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AFRIQUE

Sommet UA : Le discours de Idriss Déby à Kampala


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 27 Juillet 2010 modifié le 27 Juillet 2010 - 21:41

Le Discours du Chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby lors du sommet de l’Union africaine à Kampala.


Sommet UA : Le discours de Idriss Déby à Kampala

Monsieur le Président de l’Union Africaine;
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de délégation;
Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine;
Mesdames, Messieurs;

Permettez moi, tout d’abord, d’adresser à mon Frère, le Président MUSEVENI, à Son Gouvernement et au peuple ougandais tout entier, nos vives et sincères condoléances, ainsi que notre profonde compassion, suite aux attentats terroristes, horribles et lâches, du 11 juillet dernier, ayant emporté des dizaines des vies humaines innocentes et causé autant de blessés.

Aussi, voudrais-je exprimer au Gouvernement et au peuple ougandais nos sincères remerciements pour l’accueil chaleureux et l’attention particulière dont nous faisons l’objet depuis notre arrivée dans cette belle ville de Kampala.

Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de délégation

Les malheureux attentats de Kampala viennent nous rappeler hélas que le terrorisme constitue l’un des défis auxquels notre continent fait face. Ce phénomène qui se développe dangereusement dans les différentes parties de l’Afrique et qui se trouve lié à un réseau plus vaste à travers le monde, menace nos Etats et nous interpelle tous par rapport aux actions à entreprendre. Certains de nos Etats sont quotidiennement aux prises avec ce phénomène dans la zone sahélo-saharienne, d’autres comme la Somalie sont même menacés dans leur existence.

Comme l’ont souligné à l’ouverture de nos travaux le Président de l’Union et le Président de la Commission de l’Union Africaine, la Somalie doit être au centre de nos préoccupations. Il faut un appui conséquent à la mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM). De même, il faut renforcer les capacités du Gouvernement Fédéral de Transition en vue d’asseoir l’autorité de l’Etat.

A cet égard, la CEN-SAD a décidé de joindre ses efforts à ceux de la Communauté internationale et des organisations régionales afin de restaurer l’autorité et rétablir la paix et la sécurité.Elle lance un appel aux factions somaliennes afin qu’elles déposent les armes et rejoignent la table des négociations. La CEN-SAD se félicite de la disponibilité du Gouvernement fédéral de Transition à privilégier le dialogue et la réconciliation nationale.

Dans le même ordre d’idées, la CEN-SAD s’est préoccupée de la situation au Soudan, notamment en ce qui concerne la crise du Darfour et le référendum d’autodétermination au sud Soudan de janvier 2011. S’agissant du Darfour, la CEN-SAD appuie le processus de DOHA et lance un appel pressant aux mouvements rebelles qui ne se sont pas encore joints à ce processus de le faire dans les meilleurs délais pour ramener la paix. Quant au Sud Soudan, nous invitons toutes les parties concernées à rendre l’unité attractive car l’éclatement du Soudan aura des conséquences graves pour la stabilité de toute la région.

Par ailleurs, nous condamnons les actions déstabilisatrices de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) en Ouganda, en République Démocratique du Congo et en particulier en République Centrafricaine. Nous exprimons notre soutien aux gouvernements de ces pays.

Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de délégation

Face à tous les grands défis actuels et futurs liés au sous-développement, aux maladies, aux guerres, au terrorisme, aux crises économiques et financières, aux changements climatiques et bien d’autres, aucun de nos Etats individuellement pris, ne peut lutter efficacement. D’où la nécessité et l’importance d’une conjonction d’énergies et d’actions à l’échelle continentale.

C’est dans cette optique que notre organisation continentale, l’Union africaine a vu le jour et son édification est, depuis onze ans, au cœur des préoccupations majeures de notre continent.

Malheureusement, pour des raisons diverses et sans vouloir rejeter la responsabilité sur qui que ce soit, nous n’arrivons pas à avancer sur la voie que nous nous sommes tracée avec beaucoup d’enthousiasme.

Le nombre des décisions adoptées par la Conférence à cet égard en est une parfaite illustration. Permettez-moi d’en rappeler quelques unes, notamment :

- la Décision n°69, prise à Abuja en 2005 et portant création d’une Commission présidée par l’Ouganda et chargée d’étudier la proposition relative à la création du Gouvernement de Union ;

- la Décision n°90 de 2005 portant sur le rapport du Comité des sept Chefs d’Etat, présidé par le Nigéria, qui a réaffirmé que l’objectif ultime de l’Union Africaine est de réaliser l’intégration politique et économique totale du Continent en prévision de l’avènement des Etats unis d’Afrique ;


- les Décisions n°123 de 2006, prise à Banjul, et n°156 de 2007, prise à Addis Abéba, qui ont réaffirmé les mêmes idées;

- la Décision n° 206 de 2008 prise à SHARM EL CHEIKH, qui a demandé à la Commission d’établir une feuille de route en vue de l’exécution des recommandations relatives au Gouvernement de l’Union;

- la Décision n° 233 de 2009, prise à Addis-Abeba instituant la transformation de la Commission en une autorité de l’Union et invitant le Conseil Exécutif à faire des propositions en vue de définir ses missions;

- la Décision n° 263 de 2009, prise à Syrte, qui a demandé à la Commission d’établir un rapport sur la mise en œuvre de la décision relative à la transformation de la Commission de l’Union Africaine en une Autorité de l’Union.
Outre le retard relevé dans la mise en œuvre des décisions, on note également un dysfonctionnement des organes de l’Union caractérisé par un manque de coordination et une lourdeur de procédures.

En principe les assises de KAMPALA devaient marquer un tournant décisif dans la vie de notre organisation par l’adoption du rapport définitif de la Commission sur la mise en œuvre de la Décision n° 263 de 2009. Malheureusement, ce n’est pas le cas.


Depuis notre Sommet consacré au Grand débat sur le Gouvernement de l’Union, tenu en juin 2007 à Accra au Ghana, la question de la transformation de notre organisation continentale en un véritable cadre d’intégration économique et politique n’a perdu ni son importance, ni sa pertinence, moins encore son actualité. L’accélération de l’intégration du continent est l’expression de la volonté des peuples africains. En tant que dirigeants, nous devons répondre à leurs attentes légitimes.


Dans cette optique, elle a été au centre des discussions de la Conférence des Leaders et Chefs d’Etat de la Communauté des Etats Sahélo – Sahariens (CEN SAD) qui vient de se tenir à N’Djamena, les 22 et 23 juillet 2010.

Les Etats membres de la CEN-SAD, à l’instar de tous les membres de l’Union Africaine, sont convaincus de la nécessité d’accélérer le processus d’intégration économique et politique dans le cadre d’une structure dotée des pouvoirs réels d’action et de décision. Un tél cadre n’est pas une simple vue d’esprit, mais il est une exigence de l’heure face aux multiples défis liés à la mondialisation dans laquelle ne peuvent survivre que les ensembles économiquement forts, structurés et organisés au plan politique.

A cet égard, les Etats membres de la CEN-SAD, malgré les réticences, les divergences de vue sur les modalités et les approches d’intégration, estiment qu’une coordination des politiques dans un certain nombre des domaines au niveau continental est possible, notamment en ce qui concerne les relations extérieures, le commerce international et la défense commune.

Les décisions pertinentes prises par nous-mêmes pour transformer la Commission de l’Union Africaine en Autorité rencontrent des difficultés de plusieurs ordres et semblent se traduire par des mesures cosmétiques consistant à un changement de dénomination de la Commission en une Autorité.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de délégation

Les Etats membres de la CEN-SAD lancent, par ma voix, un vibrant appel à tous les pays africains pour une mise en œuvre concrète et effective des décisions adoptées. En l’absence d’une volonté politique réelle et de polarisation versant dans des débats interminables, les Etats membres de la CEN SAD se verront dans l’obligation, quant à eux, de procéder à l’application des décisions prises.

Toutefois, nous sommes convaincus qu’après le bel élan de départ, l’Union Africaine ne peut se permettre de marquer le pas dans sa marche en avant.
Elle doit passer nécessairement à la phase des réalisations concrètes pour jouer son rôle de catalyseur de développement économique et social de notre continent.
Il est donc temps d’agir et d’agir vite car le monde avance et nous n’avons pas le droit de rester en marge de l’histoire.

Nous voulons tous d’une Union Africaine forte, dynamique et à la hauteur des ambitions légitimes que nourrit notre continent. Nous voulons tous d’un véritable instrument intégrateur qui sera le cheval de bataille de l’Afrique dans sa quête pour occuper la place qui doit être la sienne dans la gouvernance mondiale. L’Afrique ne peut être respectée et écoutée dans les arènes internationales si elle ne parle pas d’une voix. C’est pourquoi, il nous faut opérer toutes les transformations nécessaires pour peser un peu plus sur les évènements du monde.

Et, nous devons avoir toujours à l’esprit qu’aucune réforme, qu’aucun changement qualitatif ne saurait être mené sans sacrifice, sans une volonté de croiser les intérêts individuels de nos Etats avec ceux de notre organisation commune. Sachons donc consentir ce sacrifice là !


Messieurs les Chefs d’Etat et de délégation ;
Mesdames, Messieurs

Il faut que les assises de KAMPALA soient le point de départ de ce saut qualitatif que nous attendons tous pour le renouveau de l’Afrique.

Une Union Africaine forte ne peut que grandir l’Afrique, dans la solidarité et la cohésion.

Je vous remercie de votre aimable attention.



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