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AFRIQUE

SENEGAL/Découverte : Aïcha Kara, une artiste tout entière dévouée à Serigne Touba


Alwihda Info | Par Fadel LO - 28 Mai 2014 modifié le 28 Mai 2014 - 12:45

Aïcha Mbaye est une artiste au parcours atypique dans le paysage musical national. Cette jeune femme, disciple du marabout Serigne Modou Kara alias Général, a plus ou moins choisi de ramer à contre-courant des évolutions musicales actuelles. En effet, au lieu de suivre la tendance et de s’adonner au Mbalakh, elle a choisi le créneau du reggae, de l’afro et de l’acoustique pour s’exprimer. Pour corser la dose, elle a délibérément décidé de faire de Serigne Touba sa principale source d’inspiration. La spiritualité en bandoulière, elle a voulu faire du fondateur du Mouridisme et de ses enseignements la sève nourricière qui lui permet d’étancher sa soif permanente de bienfaits. Akassa !


Pour réussir à atteindre ses objectifs louables, Aïcha Kara a décidé d’user de la puissante arme de la musique. Son penchant irrésistible pour la chanson s’est révélé au niveau du cycle primaire. Ses dispositions naturelles lui ont permis de se familiariser très jeune avec le micro. Ce qui lui a permis d’intégrer rapidement le groupe de rap « Black Xippi » de Ouagou Niayes où elle a affûté ses armes en 1998. Cette originaire de Rufisque, qui a grandi à Dakar, a par la suite observé un break salutaire à la dislocation du groupe en 2000. C’est à ce moment-là qu’elle a fait acte d’allégeance (Djébelou) auprès de son actuel guide spirituel. Ce qui lui permet d’observer une pause de deux ou trois ans avant de s’adonner à la musique. Elle reprend contact avec le milieu musical en 2003. Décidée à engager une carrière solo, elle s’inscrit à l’Ecole Nationale des Arts pour y suivre une formation de deux ans au niveau du département Musique. Ces efforts notables lui ont permis de sortir un premier single titré « Bamba Way » en 2009. Elle souhaite profiter de sa nouvelle posture pour vulgariser les enseignements du Cheikh. Cette option l’amène à faire des écrits du Saint Homme une source d’inspiration inépuisable et intarissable. Comme le stipule avec force son guide, le Général Kara, en matière de musique Bamba demeure la référence suprême. Dopée par l’accueil réservé à ce coup d’essai, elle sort, le 21 juillet 2011, un second single titré naturellement « Djeurédieufé Serigne Touba ».

Deux autres titres suivront à savoir « Fall Kara » et « Sokhna

Si ». Fidèle à sa démarche, le premier titre est une reprise d’une chanson de Général Kara, le second étant dédié à Mame Diarra Bousso, la mère du fondateur du Mouridisme. Aicha Kara compte sortir un album au début de cet été. Pour arriver à ce résultat, elle a dû coopérer avec des artistes de talent. C’est Vieux Birahim Sall qui a assuré les arrangements tandis que Papis Ndiaye a apporté sa touche sur un seul titre. L’album a été enregistré au studio Bleu. Des artistes comme le soliste Jeannot Mendy, le bassiste Cheikh Niang et le percussionniste Khadim Mbaye ont participé à la confection de ce produit.

Fadel LO
Article paru dans « Le Témoin » N° 1166 –Hebdomadaire Sénégalais (MAI 2014)