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REACTION

Rca: DE L’UNITÉ POLITIQUE A LA DÉSUNION GÉOGRAPHIQUE, Une crise d'Hommes


- 12 Novembre 2014 modifié le 11 Novembre 2014 - 22:56

Je n'écris pas ces lignes pour accuser Boganda, Goumba, Dacko, Bokassa, Kolingba, Patassé, Bozizé, Djotodia, Nguendet et Samba-Panza. Ce que je pense de chacune de ces personnalités et/ou de leurs actions à la tête de l'Oubangui-Chari et de la RCA, je crois en avoir suffisamment parlé ces quinze dernières années.


L'histoire est une dynamique.
Pour comprendre le présent et trouver des solutions aux problèmes du moment, il faut parfois (et souvent) effectuer un long voyage dans le temps.

M'inspirant d'une tribune d'Henri Pouzère en novembre 2001, j'avais repris et développé le concept de « GHETTO REFUGE ». Je l'avais défini comme étant la zone de confort dans laquelle certains fils et filles de Centrafrique s'enferment souvent et régulièrement pour expliquer et justifier certaines calamités du moment. J'avais à l'époque identifié 5 GHETTOS-REFUGES dans l'ordre d'importance :
1. Boganda
2. Dieu (religion)
3. la Sorcellerie
4. la Tribu
5. le Manioc

Sept dates expliquent la RCA de 2014.
En comprendre les mécanismes, c'est comprendre d'où viennent le problème centrafricain et l'architecture de nos « ghettos refuges ». En parler, c'est aussi permettre à certains de comprendre pourquoi non seulement il est impossible d’organiser des élections en 2015 mais surtout, souhaitable de ne pas les organiser à ce moment précis car cette précipitation engendrera la mécanique du prochain chaos.

Je n'écris pas ces lignes pour accuser Boganda, Goumba, Dacko, Bokassa, Kolingba, Patassé, Bozizé, Djotodia, Nguendet et Samba-Panza. Ce que je pense de chacune de ces personnalités et/ou de leurs actions à la tête de l'Oubangui-Chari et de la RCA, je crois en avoir suffisamment parlé ces quinze dernières années.

J'écris d'abord ces lignes pour ma fille qui a maintenant l'âge de se faire sa propre opinion et d'ici peu, de voter pour qu'elle sache d'où vient le problème du pays de son père et du sien.
J'écris ensuite ces lignes pour ceux qui croient que SAVOIR, C'EST AVOIR CONSCIENCE. Nous devons, sans passion, sans faux débat, aborder dans cette phase où un pays failli doit se reconstruire et où la présence de certains acteurs liés à cette faillite est toujours vive ; le passé. Oui, notre passé et notre présent pour pouvoir faire de notre avenir, un endroit meilleur que ce qui fut, de sorte que l'ordre ancien ne puisse plus perturber l'espérance.
J'écris enfin ces lignes pour participer au nécessaire débat d'avant le dialogue politique de février 2015 car on ne peut pas, sans poser et débattre des problèmes de la RCA, se rendre à ces assises dans trois mois.

L'histoire de la crise centrafricaine est celle d'un pays où les dirigeants, de l'autonomie jusqu'à un passé récent se sont débrouillés par tous les moyens pour réaliser son unité politique (parti unique, parti d'état, élections truquées...), délaissant son unité géographique. De l'autonomie à l'indépendance et de l'indépendance à nos jours, 56 années de surplace qui nous ont conduit dans le chaos. Comprendre, ne fut-ce que cela, c'est déjà être sur la voie de la renaissance. Comprendre ne fut-ce que cela, permet de neutraliser les acteurs de cette faillite encore en activité, les greffes et excroissances en quête de rédemption et les collabos en mutation.

Sept dates, sept dynamiques, sept points à connaître pour comprendre la faillite de la République Centrafricaine et ouvrir la voie à sa renaissance :
1. 1946 : 1ère élection de Boganda (10 novembre) ;
2. 1956 : loi Gaston Deferre dite loi-cadre (23 juin) ;
3. 1966 : le coup d'état de la saint sylvestre (le 1er janvier) ;
4. 1976 : l'avènement de l'empire centrafricain (le 4 décembre) ;
5. 1986 : référendum constitutionnel et plébiscite présidentiel (26 novembre)
6. 1996 : 1ère, 2ème et 3ème mutineries (18 avril, 18 mai, 15 novembre)
7. 2006 : la contre-rébellion des ex libérateurs de 2003 (Sabone, Damane, etc.)


La crise centrafricaine est et demeure avant tout, une crise d'Hommes. J'ai voulu le dire et l'écrire. C'est fait.




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