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Journal Alwihda

Tchad: Dadenadji Djimrangar, le ministre du Territoire National, de l’Habitat et de l’Urbanisme


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 13 Décembre 2010 modifié le 9 Décembre 2010 - 17:12

Dadenadji Djimrangar, le ministre du Territoire National, de l’Habitat et de l’Urbanisme s’est confié au journal Alwihda.


Tchad: Dadenadji Djimrangar, le ministre du Territoire National, de l’Habitat et de l’Urbanisme




Interview exclusive réalisée par Elysée Naïssem Doumtoïngar

 

 A A : quel changement, Monsieur le ministre avez-vous apporté dans votre actuel département ?

 

DD : merci, bien, M. le journaliste de m’avoir donné cette opportunité pour parler de mon département.  Vous racontez dans le détail, ça va me prendre peut-être trop de temps. Mais je dirais en quelques mots ce que j’ai pu faire  dans ce ministère depuis ma nomination en date du 13 mars 2O1O.  Date à laquelle le chef de l’Etat et le premier ministre m’ont fait confiance en me confiant la direction de ce grand département de l’aménagement du territoire de l’urbanisme et de l’habitat. Dès ma prise de fonction, je me suis immédiatement donné aussi aux agents de la manière dont j’entends travailler en leur disant que nous sommes ici pour servir. Le service que nous faisons est le service de l’Etat et ce service nécessite absolument  un minimum de respect et de sacrifice. Tout ce qu’on fait n’est pas forcement pour avoir un gain de cause juste après le service rendu. Mais la satisfaction qu’on peut avoir, c’est qu’un jour, on entend dire que vous avez bien travaillé donc nous sommes au service des autres. Que cela soit bien clair. Naturellement c’est un message sur fond de préjugé par ce qu’on raconte beaucoup de choses sur ce ministère.

 

A partir d’ailleurs d’une réalité qui est très importante dans la vie d’un être humain à savoir la terre, nous  de ce ministère, nous gérons la terre. La terre il  faut le dire, elle est la base de toute richesse, de tout patrimoine lorsque vous la gérez, vous devrez vous dire que vous êtes au service de tout le monde. Cette gestion de la terre est souvent source de problème entre les citoyens et nos services. C’était le préjugé de l’époque  qui donnait à croire que les choses ne se passaient pas comme on aurait dû les voir et il y avait beaucoup de critiques donc j’ai essayé de dire aux agents ces paroles que j’ai appris voilà ce que j’ai entendu.

 

Maintenant je suis venu, je crois qu’il faut qu’on mette de l’ordre dans la maison donc c’était un peu un message de rappel en ordre, un message  d’incitation à l’effort et en même temps aussi d’esprit de sacrifice. Voilà ce que j’ai eu à dire et faire lors de ma prise de fonction.

 

AA : quelles sont les difficultés que vous rencontrez au cours de vos opérations ?

 

DD : bon ! Après ce message du 13 mars dernier,  j’ai fait faire siéger l’une des deux structures les plus cruciales à savoir, la Commission Nationale d’Urbanisme cette commission a pu siéger le 7 Avril 2010.

 

Ceci pour dire aux gens que la gestion de terre que nous avons à faire  est une gestion collégiale. Elle est concertée et nous sommes bien entendus sur  les dépositaires  de la gestion de cette terre sous le contrôle du Premier Ministre et du Président de la république. Nous ne devons pas faire ce travail seuls, nous devrions le faire dans un cadre concerté c'est-à-dire avec le concours de tous les services de l’Etat surtout concernés. Je cite au hasard le Ministère des Infrastructures, le Ministère de l’Intérieur, le Ministère des Finances, le Ministère de l’Agriculture, le Ministère de la Santé, le Ministère de l’Education Nationale etc.

 

Tous ces Ministères ont intérêt à aider l’Etat, à ce qu’il gère bien la terre. Nous les réunissons donc dans le cadre de cette Commission Nationale d’Urbanisme y compris naturellement les autorités décentralisées par exemple la mairie est donc dans cette commission. Alors, nous avons repris tous les dossiers, je dirais d’orientation de la ville de N’Djaména.

 

Puisque cette ville se développe avec des plans. Raison pour laquelle nous avons repris ces projets de planification et les avons faits adopter par la Commission Nationale d’Urbanisme. Il y a des plans de lotissement pour les nouveaux quartiers ainsi que des plans de restructuration pour les quartiers qui sont  occupés dans le désordre, mais très densément. Nous avons aussi en dehors de ces deux projets ainsi cités de style nouveau comme de nouvelles villes que nous devrons créer.

 

Je dois vous dire que nous avons tenu la réunion le O5 Avril 2O1O aujourd’hui nous  sommes le 3O Novembre 2O1O je vous avoue que la plupart des décisions que nous avons prises ne sont pas appliquées. C’est ridicule par ce que l’habitude s’est installée dans ce ministère qui s’exprime en terme de laxisme, en terme d’insuffisance de réaction devant les situations. Aussi, faut-il le rappeler, l’application des décisions est fragile et inefficace, donc la plupart des décisions de la commission ne sont pas appliquées. Je rassure que j’y veille personnellement moi même pour la simple raison que certaines sont des arrêtés projets fars.

 

Il a fallu ajouter à ces projets de la Commission Nationale d’Urbanisme des décisions  qui ont été déjà prises en particulier les programmes de  logement  sociaux tel  qu’il a été décidé par le gouvernement autour de 125OOO unités. Ce programme a fait l’objet de contrats qui existaient et ces contrats, il fallait les mettre en œuvre. Notons par ailleurs que l’un de ces contrats est celui qui devrait être construit dans une zone de fer, la zone d’Ambata. Dès que nous voulons mettre en exécution ce contrat, nous avons eu la réaction des gens dont on n’avait pas prévu la présence puisque la zone avait fait l’objet  d’une décision d’urbanisme en 1999. nous sommes partis en 2O1O, 11 ans plu tard on se retrouve devant une zone déjà occupée, y compris les réserves qui étaient prévues. Et la difficulté la plus sévère, quand même, je dirais cette faiblesse de gestion qui fait que… voyez vous une décision de la réunion de la commission qui s’est tenue le 11 Novembre 1999 nous étions partis en mai 2O1O elle n’a pas été appliquée. On s’est donc heurté à l’opposition  farouche de la population. Je dirai de conflit entre l’Etat et ces occupants. 

 

Cela remet en cause même la gestion du statut de la terre. Sur ce point je profite de votre micro je l’ai dit à Bamako il y a exactement une semaine sur la question cruciale du statut de la terre pour une raison que personnellement j’ignore. Je suis l’un des tous premiers à découvrir à la veille d’une mission à Bamako il y a une dizaine des jours que la constitution du Tchad que nous avons en ce moment remonte en 1996.

 

Cette constitution distingue bien le foncier et le domaine en disant que la loi détermine les principes fondamentaux régissant les régions foncières. La mémé loi détermine les principes fondamentaux qui régissent le domaine de l’Etat. On a fait une séparation des domaines que le peuple tchadien a votés. Cette séparation s’est passée  dans la foulée en 1997. je crois que le gouvernement a pris la décision de fusionner le cadastre et le domaine alors que la constitution les a séparés et dans la foulée un Ministre des Finances à l’époque s’est trouvé tout puissant au point même de s’octroyer à titre personnel de terrain sur des réserves.

Le Maire était obligé de partir avec un bulldozer pour casser ce bâtiment de cet ex Ministre des Finances qui s’est adjugé des terrains anarchiquement. Voyez-vous  à quel point les textes de l’Etat ne sont pas respectés par de commis de l’Etat. A mon avis ces textes  ne sont même pas lus. 

 

AA : de quel ministre s’agit-il?

 

DD: il s’agit du ministre des finances de l’époque M. Bichara  Cherif Daoussa.  C’est un exemple type et au moment où je vous parle, le cadastre et les domaines fonctionnent comme ça, au mépris de cette constitution que tout le monde a adopté. Cette constitution fait une distinction entre les régimes fonciers et les domaines de l’Etat. Naturellement dans le fait, il y a beaucoup d’explications à donner mais je vous donne déjà l’exemple de la constitution du pays que tout le monde doit respecter,  par ce que c’est la loi fondamentale.

 

C’est celle là autour de laquelle tout le monde s’est défini d’accord indépendamment des sensibilités politiques confessionnelles. C’est  aussi la constitution de la république. Vous ne pouvez pas vous constituer comme un serviteur de cet Etat en violant ses lois. Voyez vous à quel point on allait arriver et cette confusion je vous dis on en  a plein dedans. Je crois que c’est pour la première fois que je parle sur ce ton. Il  faut que la constitution de la république telle que nous l’avons adoptée en 1996 soit respectée.  

 

AA : il y a de cela deux ans que le ministère a suspendu l’octroi de terrain aux citoyens. Quelle est la cause  Monsieur le ministre ?

 

DD: vous avez bien fait de poser cette question par ce que j’avais dit qu’il y avait eu une gestion concertée à la première Commission. On l’a fait dans le cadre de la Commission Nationale de l’Urbanisme que j’ai dû l’expliquer avec ces difficultés. Maintenant, il reste la deuxième commission qui concerne votre question urbaine qui existe pour Ndjamena et dans chacune des villes du Tchad présidée par le Délégué de l’Aménagement du territoire à N’Djaména. C’est le secrétaire national de l’aménagement du territoire qui le désigne.

 

Alors, il y a des aller et venir, vous avez bien fait de dire qu’il y a eu de suspension des attributions de terrain. Il y a deux ans pour être beaucoup plus précis, il  n ‘y a pas eu de suspension en tant que telle mais il y a eu de changement dans le fonctionnement de cette commission. C’est par ce que, ce qui était au départ au ministère a été renvoyé à la mairie de N’Djaména en 2OO8 donc le maire de N’Djaména qui était le président de la commission d’attribution de terrain en zones urbaines  a attribué un certain nombre de terrains aux particuliers.  je cite le cas qui était far, le quartier Gardolé digangueli. Bien entendu il y a d’autres terrains en ville sur la base des plans de lotissement qui étaient adoptés avant la commission d’attribution de terrain en zones urbaines. je ne donne pas le nombre exact mais on s’est rendu compte aussi que l’attribution de ces terrains

a soulevé de problème.

 

En droit strict le terrain dans une ville appartient une fois de plus à l’Etat, mais l’Etat peut donner à des administrations qui sont indépendantes et séparées. C’est dire  les collectivités territoriales, l’Etat peut leur donner de terrain pour les besoins publics afin d’y  construire les bâtiments. mais aussi pour leur permettre de se faire de l’argent que les collectivités loties se vendent aux particuliers. Il y a eu un peu de confusion à ce niveau à tel enseigne que les terrains qui étaient ménagés dans le cadre de cette commission confiée à la mairie  qui à son tour n’arrivait pas à se retrouver dans la distinction qui doit être faite. Les ressources qui sortent de cette gestion, une partie va à la mairie et une autre partie va à l’Etat. toujours est-il que ça va au trésor mais, sur le plan de la répartition il ya quand même cette distinction. Lorsqu’il y a eu de changement à partir de l’accord de 7 Aout 2007 et qu’on fait un autre gouvernement présidé par Youssouf Saleh Abbas.

 

Celui-ci avait demandé que la commission d’attribution revienne au ministère de l’aménagement du territoire et non laisser à la mairie. Donc on a arrêté l’attribution des terrains effectués par la commission présidée par le maire et qu’on a ramené les choses au ministère. On était vers la fin 2008 et début 2009.

 

Les gens ne se sont pas pratiquement entendus. Il ya eu au moins deux réunions mais la nouvelle commission ou la commission dans  la nouvelle configuration présidée par le secrétaire général du ministère n’a pas pu finir ces réunions parce que les informations qui devaient d’abord  être clarifiées de l’ancienne situation ne sont pas disposées. Je dirais  que dans certaines situations, il y a la mauvaise foi. Mais au niveau de terrain il y a eu beaucoup de travaux en cours et je ne sais pas si je le dis maintenant. Même si vous revenez dessus cette réponse devrait suffire.

 

Vous savez que les questions de logement ont reçu une nouvelle  attention de la part de la communauté internationale depuis 1985 et au Tchad nous avons donc internalisé cette préoccupation à travers l’intervention de l’ONU-habitat que nous lui avons demandé de venir nous aider à mettre en place un projet de développement urbain et d’amélioration de l’habitat. Donc ce projet a été conçu. Cela a permis d’avoir des idées claires à réfléchir sur le sujet proprement dit. E c’est de savoir est-ce que c’est l’Etat qui va construire ? Est-ce que ça serait  les particuliers ? Il y a un travail de viabilisation qui devrait être fait en entreprise ou selon les formes que l’Etat aura retenues. Nous avons utilisé cette technique à la patte-d’oie sur une cinquantaine d’hectares donc nous avons viabilisé 13OO parcelles. C’était le premier facteur limitant le deuxième facteur.  C’est le transfert entre la mairie et le ministère.

 

Sur ce, les réunions se tiennent pour clarifier et préparer les gens à avoir les terrains selon les nouvelles orientations. Nous recevons les demandes d’attribution de terrain, nous les enregistrons mais il ya des préparatifs en cours pour la viabilisation de terrain en plusieurs endroits de la ville. Il ya beaucoup de promoteurs qui sont intéressés.   Eux-mêmes, pour qu’ils viabilisent et vendent ces terrains. Je donne un exemple dans la zone de TOUKRA, la réflexion que nous avons avec un groupe c’est de viabiliser les terrains avec un coût de 5000fr/M², en aménageant des rues et raccorder l’électricité.

 

Nous avons fait plus de 20500/ m2 de locaux à la patte d’oie mais sur TOUKRA on aura au maximum 5500/ m2 donc ce travail de viabilisation est capital et les terrains sont déjà configurés. les entreprises qui sont en mesure de faire ce travail vont le faire.

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