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AFRIQUE

Sénégal. Recomposition politique : Quel leader de l’opposition aujourd’hui ?


Alwihda Info | Par Serigne Saliou Guèye - 30 Septembre 2013 modifié le 30 Septembre 2013 - 15:29


Sénégal. Recomposition politique : Quel leader de l’opposition aujourd’hui ?
Idrissa Seck sorti de Bennoo Bokk Yaakaar, le ciel politique sénégalais assombri par cet agrégat de partis politiques plus ou moins significatifs commence à s’éclaircir. Aujourd’hui, tout le monde est convaincu que le leader de Rewmi va tonifier cette opposition qui souffre de leader depuis que le Pds défait a été confié à Oumar Sarr. Par son manque de charisme, son absence de poigne et sa rhétorique politique non accrocheuse, le responsable politique libéral de Dagana n’a pas su fédérer autour de sa personne tous les pontes qui aspirent à succéder à Abdoulaye Wade à la tête du Pds. Le couronnement d’Oumar Sarr comme coordonnateur du parti avant la tenue d’un congrès est analysée comme une stratégie du libéral en chef pour permettre à son fils Karim Wade de lui succéder au trône du Pds. Pour le chef de file des libéraux, confier le Pds à des responsables politiques de la trempe des Souleymane Ndéné Ndiaye, Habib Sy, Ousmane Ngom, Modou Diagne Fada, Aliou Sow, c’est leur dérouler le tapis pour être le prochain secrétaire général national du Pds. Et, ainsi, hypothéquer les chances de Karim Wade d’accéder à la présidence de la République. Dès lors, il fallait quelqu’un pour « chauffer » la place pour le fils. Quelqu’un sans ambition politique présidentielle, ni étoffe ni envergure d’un vrai leader politique. Oumar Sarr présentait parfaitement ce profil. Wade, qui n’a jamais renoncé à introniser son fils à la tête du Pds puisque le raccourci présidentiel a foiré depuis son éviction le 25 mars 2012, a bien pensé son coup en confiant les rênes du Pds à l’obséquieux Oumar Sarr. Seulement les dommages collatéraux, c’est la désagrégation du Pds en plusieurs morceaux. Pape Diop est parti créer son parti politique de même qu’Abdoulaye Baldé. Thierno Lo, Aliou Sow, Abdou Fall ont pris le large en mettant sur pied des mouvements hybrides c’est-à-dire mi-politiques, mi-citoyens. Habib Sy observe une pause de réflexion en attendant que les manœuvres wadiennes au sein du Pds se dissipent. Les seules rares fortes têtes ou grandes gueules qui animent encore les réunions du comité directeur du Pds sont Babacar Gaye, Doudou Wade, Awa Diop, Aïda Mbodj, Famara Senghor et les jeunes de l’UJTL dont la plus visible est la députée Fatou Thiam. C’est ce qui fait que les instances du Pds ne sont plus des cadres de réflexion pour affiner une stratégie proactive de reconquête de la confiance populaire mais des moments de réaction d’autodéfense face à l’offensive du pouvoir dont l’ambition est de disloquer littéralement la formation libérale. La constante n’étant plus là apparemment, les variables peinent à marquer leur territoire de véritables opposants. Dans cette situation en clair-obscur, chaque responsable libéral, tel un condottiere, essaie de conquérir son propre espace politique au sein du Pds. Et c’est là où la réunification de la famille libérale préconisée par le Pape du Sopi revêt tout son sens. Mais si la proposition est facile, la matérialisation se révèle plutôt difficile.

Car, pour réussir un tel pari assez herculéen, il convient de commencer par colmater toutes les lézardes et replâtrer toutes les fractures qui ont fragilisé le socle du Pds au lendemain de sa défaite électorale du 25 mars 2012. Cela passera par le rappel de tous les fils de Wade qui ont quitté le Pds avec fracas parce que ne se retrouvant plus dans le nouvel organigramme imposé par Abdoulaye Wade après sa chute. Même s’il est impossible de pousser tous les responsables libéraux qui ont choisi de continuer leur chemin à renoncer à une nouvelle trajectoire politique, il est toutefois possible de créer une dynamique unitaire qui permettrait de nouer des alliances électorales pouvant, in fine, déboucher sur un vaste mouvement politique d’essence libérale qui constellerait ces forces issues du Pds et transcenderait toutes les contingences partisanes. Et cela avec un mode de désignation démocratique ou consensuelle des principaux responsables qui assureraient sa direction. C’est après avoir réussi ce primum movens qu’il sera possible d’enclencher toute procédure de retrouvailles avec Idrissa Seck dont l’ambition unique est de se servir du Pds comme tremplin pour réaliser son dessein politique en 2017.

Mais il faut avouer que la carte Karim Wade risque de constituer une pierre d’achoppement pour matérialiser la coalition des forces Pds / Rewmi. En effet, aujourd’hui, son embastillement est en train de lui baliser un terrain politique dans lequel il a toujours tergiversé à s’engager clairement. Du fond de sa cellule de Rebeuss, il engrange de jour en jour un capital de sympathie inestimable. Des Sénégalais qui, il y a 18 mois à peine le vouaient aux gémonies, le portent déjà au pinacle. Aussi, face aux maladresses des juges qui s’escriment à remettre en cause la licéité de ses biens, Wade fils croit-il dur comme fer qu’il peut aujourd’hui jouer les premiers rôles au sein du Pds. Karim Wade constitue une menace politique pour tous ces leaders qui travaillent en direction de la présidentielle de 2017. C’est pourquoi, le remorquage du Pds qu’Idrissa Seck envisage à travers les retrouvailles de la famille libérale risque de rester au stade de projet si Wade fils est blanchi des accusations portées contre lui dans le cadre de la traque des biens dits mal acquis. Si jamais il échappe aux griffes de la CREI, en préservant par conséquent intacte son éligibilité, il peut compromettre les chances de réélection de Macky Sall ou briser le rêve de « Idy Fifth president ».

Serigne Saliou Guèye
« Le Témoin » N° 1138 –Hebdomadaire Sénégalais ( SEPTEMBRE 2013)


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