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AFRIQUE

RCA : La grogne des femmes de combattants Séléké


Alwihda Info | Par G. Lelascar - 27 Octobre 2014 modifié le 27 Octobre 2014 - 18:52

Les femmes centrafricaines sortent de la discrétion qui les caractérise. Durant les heures sombres qu’a traversé notre pays et en l’absence des hommes qui s’étaient engagés avec la Séléka, elles ont pris la relève de leurs maris, nourri leurs enfants, assuré les travaux des champs, fait le pain, protégé leurs foyers contre les prédateurs de toutes sortes. Elles ont souffert de l’absence de leurs fils et de leurs frères qui ont perdu le lien avec leurs familles, ne travaillent plus, ne sont plus présents dans leur ville d’origine.


Racket au profit des chefs séléka

Aujourd’hui, les femmes de Centrafrique n’en peuvent plus. Alors qu’elles travaillent, produisent et s’engagent, elles subissent au quotidien le racket et les prédations. Qui rackette ces proies faciles que sont les femmes ? Certainement pas celui qui travaille et gagne sa vie honnêtement. Celui-là n’a pas besoin de s’attaquer à des femmes. Non, ceux qui s’attaquent aux femmes dans leur vie de tous les jours, les rackettent, les menacent, les assassinent, ce sont certains chefs Sélékas comme Baba HISSENE et consorts qui, au nom de leur prétendu engagement, se permettent de prélever un impôt pour soit disant le reverser à leurs combattants.

C’est précisément sur ce point que les femmes s’indignent : les chefs Sélékas taxent mais ne reversent pas cet argent à leurs combattants. Des preuves, les femmes en ont chaque jour: par exemple à Kaga Bandoro, depuis plusieurs semaines, plus de 600 hommes sont cantonnés sans ordres, et ne reçoivent ni salaire ni nourriture. La plupart d’entre eux sont vêtus en haillons, et errent dans le désœuvrement en attente d’être commandés, nourris, payés.

Alors les femmes en ont marre et appellent les hommes à revenir à la maison. « Nous demandons qui va reconstruire la Centrafrique, certainement pas vos chefs qui gardent l’argent pris dans les villes pour eux alors que vous avez faim ».

Cette prise de position courageuse des femmes de Centrafrique constitue une véritable interpellation des hommes en leur ordonnant d’abandonner le combat. « Laissez les armes là-bas et venez reconstruire vos préfectures ». D’après nos informations, en plus de cette lettre qui exprime leur désarroi et en même temps leur appel au retour des hommes, les Femmes de Centrafrique envoient en masse des textos à chacun des hommes de leur famille : « Reviens maintenant, nous t’attendons, ils volent ce que nous gagnons et ne te redonnent rien, laisse ton arme et rentre à la maison ».

Aucun nom de chef Séléka n’est cité car ces femmes pourraient en plus être menacées mais chacun sait bien, dans sa ville, qui s’adonne au racket et au profit de qui. Chacun sait aussi à qui va vraiment cet argent : aux chefs comme Baba HISSENE à N’Délé qui envoie ses soldats se faire tuer, et se remplit les poches, tandis que les hommes n’ont même plus de quoi manger.


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