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INTERVIEW

Tchad: «Il faut revoir les missions de l'Eufor au Tchad» (Interview)


Alwihda Info | Par - ҖЭBIЯ - - 11 Juin 2008 modifié le 11 Juin 2008 - 21:21

Chef des opérations au Tchad, le général français Jean-Philippe Ganascia tire un premier bilan de son action à la tête des troupes européennes. "Il y a un décalage entre ce qui a contribué à la conception des forces qui sont déployées ici et la réalité. Le contexte a énormément changé. Il n'y a plus de grands rezzous (attaques) contre les villages, ni de groupes venus de l'est pour aller à l'ouest. La situation est calme en dépit de l'instabilité. Le plus difficile est de cerner une menace avant tout liée au banditisme."


Tchad: «Il faut revoir les missions de l'Eufor au Tchad» (Interview)

Le Figaro

Déployés à la frontière du Darfour avec l'appui des Nations unies pour venir en aide aux réfugiés et aux déplacés, les militaires de l'Eufor font la police aux confins du Tchad, du Soudan et de la Centrafrique.

LE FIGARO. Comment comptez-vous combattre l'insécurité qui se développe dans l'est tchadien ?
Général Jean-Philippe GANASCIA. Nous ne pouvons installer un bodyguard derrière chaque humanitaire. Notre devoir de sécurisation est collectif et non pas individuel et concerne avant tout les réfugiés et les populations déplacées. Nous allons cependant adapter notre dispositif pour intégrer les ONG qui en font la demande dans nos convois. Nous allons aussi ouvrir un parapluie sécuritaire pour stabiliser les zones à risques. Mais nous ne pouvons pas nous substituer au gouvernement tchadien et nous n'avons pas vocation à désarmer les habitants d'un pays aux coutumes guerrières.

Quels enseignements tirez-vous au cinquième mois de votre installation au Tchad ?
Il y a un décalage entre ce qui a contribué à la conception des forces qui sont déployées ici et la réalité. Le contexte a énormément changé. Il n'y a plus de grands rezzous (attaques) contre les villages, ni de groupes venus de l'est pour aller à l'ouest. La situation est calme en dépit de l'instabilité. Le plus difficile est de cerner une menace avant tout liée au banditisme. Nous devons réadapter au quotidien nos modes d'action pour contrecarrer les coupeurs de route tout en restant dans le cadre qui nous a été fixé.

N'y a-t-il pas un risque de confusion entre action militaire et humanitaire ?
L'Eufor n'est pas venue avec un budget consacré à l'action humanitaire. Trois pays qui participent à la force ont en revanche l'intention de prendre des initiatives locales en passant par le filtre de l'état-major de l'Eufor et en harmonie avec les ONG. L'Eufor ne rentrera pas dans un monde qui n'est pas le sien. C'est une force qui mène des actions militaires dans un cadre humanitaire.

Quelle sera votre attitude en cas de conflit ouvert entre le Soudan et le Tchad ?
S'il y a la guerre, le mandat de l'Eufor s'arrête, mais je ne crois pas à cette hypothèse.

Quel est l'avenir de l'Eufor ?
Nous sommes une force transitoire au mandat d'un an voté par les Nations unies. Une évaluation va être effectuée à mi-parcours en septembre durant la présidence française de l'UE. Des pistes sont déjà à l'étude. Il n'y aura pas d'Eufor 2, mais sans doute un autre mandat avec une autre force.

Propos recueillis à Abéché par Thierry Oberlé

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