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POINT DE VUE

Samba Panza : Les pagnes de la discorde


Alwihda Info | Par Clément De Boutet-M'bamba - 27 Mai 2014 modifié le 27 Mai 2014 - 09:20


Par Clément De Boutet-M'bamba

Catherine Samba-Panza à Bangui, le 20 janvier 2014 (ERIC FEFERBERG/AFP)
Catherine Samba-Panza à Bangui, le 20 janvier 2014 (ERIC FEFERBERG/AFP)
Le pire qui pouvait arriver à la RCA après la démission des incompétents(cf sommet de Ndjamena) Djotodia et Tiangaye était que Samba Panza se considère comme un vrai Chef d'état. Ce pire l'empêche donc de voir où sont les urgences et d'initier les actions pouvant ramener l'ordre dans le pays.
 
Certaines bonnes fois doutaient encore de l'histoire des pagnes, lui donnant le crédit du « ce n'est pas elle à l'origine de l'affaire». Comme un bras d'honneur à ces bonnes fois, elle a porté le pagne pour son show. La réponse des Banguissois est à la hauteur du mépris du Chef de l’État Transitoire. Dans une ville de près d'un million d'habitants et un stade de 20.000 places, elle est parvenue à ne pas mobiliser plus de 1500 personnes.
 
CQFD : pour les Centrafricains, l'urgence est ailleurs.
 
Le temps est donc venu pour qu'elle se ressaisisse. Qu'elle comprenne le sens de ses responsabilités et fasse le good job. Les concerts, matchs de football et défilés de mode n'ont jamais ramené de l'ordre dans un état en perdition.
 
Mme le Chef de l’État Transitoire, vous avez trois choses à faire :
 
1. assurer et garantir la sûreté des personnes et des biens ;
 
2. remettre l'administration et la justice en ordre ;
 
3. asseoir les bases de la prospérité économique et sociale de la nation.
 
L'histoire retiendra que vous ne faites rien pour vous différencier de Djotodia. En effet, le jour de son élection un pogrom eut lieu à Boyrabe et le jour où vous fîtes votre défilé de mode au Stade, le KM5 s'embrasa une nouvelle fois. Vos pagnes n'ont pas empêché le pays de se doter de nouvelles tombes à fleurir.
 
Bambari est en feu, c'est là bas que vous auriez dû être. Chez vous à Kouango, rien que cette semaine, les anges de la mort de la Seleka ont fait près de 100 morts, c'est là bas que vous auriez dû être. A Bossangoa ville symbole de cette crise, vous auriez pu être avec les mères de cette cité. A Birao où aucune autorité centrale de Bangui n'est arrivée depuis décembre 2012, vous auriez pu être avec vos sœurs non pas pour célébrer une fête, mais pour réfléchir, échanger...
 
Comme une fatalité, la réalité se rappelle à vous, dramatique. Êtes-vous aveugle pour ne pas la voir et sourde pour ne pas l'entendre ?
 
L'essentiel est ailleurs.