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AFRIQUE

Sénégal : Le départ du général Pathé Seck du ministère de l’Intérieur, une symphonie inachevée !


Alwihda Info | Par Pape NDIAYE - 6 Septembre 2013 modifié le 6 Septembre 2013 - 18:16


Sénégal : Le départ du général Pathé Seck du ministère de l’Intérieur, une symphonie inachevée !
Après moins d’un an passé à la tête du ministère de l’Intérieur, le général Pathé Seck s’en va ! Il cède sa place à Abdoulaye Daouda Diallo qui devient ainsi tout-puissant ministre de l’Intérieur. Un ministère stratégique puisqu’il est à la fois la tour de contrôle des activités politiques du Sénégal et le pilier de la sûreté de l’Etat. Ce n’est pas une surprise que ce département soit confié à un politicien, de surcroît un fidèle parmi les fidèles du président de la République mais aussi un ponte de l'Alliance Pour la République (Apr), le parti au pouvoir. Dans un cadre stratégique purement politique, il est fort légitime que le ministère de l’Intérieur échoue dans l’escarcelle de l’Apr pour mieux verrouiller et sécuriser le pouvoir du président Macky Sall face aux loups rodant sur le chemin du « yonu yokuté » borné par de multiples ambitions voulant s’exprimer aussi bien lors des élections locales de mars prochain qu’à l’occasion de la présidentielle de 2017. Dans des démocraties majeures, on nomme généralement des personnalités neutres au ministère de l’Intérieur. Mais en réalité, apolitiques ou partisans, ces ministres exercent leurs fonctions en toute indépendance et équidistance, en tout professionnalisme aussi, sans qu’il puisse leur venir l’idée de, par exemple, truquer les élections pour le compte du parti auquel ils appartiennent. Qu’importe ! Pour une politique de rationalisation des ressources et compétences que compte l’Apr, le président de la République, M. Macky Sall, a certainement jugé nécessaire de placer ses affidés à la tête de presque tous les départements ministériels stratégiques. Et naturellement, un militaire comme le général Pathé Seck, parachuté dans cette faune politique, avait toutes les peines du monde pour décoder le langage des signes devant lui permettre de pouvoir cheminer correctement avec les « chevaux » de l’Apr dont la destination est l’abreuvoir de 2017. Une nomination contre-nature et qui tombait comme un cheveu dans la soupe politicienne. Il fallait donc la corriger, c’est-à-dire extraire cette espèce étrangère de l’écurie, et qui fonctionnait à la manière d’un loup dans une bergerie. Autant de raisons qui font que le départ du général Pathé Seck du ministère de l’Intérieur n’est pas seulement lié à l’affaire de trafic drogue qui a secoué la police il y a quelques semaines.

Car dans cette affaire, on peut sans risque de se tromper avancer qu’après prélèvement, aucune empreinte de culpabilité ne saurait être attribuée à l’ancien ministre de l’Intérieur, le général Pathé Seck. Par devoir de vérité, il est avéré que le général Pathé Seck, comme tout bon militaire, avait rendu compte au président de la République dès réception du rapport incriminé. Et le Président lui aurait conseillé de faire preuve de retenue et de prudence en attendant d’y voir plus clair. L’ancien ministre de l’Intérieur avait-il abondé dans le sens des conseils du président de la République ? Ses déclarations reflétaient-elles la position « diplomatique » ou, du moins, attentiste, du président de la République ? Toujours-il que le général Pathé Seck avait déclaré qu’il n’entendait pas s’impliquer dans ce qu’il avait qualifié de « duel fratricide » entre policiers… Dans tous les cas, nous avons du mal à croire que cette brise verbale ait pu avoir la force d’un ouragan au point d’emporter la solide casquette du général Pathé Seck. Toujours est-il qu’après quelque 10 mois seulement à la tête du ministère de l’Intérieur, l’ancien haut commandant de la Gendarmerie, le général Pathé Seck, part avec le sentiment d’une mission accomplie. Une mission courte mais bien remplie si l’on considère les grands chantiers qu’il a eu le temps d’initier durant ce laps de temps. Nommé ministre de l’Intérieur dans un contexte d’angoisse et d’insécurité où « thiantacounes », libéraux et pro-Karim avaient mené de brûler le pays, le général Pathé Seck a fait preuve de sérénité et de professionnalisme pour assurer la sécurisation des personnes et des biens. Et durant ce moins d’un an de présence place Washington, il a montré qu’il était bien parti pour devenir un bon ministre de l’Intérieur, chargé de la Sécurité et de la Sûreté du pays, gages de tout développement durable. Il a très tôt su que la mise en œuvre du programme gouvernemental dans ces deux domaines ainsi que sa réussite passent impérativement par la qualité, l'efficience et l'efficacité des structures et des hommes. Ce qui s’est traduit par l’inauguration des commissariats de police de Guinaw Rail et de Yeumbeul, dans la banlieue. Sans oublier la construction annoncée d’une caserne de sapeurs pompiers à Pikine et l’implantation d’une compagnie du Gmi à Guédiawaye afin de lutter contre l’insécurité dans la banlieue où les malfaiteurs plongent quotidiennement les paisibles citoyens dans la spirale du sang et de l’horreur. Mais avec la continuité de l’Etat, tout n’est pas compromis !

Car le tout nouveau ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, va certainement s’appuyer sur le général de police, Mme Anna Sémou Faye, actuelle directrice générale de la Police nationale, pour relever avec succès les grands défis de la sécurité publique et de la sûreté nationale.

Pape NDIAYE
«Le Témoin » N° 1136 –Hebdomadaire Sénégalais (Septembre 2013)


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