forcément derrière ces interventions. Cette initiative est donc primordiale pour entendre des voies alternatives sur ce qui se passe.

Le Directeur Afrique de la Fondation Rosa Luxemburg Claus Dieter Konig fut le troisième intervenant. Il procéda à une brève présentation de la Fondation. C’est une organisation politique, une organisation de gauche engagée car elle soutient un parti de gauche, un parti d’opposition. Notre présence ici dira-t- il se justifie par la recherche d’alternatives. Il ne s’agit pas d’accuser mais de proposer des solutions pour prévenir les crises qui font couler des larmes. Il s’agit aussi de voir les intérêts du Mali et de faire des suggestions pour le Mali.

Christine Buchloz, député allemand, chargée des questions de paix dans son parti prit la parole en troisième position. Elle adressa ses remerciements au Forum Civique pour l’initiative du colloque et soutînt que son parti est engagé pour la paix, la justice sociale, la démocratie. Celles-ci doivent être enracinées au cœur des sociétés. Elle condamna les interventions militaires au Mali. Pour elle, la liberté est toujours une façon de procéder autrement. A partir de cette idée fondamentale, elle estima que l’intervention française n’endiguera pas les problèmes d’insécurité à cause du fait qu’elle n’est pas désintéressée. Il est inacceptable selon Buchloz que les sociétés internationales viennent occuper les terres africaines. Il y a une logique de marché qui ne profite qu’à une petite minorité. Elle termina son discours par un appel à un monde sans guerre, sans pauvreté.

L’insigne honneur de l’ouverture de cette session revenait à Abraham Bengaly, Directeur de Cabinet du premier Ministre. Après avoir souhaité la cordiale bienvenue à tous. Il rendra un vibrant hommage aux initiatives qui contribuent à l’éveil des consciences, au sursaut patriotique. Pour lui la question de la sécurité, des conflits interpelle tous et demande des réponses appropriées. Le thème du colloque trouve toute sa pertinence au Mali qui cherche à résoudre la crise au Nord. La menace sécuritaire s’est accrue aujourd’hui dans la bande sahélienne en raison des facteurs suivants: pauvreté, mauvaise gouvernance. Des mécanismes ont été mis en place pour renforcer cette sécurité. Ces mécanismes doivent être renforcés, nourris par des réflexions de ce genre et le gouvernement encourage les initiatives allant dans ce sens soutiendra-t-il avant de déclarer ouverts les travaux du colloque.

II Des communications

Différentes communications furent présentées :

- TRAORE LADJI : Responsable Alliance Progressiste, Maire adjoint de Sélibaby Mauritanie : Les interventions étrangères en Afrique.

- SENE IBRAHIMA : Parti pour l’Indépendance et le Travail Sénégal : La crise au Mali à l’épreuve de la géostratégie des grandes puissances

- ANDRE BOURGEOT : Chercheur EHESS/CNRS France : Un nouvel ordre pour le capitalisme mondialisé en crise : un exemple : le Mali.

- ISSAKA K. SOUARE : Conseiller Spécial, Mission de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel :

- Lutte contre les mouvements terroristes dans le Sahel, les mots autant importants que les actes

- ALAIN DENEAULT : déjouer les formes privées d’intervention (le cas des minières canadiennes)

- JANIS THOMAS, Association Survie France : De l’interventionnisme militaire français en Afrique

- IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH BRAHIM : Mouvement du 03 Février, Tchad : Le Tchad: Pacificateur ou pompier pyromane dans la guerre au Sahel?

- Présentation de l’Ambassadeur de l’Afrique du Sud, Monsieur RANTOBENG WILLIAMS MOKOU : Visions de l’Afrique du Sud sur le maintien de la Sécurité



- JEAN-PAUL LECOQ : Ancien Député PCF France, du Conseil de l’Europe : Impasse des politiques d'ingérence française en Afrique. Quelle alternative pour construire de nouvelles relations pour la Paix, la souveraineté et le développement ?

- ABDOULAYE NIANG : Centre Senè d’études stratégiques sur le co-entreprenariat Bamako Mali : Le système de la défense stratégique de la nation : Relèvement durable de l’Etat en capacité de réponse à la demande du citoyen.

- Pr MAMADOU KOULIBALY : Président du Parti LIDER, Ancien Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire : La mutualisation de la Sécurité en Afrique de l’Ouest comme une solution ?

- ALY SANOU : MBDHP, Burkina Faso : Analyse critique des interventions étrangères en Afrique : Enjeux réels, Conséquences et alternatives possibles

- JEAN-HERVE JEZEQUEL : International Crisis Group, Bureau de Dakar : Construire la paix au Mali, une tâche démesurée ? Une analyse des négociations pour des pourparlers de paix inclusifs au Mali.

- M NICOLAI ROSCHERT : Die Linke, Allemagne : Alternatives pacifiques au Conflit au Nord du Mali : la position du gouvernement fédéral allemand.

- Mme CHRISTINE BUCHOLZ Députée au Parlement Allemand et Mr FRANK RENKEN Die Linke: Mobiles, genèses et effets de l’intervention allemande en Afrique dans le cadre européen et leur relation avec les forces françaises. Les intérêts derrière l’intervention européenne au Mali

- AMINATA DRAMAME TRAORE : Rôle des femmes dans la naissance de regards alternatifs africains sur la crise au Sahel et la gestion des crises en Afrique : les leçons du cas malien

III Des débats

Les réflexions ont abouti à des analyses pertinentes avec des approches quelque fois divergentes mais un seul esprit se dégage du colloque ; c’est celui d’un engagement sans faille pour changer la donne, pour trouver d’autres paradigmes pour les alternatives de sécurité en Afrique. Des constats et suggestions suivantes, conditions impérieuses pour relever les défis ressortent des débats.

3.1 Des Constats

Ils se situent sur quatre versants essentiels :

Sur le plan économique

- La financiarisation est source de problème.

- Il y a une dimension économique fondée sur la conquête de nouveaux marchés

- Si les ressources étaient propriétés des peuples ; il n’y allait pas y avoir de guerre.

- Il y a une crise du capitalisme financiarisé dans laquelle chaque puissance veut garder le leadership ; des contradictions fortes qui s’imposent dans cette perspective.

- La libéralisation est un outil suprême de domination, car elle organise des échanges déséquilibrés où la loi du plus fort l’emporte.

- Il y a une manipulation des violences, une marchandisation de ces violences. C’est une dimension juridique qui occulte les causes macro économique, géopolitique.



Sur le plan militaire

- Des bases militaires ont été créées pour défendre les intérêts géostratégiques des puissances étrangères.

- L’intervention militaire n’est pas humanitaire. Elle est faite pour préserver les intérêts de la France. Le Sahel est une zone que la France a toujours convoitée.

- Barkane est né avec le Mali, Mauritanie, Niger, Tchad. C’est une sorte d’écran militaire qui participe à la lutte contre le terrorisme, la formation des militaires et vise par-delà à protéger les intérêts français.

- Des hommes en uniformes sans moyens ne peuvent pas faire face au terrorisme. Tant que le capital financier existe, il y aura toujours des interventions

- Il faut avoir une approche historique des armées en Afrique. Les coups d’Etat ont contribué à fragiliser l’armée. Il y a eu des fissures d’une manière sensible. Beaucoup d’officiers avec armes et bagages ont rejoint les rangs du MNLA.

- SERVAL est une guerre de conquête. L’armée n’a de compte à rendre qu’à Paris. La souveraineté du Mali est confisquée.

- L’armée se renforce en Afrique dans une tentative de mise en œuvre de la domination française. Souveraineté, accaparement des souverainetés, création de crises sont les missions patentes de l’armée française en France.

- L’Afrique n’a pas besoin d’armée pléthorique, bureaucratique, de justicier ethnique

- Il y a des constats d’accroissement de notre dépendance vis-à-vis des puissances étrangères ; des stratégies de prédation des états, crises structurelles qui annihilent notre capacité à concevoir des politiques autonomes, à maintenir dans le sous-développement.

- L’institution militaire est en faillite à cause de sa capacité d’organisation limitée, un personnel mal formé.

- Seuls les états qui sont capables de s’imposer militairement profitent des crises.

- La militarisation est devenue la règle de jeu. L’expansion du capital en Afrique entraine une conquête.



Sur le plan politique

- Les populations ne profitent jamais des richesses de leur pays.

- Il y a une manipulation de certaines tribus contre l’état malien en complicité avec la France.

- Ce qui manque dans nos états c’est la formation idéologique. Nos partis politiques sont devenus des GIE qui ne font pas face à cette exigence.

- L’insécurité humaine et sociale est une menace contre la stabilité des institutions de la république. Nos nations risquent de disparaître avec l’islamisme, les groupes de violences

- Aucun pays de la CEDEAO n’a levé le doigt pour demander à la France de quitter après la « la libération du Mali ».

- Il n’y a pas que la France qui intervient, c’est un maillage serré.

- Il y a des législations de complaisance qui consistent à donner des coudées franches à des entreprises qui interviennent. Le Canada offre un cadre du laisser faire.

- Le Tchad souffre de sa pauvreté, de l’influence de France. Les forces tchadiennes appuient la France. Cette alliance permet de contenir les rebelles. Les troupes perdent le plus lourd tribut.

- L’intervention de la France a subi des mutations.

- Les états africains ont tendance à accepter la domination.

- La dignité du Tchad partira de l’émancipation du joug français.

- Le concept France Afrique existe. Les accords sont cachés. Le dernier accord signé avec la France est un pacte colonial car la France peut intervenir sans se référer à l’Etat malien. Elle surveille ce que fait notre armée. Il y a une immunité assurée sur les interventions.

- Le monde a changé et la France est une figure de proue qui intervient au service des transnationales.

- La France est un état impérialiste qui impose langue, culture, produits manufacturés. L’empire français demeure. La décolonisation a été une tromperie, la souveraineté est une supercherie.

- Le concept France Afrique a une validé opératoire pour rendre compte de la présence de la France.

- La quête des indépendances véritables et l’affranchissement du joug des puissances étrangères

- Il n’y a pas un dialogue entre les maliens ; notre sort est lié à la communauté internationale. Il y a assez de controverses et le conflit est loin d’être terminée.

- On est en train de privatiser la sécurité, c’est une démission de l’Etat.

- S’il n’y a pas d’état de droit, il y aura une guerre de tous contre tous.

- Les femmes doivent se battre, il faut changer de paradigmes.

- Les interventions étrangères ont fait que les filles et les femmes ont été maltraitées. La MINUSMA créé des problèmes.

- Nous sommes en train de gérer l’ensauvagement du monde.

- Les parlements européens doivent prendre conscience de l’effet boumerang de 50 ans de politique de colonisation.

- La signature des accords ne donne pas forcement trop d’optimisme. On ne doit pas acheter la paix.

Sur le plan territorial

- Tous les crimes et formes d’exploitations arriérées sont faites avec la complicité de nos gouvernements en place.

- Le Mali a été victime des luttes de la France pour sauvegarder l’uranium du Niger.

- La France n’a pas besoin du Nord stabilisé. Elle a besoin des zones de turbulences qui justifient sa présence.

- Les états du sahel ne peuvent pas faire seuls face aux menaces qui sont multidimensionnelles.

- Il y a des postulats idéologiques pour mener les campagnes terroristes. Alquaida instrumentalise la religion musulmane.

- Azawad n’a jamais été un territoire contrairement aux idées du MNLA.

- Avec la libération, le MNLA revient en force en occupant des zones en contrôlant la fraude au niveau des frontières algériennes.

- Des forces ayant échappé à la mort, sont revenues encore avec des méthodes d’intégration dans les populations locales.

- Si les pays limitrophes ne jouent pas franc jeu, il n’y aura pas de paix au Mali.

- L’Algérie a une responsabilité qu’on doit relativiser. Il n’y a pas une volonté politique attisée pour soutenir les rebellions.

- L’Algérie est problème et solution.

- Le compromis franco algérien ne marchera pas au Mali

- L’Algérie et la Mauritanie sont parties prenantes de la crise au Mali

En bref, la guerre n’est jamais une solution. Le constat de la faillite de l’armée n’est que la faillite du pays, l’émergence d’une crise multidimensionnelle.

3.2 Des défis

Sur le plan économique

- La meilleure promesse contre le jihadisme est la meilleure répartition des richesses.

- On parle du droit des populations, toutes les richesses sont concentrées entre les mains de l’Etat. Si une compagnie privée était l’interlocutrice des puissances étrangères, la situation allait peut être changée. Nos états n’allaient pas être objet de convoitises.

- Pour la question des richesses, il faut un élan populaire pour une réappropriation des richesses du sous-sol pour qu’elles profitent au développement du pays.

- Impulser l’économie solidaire, et promouvoir des comportements économiques favorables à l’emploi et à l’auto emploi.

- Si on arrive à agir sur la politique commerciale, il peut y avoir un début de solution.

Sur le plan territorial

- Avec une mise en commun des frontières, si l’objectif est de parer à l’éventualité de la protection des frontières, le Mali par exemple pourrait protéger moins ses frontières. Il y aura des gains en termes budgétaires et de sécurité. Il faut mettre fin à l’instrumentalisation de l’armée.

- Il est aussi impératif de s’opposer au plan d’invasion insidieuse des puissances coloniales

- Condamner les velléités séparatistes du Nord du Mali par le MNLA comme la manifestation d’un complot ourdi par l’impérialisme.

- Pour sortir de cette crise, il faut faire face à la France. C’est l’UA qui doit assurer la sécurité des pays africains. La CEDEAO est disqualifiée. Il faut une coalition des forces pour libérer le Nord du Mali.

- Il faut des états africains souverains respectueux des intérêts des populations.

Sur le plan politique

- La condamnation des expressions est essentielle pour éviter les stigmatisations.

- La crise malienne doit permettre d’aller vers la demande du citoyen : dignité retrouvée, l’émancipation du joug des puissances étrangères,

- Reprendre un vaste travail pour développer les échanges politiques, au sens large du terme, c’est-à-dire le travail des idées entre les forces progressistes, politiques, syndicales

- Il faut développer le nationalisme des ressources, réclamer le droit de surface entière. Les communautés vont définir les règles de coopérations.

- Il y a un défi majeur à relever qui est de créer la citoyenneté mondiale : mutualiser nos efforts dans la droiture, la franchise, l’intégrité, la persévérance.

- Ce n’est pas l’or, le diamant, le coton… c’est le capital intangible qui construit (école, formation, institutions..)

- Il faut avoir un rôle du sens de la vie politique. Il faut une organisation mondiale pour contrer cette marche mondiale pour ne pas être mangé.

- Lutter contre le chauvinisme, l’ethnicisme, le régionalisme.

- L’Organisation et la solidarité pour contribuer à la naissance d’un vaste mouvement contre les interventions étrangères.

- Soutenir les exigences des forces patriotiques et démocratiques de la sous-région qui s’opposent à toute intervention étrangère.

- Rendre plus transparent l’aide publique au développement, développer des échanges politiques avec les forces progressistes, les syndicats.

- Il faut construire des alternatives civiques pour faire face à ses responsabilités.

- Répondre à des exigences humanitaires sans faire recours aux militaires

- Créer un corps civil qui pourrait intervenir dans l’appui au processus de paix adaptée au milieu. Cette institution aura pour but de mettre en œuvre tous les savoirs inclusifs dans les pays démocratiques en voie de développement.

- Conférer un ancrage culturel et social plus fort au processus de démocratisation dont la décentralisation.

- Cultiver le souci de l’environnement et participer à sa préservation pour les générations futures

- Nous avons la responsabilité morale et politique d’informer les femmes sur leur situation

En somme, il s’agit de placer l’humain au cœur du développement alternatif donc de sauver notre dignité, notre humanité.



Sur le plan militaire

- Pour éviter les interventions étrangères, il faut une armée nationale, éduquée, indépendante, non ethnicisée. Il faut revoir la conception de l’armée républicaine composée d’hommes intègres. Il faut la solidarité entre les pays.

- Créer un Haut conseil de défense érigé en institution.

- Exiger la mise à plat des traités internationaux militaires.

- Il faut mettre fin à Barkane pour la remplacer par une force de l’union africaine.

- Il faut avoir une doctrine de défense et de la sécurité en la matière. Les institutions de la république doivent cesser d’être des jouets aux mains des partis politiques et leurs leaders.

- L’armée doit former ceux qui y sont et arrêter tout nouveau recrutement militaire et paramilitaire.

IV Des motions de remerciements

Les participants au colloque ont décidé d’adresser des motions de remerciements :

- A la Fondation Rosa Luxemburg,

- A la Fondation Gabriel Péri

- Aux journalistes de AFRICABLE TELEVISION, l’ORTM et la radio KAYIRA pour la couverture médiatique.



V De la cérémonie de clôture

Elle a été marquée par trois interventions : celle du Professeur Issa N’Diaye, Madame Christina Bucholz, Lilla Joulli, Klaus Dieter Konig

Le Professeur Issa N’Diaye, adressa à tous des mots de remerciements. Il montra que le colloque a permis d’analyser, de déconstruire les questions cruciales qui frappent notre continent. Pour lui, le colloque a favorisé la sortie des chantiers battus, des paradigmes habituels dans les offres de solutions faites aux problèmes africains.

Pour le Professeur N’Diaye ; il y a des causes profondes à l’insécurité : inégalité, emploi, système mondial. Face à ces problématiques, il était nécessaire de renouveler la pensée en Afrique. Les réflexions et les approches développées sont partagées par d’autres forces en Allemagne, en France. Au-delà des questions de sécurité, l’enjeu économique est important dans un contexte où il y a une complicité des forces et états. Il finira son intervention en souhaitant bon retour à tous les invités.

Pour Christina Buchloz, quand le gouvernement parle de sécurité, on a l’impression que c’est une catastrophe naturelle qui surgit. En tant que députée, elle accusa les gouvernements européens de conduire à la fuite. La solution de nos problèmes de sécurité se trouve entre nos mains dira-t-il. Elle doit se fonder sur les intérêts des populations. C’est là l’option que nous devons continuer à défendre.

Quant à Joulli, elle estima que les échanges ont été constructifs, et très enrichissants. Mais l’impératif pour elle, est de savoir ce qu’on peut faire de tout cela et aller au-delà des simples recommandations. Elle présenta ensuite ses vives félicitations au Forum Civique pour l’organisation.

En fin Monsieur Klaus Dieter Konig, estima d’abord que beaucoup d’éléments des conflits en Afrique sont structurels. C’est pourquoi selon lui on peut parler de gestion que de solution et dans cette perspective, il appartient au peuple de s’approprier des ressources. Il ajouta qu’il y a une stratégie de longue durée pour éviter la guerre. Un peuple qui fait l’expérience de résister assume sa sécurité et se défend contre les pouvoirs. Cette vision n’est pas utopique et l’urgence aujourd’hui selon lui est de s’inscrire dans la résolution des conflits à partir des options non militaires. Il termina par des mots de remerciements à l’endroit de tous les acteurs impliqués dans l’organisation du colloque.

Au regard des interventions, une vision commune se dégage, c’est que le colloque a été un succès, une source d’échanges inestimables et très enrichissants. Il a contribué à montrer que d’autres alternatives existent pour éviter les interventions militaires source d’enlisement, et d’embrigadement des peuples africains par les grandes puissances et de main basse sur nos richesses. Il en résulte forcément une confiscation des indépendances.



En bref, l’analyse de la crise doit contribuer à transformer la situation sécuritaire en opportunité. L’Afrique a tous les atouts pour s’en sortir. Ramener la paix n’est pas racheter la paix, distribuer des prébendes. La mutualisation des forces diminuent nos faiblesses. La question de la sécurité ne se négocie pas, elle se défend.

Rapporteurs :

Docteur Sangaré Coumba TOURE

Docteur Idrissa Soïba TRAORE















LES RECOMMANDATIONS DU

COLLOQUE INTERNATIONAL

Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité au Sahel, les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali



Du 17 au 19 novembre 2014 s’est tenu à l’Hôtel « Les Colibris de Bamako », le Colloque international du Forum civique : Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité au Sahel, les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali. Organisé avec l’appui des Fondations Rosa Luxemburg et Gabriel Péri ce colloque réunit d’éminents professeurs, chercheurs, spécialistes de la question, des acteurs de la vie socio-politique du Mali. Une centaine de personnes participèrent aux travaux. Les travaux se sont déroulés dans une atmosphère cordiale et amicale.

Au total, seize communications ont été présentées. Elles ont été suivies de débats houleux, de questions pertinentes et de contributions enrichissantes assortis de constats et défis à relever.

Au terme de ces échanges, différentes recommandations ont été formulées par les participants :

- Un élan populaire pour une réappropriation des richesses du sous-sol afin qu’elles profitent au développement du pays,

- L’impulsion de l’économie solidaire, et la promotion des comportements économiques favorables à l’emploi et à l’auto emploi.

- Une mutualisation des efforts dans la protection des frontières,

- La fin de l’instrumentalisation de l’armée.

- L’impératif d’une opposition au plan d’invasion insidieuse des puissances coloniales

- La condamnation des velléités séparatistes du Nord du Mali par le MNLA comme la manifestation d’un complot ourdi par l’impérialisme.

- La sécurisation des pays africains par l’Union Africaine

- Le développement d’un nationalisme des ressources, fondé sur une réclamation du droit de surface entière. Les communautés vont définir les règles de coopérations,

- La création d’une citoyenneté mondiale fondée sur la mutualisation des efforts dans la droiture, la franchise, l’intégrité, la persévérance.

- La Lutte contre le chauvinisme, l’ethnicisme, le régionalisme.

- L’Organisation et la solidarité pour contribuer à la naissance d’un vaste mouvement contre les interventions étrangères.

- Le soutien à toutes les exigences des forces patriotiques et démocratiques de la sous-région qui s’opposent à toute intervention étrangère.

- La transparence dans l’aide publique au développement, le développement des échanges politiques avec les forces progressistes, les syndicats.

- La création d’un corps civil qui pourrait intervenir dans l’appui au processus de paix adaptée au milieu. Cette institution aura pour but de mettre en œuvre tous les savoirs inclusifs dans les pays démocratiques en voie de développement.

- Un ancrage culturel et social plus fort au processus de démocratisation dont la décentralisation,

- Une conception de l’armée nationale, éduquée, indépendante, républicaine composée d’hommes intègres. Il faut la solidarité entre les pays.

- La création un Haut conseil de défense érigé en institution

- L’exigence d’une mise à plat des traités internationaux militaires

- La fin de l’opération Barkane et son remplacement par une force de l’Union Africaine.

En bref, l’analyse de la crise doit contribuer à transformer la situation sécuritaire en opportunité. L’Afrique a tous les atouts pour s’en sortir. Ramener la paix n’est pas racheter la paix, distribuer des prébendes. La question de la sécurité ne se négocie pas, elle se défend.

Rapporteurs :

Docteur Sangaré Coumba TOURE

Docteur Idrissa Soïba TRAORE







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