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AFRIQUE

Sénégal/Riz : Des actionnaires de la Spcrs brandissent l’arme pénale pour se faire rembourser

Chronique d’une dissolution et liquidation programmée pour le 13 février prochain


- 10 Février 2014 modifié le 10 Février 2014 - 22:45


Par Pape NDIAYE

Sénégal/Riz : Des actionnaires de la Spcrs brandissent l’arme pénale pour se faire rembourser
La Société de promotion et de commercialisation du riz au Sénégal (Spcrs Sa) fait assurément partie de ce qu’on appelle des sociétés éphémères ! Un véritablement mort-né puisqu’elle n’a jamais été baptisée, et a encore moins fêté son premier anniversaire. En effet, à peine après avoir vu le jour qu’elle s’apprête déjà à être dissoute et liquidée. Et ce avant même d’avoir appris à ramper, faute d’activités ! Sa dissolution sera suivie d’un enterrement de première classe prévu le jeudi 13 février prochain lors d’une assemblée générale extraordinaire.
 
La création de cette structure à l’enseigne de Société de Promotion et de Commercialisation du Riz au Sénégal a été faite à l’initiative du célèbre commerçant-importateur Moustapha Tall. Et au cours d’une adresse à la nation, l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, avait salué l’initiative avant de manifester sa volonté d’appuyer les acteurs pour la création d’une telle société. Joignant l’acte à la parole, il avait libéré une somme de sept millions fcfa par le biais de son ancien ministre du Commerce, Amadou Niang. Et ce en guise de participation financière destinée à payer un cabinet pour les études de faisabilité, histoire de voir si, « théoriquement », le projet était cohérent avec la stratégie et les moyens de l'entreprise. Après quoi, la Société de Promotion et de Commercialisation du Riz au Sénégal (Spcrs Sa) a été créée le 27 février 2011 ! Elle avait pour objectif de promouvoir et de commercialiser le riz local, particulièrement celui produit dans la vallée du fleuve Sénégal. La Spcrs avait également pour but d’organiser, de stabiliser et de sécuriser la mise sur le marché du riz sénégalais en quantité et en qualité répondant aux besoins des consommateurs. En cas de besoin, la société Spcrs devait intervenir pour sécuriser le marché local, quitte à faire stopper toute opération d’importation de riz dans notre pays. Parce que le riz de la vallée, bien qu’insuffisant, occupe quand même une place de choix dans les habitudes alimentaires des consommateurs sénégalais.
 
Pour un capital de 500 millions fcfa, le quart, à savoir les 375 millions fcfa, a été libéré par les différents actionnaires dont la plupart sont des commerçants ou importateurs de riz. Chaque actionnaire a eu à donner une somme de 10 millions fcfa. M. Ibrahima Diop, fils de M. Tidiane Diop « Croix du Sud », opérateur économique et importateur de riz, est l’actuel président du conseil d’administration (Pca) de la société. Seulement, trois ans après la création de la Spcrs, pratiquement aucune activité concrète visant à promouvoir le riz local n’a été menée. Sauf, l’équipement du siège situé sur la Vdn et quelques belles missions de prospection dans la vallée afin d’encourager les cultivateurs à redoubler d’efforts dans la chasse aux… criquets pèlerins !
 
D’ailleurs pour montrer à quel point les activités de la Spcrs sont plombées, les administrateurs se sont réunis le 17 janvier dernier dans les locaux de « Tds » (Tiger Denrées Sénégal), l’entreprise de Ibrahima Diop « Croix du Sud ». Cette réunion convoquée par le Pca de Tds avait comme ordre du jour la présentation du rapport du commissaire aux comptes établi en application de l’article 715 de l’Acte Uniforme Ohada relatif au droit des sociétés commerciales et du Gie, l’arrêté des comptes clos le 31 décembre 2012, la convocation de l’assemblée générale ordinaire aux fins d’approuver les comptes de l’exercice 2013. Il était aussi question de convoquer une assemblée générale extraordinaire aux fins de dissoudre la société. Justement, cette assemblée générale extraordinaire est prévue le jeudi 13 février prochain. En tout cas, Mme Fatimata Doucouré Ndiaye, la directrice générale de la Spcrs, a très tôt pris les devants pour démissionner à l’image d’une « capitaine » quittant son navire en train de couler en plein fleuve Sénégal. D’ailleurs, tous les administrateurs présents dans cette réunion ont décidé d’approuver sa démission lors de la prochaine assemblée qui se tiendra le 13 février où l’article de la mort de Spcrs sera définitivement prononcé. Toujours au cours de cette réunion, nous révèle-t-on, M. Saliou Sarr, l’un des administrateurs, a proposé au conseil de consigner le mobilier et tout l’archivage documentaire de la Spcrs dans un hangar puisque le personnel a été sommé par le bailleur de quitter les locaux. Déjà, nous imaginons ces employés quitter dans la précipitation avec corps et bagages, riz et marmites ! Une situation que Saliou Sarr a déplorée après avoir estimé que la décision de cessation des activités, proposée par le conseil d’administration, résulte du manque de volonté et d’ambition caractérisé par l’absence de libération de la seconde tranche du capital de la part des actionnaires. Sauf l’entreprise « Asprodeb » (Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base) qui a pu libérer sa part de la seconde tranche estimée à 5 millions fcfa. « Mais « Asproded » doit être remboursée avant que Spcrs soit liquidée. Il faut lui retourner ses 5 millions fcfa ! » a exigé vertement un administrateur en pleine réunion. Face à cette exigence, Mme Fatimata Doucouré Ndiaye, la directrice démissionnaire, a aussitôt pris la parole pour préciser que l’Asprodeb a fait un virement direct dans le compte de la société Spcrs, sinon elle aurait retourné à cette entité son chèque représentant la seconde tranche. En tout cas, les administrateurs les plus sociables s’accordent sur une seule chose, le jour « j », c’est-à-dire 13 février prochain, l’ouverture de la liquidation ne sera pas acceptée sans que Asprodeb ne soit remboursée. Ils exigeront aussi au conseil de payer immédiatement les créances sociales vis-à-vis du personnel de la Spcrs, de même que les arriérés des impôts sur salaires et des charges sociales.
 
Pendant ce temps, certains administrateurs et actionnaires de la future défunte Spcrs affûtent leur arme pénale pour se faire rembourser s’ils ne sont pas convaincus de la gestion des 125 millions fcfa du capital. « Le Témoin » sonne l’alerte ! Cette assemblée générale de « funérailles » sera celle de tous les dangers puisque les marmites et les casseroles risqueront de faire du bruit…
 
Pape NDIAYE
ARTICLE PARU DANS « LE TEMOIN » N°1152 - HEBDOMADAIRE SENEGALAIS / FEVRIER 2014


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