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INTERVIEW

Tchad : Il n y a ni imprimeries ni agences de distribution ni lecteurs ni aides sérieuses à la presse


Alwihda Info | Par - 28 Avril 2013 modifié le 28 Avril 2013 - 19:11

Aujourd’hui sur le site ALWIHDA on constate que les articles publiés proviennent de partout. Certes, difficile pour certains nationaux de comprendre cette stratégie éditoriale mais c’est comme ça que nous avons décidé d’ouvrir notre journal à tous les sans voix du Monde entier.


Sadam Ahmat. Alwihda
Sadam Ahmat. Alwihda
  1. Interview
Présentation
 
M. Sadam Ahmat, vous êtes Directeur adjoint du groupe Alwihda. Pouvez vous nous dire quelles sont les raisons qui vous ont poussé à créer le journal Alwihda ?
 
Sadam Ahmat : Tout d’abord, je tiens à vous remercier de l’intérêt que vous portez au journal. Cela étant, je saisis l’occasion pour vous informer qu’Alwihda est un groupe de deux services. Le service électronique géré par le site Alwihdainfo.com et le service papier qui parait en plusieurs versions dont hebdomadaire et périodique. Le lancement du journal est décidé grâce à un événement qui s’est déroulé à Abéché en janvier 1994. Ne soyez pas surpris à cette époque, j’avais un an. C’est mon père qui l’a lancé grâce au soutien des amis. Ce qui a poussé mon père à créer un journal, c’est suite à cet événement du 23 janvier 1994 quand mon grand père à été arrêté à Abéché, il à été pour mon père très difficile ou presque impossible de relayer l’information. C’est en ce moment qu’il a donc pensé à créer un journal en juillet 1994 puis un site internet en septembre 1999, et dont l’objectif principal est la défense des sans voix comme mon grand père et ils sont nombreux. Depuis lors, le journal  est resté ouvert à tous les sans voix, sans aucune frontière.
 
Que veut dire « Alwihda »  et pourquoi avez-vous choisi ce nom au journal?

Sadam Ahmat: ALWIHDA signifie l’unité et l’union. C’est une façon de dire que tous les sans voix sont unis dans la liberté d’expression, sans appartenance religieuse, politique ou autre. Aujourd’hui sur le site ALWIHDA on constate que les articles publiés proviennent de partout. Certes, difficile pour certains nationaux de comprendre cette stratégie éditoriale mais c’est comme ça que nous avons décidé d’ouvrir notre journal à tous les sans voix du Monde entier.

En ouvrant le journal à tous les sans voix, ne craignez vous pas de dérapage ou de règlement de compte hors frontières?
 
Sadam Ahmat :  Pas du tout ? Nous n’autorisons pas la diffamation ou le dérapage ?

Et pourtant, vous avez diffusé un article que l'ambassadeur d'Algerie au Tchad a jugé diffamatoire?

 
Sadam Ahmat: Il nous arrive de commettre des erreurs et très vite on présente nos excuses. C'est ce qu'e nous avons fait avec l'Algérie, lorsque nous avons constaté que dans un article d'un écrivain marocain publié sur notre site, l'Algerie a été considéré comme étant "un état voyou". Ce genre de diffamation est inacceptable. Nous avons présenté nos excuses à l'ambassadeur et au peuple algérien et en même temps, nous avons demandé à l'auteur de ne plus poster des articles comportant des passages diffamatoires, et l'incident fût clos.

Pourquoi un journal hebdomadaire et non quotidien?
Sadam Ahmat: Cela est compte tenu des difficultés que la presse au Tchad fait face. Il n y a dans ce pays ni imprimerie spécialisée, ni agence de distribution, ni lecteurs, ni aide sérieuse à la presse. C’est pourquoi il est difficile de faire un quotidien au Tchad, du moins pour l’instant.


2. Aspect matériel / financier
Depuis la création de votre site internet et du journal Alwihda, avez-vous rencontré des difficultés matérielles ou autres ? Si oui lesquelles ?


Sadam Ahmat: Les difficultés sont celles que je viens de citer.

Comment est financé le journal ?
Sadam Ahmat: ALWIHDA en papier était au départ interdit au Tchad. Mais à partir de 2009, lorsque mon père s’est réconcilié avec le régime, nous avons officiellement  lancé en septembre 2009, le journal en papier à N’djamena en contractant un crédit de 10 millions de FCFA auprès de la BCC (Banque commerciale du Chari). C’est l’occasion de signaler que la banque nous a imposé un intérêt de plus de 90%. Voyez vous comment on décourage la presse dans ce pays ?

Quelles sont les sérieuses difficultés du journal ?
Sadam Ahmat: Le journal électronique n’a pratiquement pas de problème puisqu’il survit grâce à la publicité électronique. Quand au journal papier, aujourd’hui, le crédit est soldé malgré cela  le journal a d’énormes difficultés pour continuer. Les factures des annonces et des publicités sont difficilement réglées. A titre d’exemple le ministère des infrastructures doit au journal plus de 4 millions FCFA et c’est depuis 3 ans. Donc dans ces conditions là, l’équipe du journal à jugé difficile de continuer.

Est-ce que ALWIHDA reçoit des soutiens financiers de la part du HCC ?
Sadam Ahmat: Nous avons interrompu nos rapports avec le HCC. Il  propose des aides financières mais en imposant des conditions  que nous jugeons humiliantes. ALWIHDA refuse tout soutien sous condition, et ce comme ça qu’ALWIHDA a rejetée l’aide du HCC. Cette institution n'est pas encore prête à faire face aux besoins pressants de la presse, ce qui est plausible.

Est-ce que ALWIHDA reçoit des soutiens de l’étranger ?
Sadam Ahmat: Non pas du tout mais c’est l’occasion ou j’appelle les chancelleries étrangères d’apporter de soutien à ALWIHDA.

Coopérez-vous avec d’autres journaux ? Si oui lesquels ?
Sadam Ahmat: Il n’existe pas de coopération réelle entre les journaux parce qu’ils souffrent tous des mêmes maux.


3. Questions politiques

Quel est l’état de la presse d’après vous ?
Sadam Ahmat: La presse au Tchad est la plus démunie. Les journalistes n’ont aucune importance, alors qu’ailleurs, un article dans un journal peut faire un tôlé, or au Tchad la presse est limitée à la dénonciation et aux « ont dits » à la rumeur. Il n y a pas la possibilité d’une enquête sérieuse sur un sujet puisque les portes sont hermétiquement fermées. Il n y a pas une considération pour la presse. Le journaliste soit il est étatique soit il est de l’opposition.

Quel est votre avis sur le projet des nouvelles peines applicables aux délits de la presse ainsi qu’à la révision des lois sur la presse que suggèrait l'ancien Premier Ministre NAdingar?
Sadam Ahmat : Si des telles lois sont votées, on revient deux décennies en arrière. Je conviens ce n’est pas facile pour les autorités de supporter les critiques et attaques violentes. Même en Occident démocratique, ce n’est pas facile. Mais vaut mieux les supporter que de les censurer. La presse joue un rôle très important dans le renforcement de la démocratie et de la défense des droits de l’homme.
 
4. Conclusion

Quel est l’avenir de la presse dans ce pays ?

Sadam Ahmat : L’avenir de la presse réside dans son soutien et son encouragement. l'image de la presse de demain sera probablement forte, les journaux privées doivent s'investir dans la presse en ligne, ce qui est fondamental et indispensable. les médias en ligne n'ont pas de limites, et produisent un meilleur travail. A partir du moment où la fibre optique s'installe, et que l'accessibilité au haut débit internet s'accroît, l'actualité en ligne sera de mieux en mieux vu.
 
Avez-vous un dernier message à lancer concernant Alwihda et la presse au Tchad ?

Sadam Ahmat : Je dis en toute sincérité que je suis fier d’Alwihda qui est crée en juillet 1994 surtout le journal en ligne qu’on a réussi à l’entretenir et qui est ouvert à tous les sans voix. Nous enregistrons plus de 600 000 visiteurs par mois soit entre 17 à 20 000 par jours. Puis tous les articles sont repris automatiquement par Google. Je saisis aussi l'occasion de demander aux autorités compétentes tchadiennes de lever la censure imposée aux sites électroniques. Car vous savez que même Alwihda est censuré pour des raisons que nous ignorons encore.  

Interview réalisée par Anwar Abdelwahit élève à N'djamena
Cette interview a eu lieu à la demande d'un lycée de la place




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