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REPORTAGE

Tchad: Célébration de la fête de Tabaski sur fond de cherté


Alwihda Info | Par CriOnline - 4 Octobre 2014 modifié le 4 Octobre 2014 - 21:06


En dépit de cette précarité économique, les pères de familles musulmanes doivent remuer ciel et terre pour se procurer l'indispensable mouton de sacrifice.


Les fidèles musulmans du Tchad célébrent l'Aid-el-Kébir ou Tabaski ou encore "fête du mouton" samedi, alors que les prix du précieux mouton pour le sacrifice et des denrées de première nécessité ne cessent de flamber sur les marchés de la capitale.
A vingt-quatre heures de la fête de Tabaski, les clients se bousculent guère sur les marchés de bétail de N'Djaména, la capitale du Tchad. Sur ces différents marchés formels, les prix des moutons varient selon leur provenance et leur forme.

"Les béliers coûtent entre 35.000 F CFA et 80.000 F CFA (entre 70 et 160 USD, Ndlr). Ceux importés du Soudan coûtent plus cher parce qu'ils ont de l'embonpoint", déclare Ahmed Idriss Hassan, vendeur de bétail au marché de Karkandjie, à la périphérie de N'Djaména.

Contrairement à l'année dernière, les prix des moutons ont légèrement baissé (il fallait débourser 200, voire 240 USD pour se procurer une bête). Mais dans un pays où plus de la moitié de la population est de confession musulmane et où le salaire minimum est de 60.000 F CFA (environ 120 USD), ces prix restent toujours exorbitants.

Les vendeurs de moutons justifient en partie les prix " exorbitants" par les frais de transport des bêtes.

"J'achète mes béliers à Moussoro (à 300 kms au nord de la capitale, Ndlr). Je paie des bergers qui les acheminent jusqu'ici. Souvent, des moutons disparaissent en chemin ou sont écrasés par des véhicules", explique Ahmed Idriss Hassan.

Il y a également les taxes que prélèvent la collectivité et les autres structures impliquées dans le circuit commercial, ajoute-t- il. Autant de facteurs qui déterminent et renchérissent le prix d'un mouton.

Mais pour Moctar Moussa, agent du ministère tchadien de l'Elevage,la flambée des prix du bétail est intentionnellement entretenue par tous ces intermédiaires qui pullulent le circuit.

"Tous ces hommes qui vous abordent dès votre entrée au marché ou qui vous vendent un mouton dans les quartiers, ne sont pas les vrais propriétaires. Ils ne sont que des intermédiaires qui cherchent toujours à vendre plus que le prix proposé par le légitime propriétaire, voire le doubler, à leur profit", indique-t- il.

C' est dans ce contexte de surenchère permanente qu'intervient la "fête du mouton". Elle arrive deux mois et dix jours après le ramadan, le mois saint du calendrier musulman qui a été économiquement éprouvant pour beaucoup de fidèles.

"Tout est cher. Les commerçants augmentent d'un simple coup de tête les prix des produits. Tu peux venir au marché et rentrer bredouille. C'est lamentable", se plaint Mme Khadidja Adoum, secrétaire de direction et mère de cinq enfants.

L'Etat a défiscalisé et subventionné les produits de première nécessité importés (riz de 50 kg, huile végétale, lait et pâtes alimentaires) afin de minimiser les prix sur le marché. Mais c'est l'effet contraire qui se produit. Les commerçants, véreux, créent des pénuries artificielles en constituant des stocks, puis imposent des prix exorbitants, au grand dam des consommateurs.

Même les produits locaux tels ques les oignons et les céréales, n'échappent pas à la surenchère. Il en est de même des très convoités voiles ou boubous brodés qu'il faut offrir aux membres de la famille à l'occasion de chaque fête.

En dépit de cette précarité économique, les pères de familles musulmanes doivent remuer ciel et terre pour se procurer l'indispensable mouton de sacrifice.

"Peu importe le prix du mouton, nous n'avons pas le choix. L'Aïd-el-Kébir arrive une fois seulement par an et le fidèle musulman doit s'acquitter du sacrifice d'Abraham, signe de sa soumission à Allah", conclut Moctar Moussa.

Mardi dernier, une ONG nationale dénommée "Secours islamique pour le développement" et une société de téléphonie mobile ont offert une centaine de moutons aux plus démunis de la capitale. De quoi soulager ces non-voyants, veuves et autres personnes de troisième âge et leurs familles.


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