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Tchad : "C’est nous qui fournissons des informations sur les activités de la secte aux pays voisins"


Alwihda Info | Par ATPE - 9 Juillet 2015 modifié le 9 Juillet 2015 - 21:13


"Nous avons abattu un grand travail en un laps de temps. Car c’est nous qui fournissons des informations sur les activités de la secte aux pays voisins. Tous ceux des terroristes que nous avons appréhendés, nous livrerons de précieuses informations aussi bien pour le Tchad que pour nos voisins. Nous avons également réussi à mettre hors d’état de nuire les kamikazes qui ont infiltré le Tchad. Nous les avons déstabilisés grâce à cet exploit, nous sommes en train de remonter la piste qui nous permettra de démanteler le réseau", a affirmé le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Sécurité Publique, Abderahim Biremé.


Tchad : "C’est nous qui fournissons des informations sur les activités de la secte aux pays voisins"
Tchad : "C’est nous qui fournissons des informations sur les activités de la secte aux pays voisins"
Après les attaques terroristes du 15 juin 2015 dans la ville de N’Djamena, un Comité de crise a été mis en place pour faire face à la situation qui prévaut. Aussitôt le Comité a adopté quelques
mesures de sécurité qui devraient entrer systématiquement en vigueur. Malheureusement pour le commun de tchadien, un certain nombre de points demeurent incompris. Le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Sécurité Publique, Abderahim Biremé hamid apporte des éclaircissements dans une interview exclusive qu’il a accordée à l’Info.

Pour lutter contre Boko Haram, le gouvernement a adopté un certain nombre de mesures. De ces mesures sécuritaires, lesquelles sont, selon vous importantes et urgentes ?

Toutes les mesures sont importantes, mais il y a des mesures d’application immédiate et des mesures à moyen terme et à long  terme. Ce sont au total une vingtaine de mesures qui ont été examinées par le Comité de crise parmi lesquelles, certaines sont aussitôt entrées en vigueur dès leur annonce. Le Comité de crise mis en place analyse la situation chaque semaine et prend les mesures d’application qui s’imposent. Pour nous, toutes les mesures sont importantes.

A propos de la question relative au changement de la carte d’identité et de passeport, comment entendez-vous procéder ?

Les gens ont abordé cette  question sur la toile et beaucoup en parlent comme un sujet tabou. La question est très simple. Actuellement nous avons au Tchad, une carte et un passeport informatisés alors que le monde évolue vers les cartes d’identité et des passeports biométriques et en plus, les assurances. Indépendamment  des événements du 15 juin, la mesure relative à la carte d’identité nationale et au passeport va s’imposer d’elle-même dans le cadre de la CEMAC. Etant donné que le Tchad est un pays membre à part entière de la CEMAC, toutes les décisions de la Communauté devraient aussi s’appliquer au pays.

Pour une libre circulation des biens et des personnes, l’organisation exige de nous la délivrance d’une carte biométrique. D’ailleurs, tous les pays de la zone CEMAC  sont obligés  de se plier à la décision et le Tchad ne peut pas rester à l’écart parce que, nous voulons que nos concitoyens, se promènent dans la zone CEMAC et exercent leurs activités  commerciales et autres mais aussi, se déplacent librement dans la zone. En plus de cette nouvelle donne, une organisation internationale qui s’occupe de l’aviation civile OACI exige également de tous les pays parties prenantes d’imposer à partir de 2016, les passeports biométriques de telle sorte que, notre passeport informatisé  ne nous servira plus à rien pour voyager  bien qu’il y aura des dérogations au départ. Mais le Tchad sera obligé de se conformer donc,  tous les pays sont obligés d’évoluer vers la délivrance des cartes d’identité et des passeports biométriques.

Pour revenir à votre question, je dirai que la décision a été prise mais l’application prendra du temps. Je dis à ceux qui s’inquiètent que nos pièces administratives en cours sont valables et le seront encore. Je demanderai à nos concitoyens de continuer à se faire délivrer ces pièces jusqu’au moment où le gouvernement estimera qu’il est temps de le faire, nous aviserons.

J’insiste  pour vous dire que nos documents administratifs demeurent valables. Le moment venu, la validité et la durée restante de ces cartes d’identité et passeports seront pris en compte dans la valeur restante de la nouvelle. Je vous apprends qu’en ce moment le prix de ces pièces connaîtra une chute.

Quant aux mesures portant interdiction de port de voile intégral, pensez-vous que la population est suffisamment sensibilisée ?

Oui, nous avons donné des instructions pour que lors des prêches dans les églises et mosquées qu’on en parle. Nous avons également véhiculé des spots publicitaires dans les radios et télévisions. Nous nous efforcerons toujours à poursuivre la sensibilisation. A ceux qui nous font les reproches de vouloir s’attaquer aux règles religieuses, nous disons qu’ils se trompent.
Nous demandons simplement que dans les lieux publics, l’on  s’abstienne de cacher le visage. Nous devons nous présenter à visage découvert et faire ce qu’on veut chez soi à la maison. C’est valable pour tout le monde et n’a rien à voir avec la religion. C’est pour vous dire que la sensibilisation continue et nous vous demandons, vous les médias de relayer l’information pour atteindre tout le monde. Je dois préciser ici que les Tchadiens interprètent  mal la sensibilisation que nous menons puisque, nous ne pouvons pas frapper à chaque porte pour dire que, nous venons sensibiliser sur une telle ou telle mesure, « faites attention ». Nul n’est censé ignorer la loi, que les gens comprennent également cela.

On entend très souvent dire, lorsqu’on adopte une mesure que la sensibilisation n’est pas faite suffisamment, etc. Il faut que nous sachions qu’en matière de règlement, on n’a pas forcément besoin de communiquer. L’habit noir que portent les femmes n’est pas interdit, nous leur demandons simplement de ne pas couvrir le visage. On ne peut pas non plus empêcher aux hommes de porter leur turban, seulement, ils doivent faire en sorte que leur visage reste découvert pour mieux les identifier.

Depuis les dernières attaques de la secte, il s’est installé une psychose au sein de la population. Avez-vous de messages concrets allant dans le sens de l’apaisement ?

Je suis très fier de l’attitude des Tchadiens. Le jour des attentats par exemple, je me trouvais à Torock dans le Mayo-Kebbi Ouest, je suis arrivé le même jour dans la mi-journée mais je me suis  vite rendu compte que, la population est restée sereine. J’ai admiré ce courage.

Malheureusement depuis lors, au moindre bruit, les gens paniquent et je trouve qu’il n’est pas normal. Je rassure la population qu’après ce coup dure mais que nous avons pu agir à temps pour éviter le pire. Nous avons abattu un grand travail en un laps de temps. Car c’est nous qui fournissons des informations sur les activités de la secte aux pays voisins. Tous ceux des terroristes que nous avons appréhendés, nous livrerons de précieuses informations aussi bien pour le Tchad que pour nos voisins. Nous avons également réussi à mettre hors d’état de nuire les kamikazes qui ont infiltré le Tchad. Nous les avons déstabilisés grâce à cet exploit, nous sommes en train de remonter la piste qui nous permettra de démanteler le réseau.  Nous ne devons pas pour ce faire, baisser la garde pour autant.  Nous devrions au contraire, observer une vigilance accrue, la population aussi est appelée à veiller. Si quelque chose tourne mal dans les quartiers, que les populations, les chefs de Carré signalent aux arrondissements, aux commissariats, etc. En attendant, je sais qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter car il n’y a pas de raison. Je vous informe que nous arrêtons chaque jour des gens dangereux mais, viendra un temps où nous vous informerons de nos exploits.

Il y a quelques jours, Boko  Haram a frappé dans le Lac Tchad, comment expliquez-vous cette incursion malgré toutes les dispositions ?

Certes, un groupe a attaqué dans la nuit du 3 au 4 juillet 2015 dans un village. Ces terroristes ont profité de l’isolement de ces localités pour entrer. Une partie du groupe a attaqué par la même occasion, un ferrick  d’arabes tchadiens. Ces bandits ont réussi parce qu’ils se sont pris aux localités les plus éloignées des grands centres.  C’est pourquoi, nous appelons la population à se regrouper autour de grands centres pour nous permettre d’assurer sa sécurité. Malgré tout, nos forces de défense et de sécurité ont réussi à tuer deux d’entres eux et, ont fait un prisonnier. Ce dernier subit actuellement l’interrogation puis, il sera transféré à N’Djaména où nous pourrons lui tirer le ver du nez en nous livrant les informations sur son organisation  et ses amis.

Interview réalisée par Kodibaye Christian