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Revue de Presse

Tchad : Incapable de payer ses débiteurs, la BCC vole au secours de l'Etat


Alwihda Info | Par Gloria Rolel - 29 Juin 2014 modifié le 29 Juin 2014 - 17:19


Devant les difficultés de trésorerie et l’impatience des fournisseurs de l’Etat , les commerçants et les entrepreneurs , le gouvernement Kalzeubé a été obligé de vendre ses créances à la banque commerciale du Chari.


Journal La Voix

La banque BCC. N'Djamena. Crédit photo : td.worldmapz.com
La banque BCC. N'Djamena. Crédit photo : td.worldmapz.com
Pour notre confrère Alain Serge Zogbo, les dirigeants  tchadiens sont exceptionnels en leur genre. De vrais dentistes. Quand c’est noir, ils disent que c’est blanc (sic). Même ce qui est visible comme le soleil dans le ciel, ils veulent le cacher avec leurs mains, leurs menaces et leurs intimidations. Ainsi il dit Que n’a- ton – pas entendu dire ici  par les griots du pouvoir sur l’affaire des difficultés financières du pays ?  A ce propos, le chef des notables nous a accusés d’être des esprits toujours enclins à dévaloriser  les initiatives du gouvernement  et à donner une image triste et misérabiliste de notre pays. Et que nous avons voulu faire croire à l’opinion que l’envoi des délégations  à l’étranger était destiné à demander de l’argent pour faire face à une prétendue difficulté de trésorerie. « Tout cela n’est que désinformation dont ils se font le chantre. », a encore réitéré, récemment le premier ministre Payimi Kalzeubé Deubet, devant les journalistes. Et pourtant.
 
Pour démentir la déclaration du premier ministre, notre confère de dire Mais comme à beau mentir qui vient de loin, chaque jour un peu plus, des informations nous parviennent qui viennent  botter  en touche toutes leurs gesticulations spectaculaires. FACE à la réalité de difficultés financières que traverse le Tchad depuis prés de trois mois, les autorités tchadiennes ont été  obligées de se retourner vers la BCC et l’AFB (banque camerounaise) pour trouver un compromis afin de mettre à la disposition de leurs nombreux débiteurs ce qui leur revient . En bon commerçant, ces deux banques  n’ont pas trouvé de difficultés à le faire. Mais seulement à condition qu’elles aient une marge de bénéfice en retour.
 
Mauvaise foi
 
Selon  Alain Serge, l’Etat  représenté par le ministre des finances et du budget et le trésorier payeur général, sont allés rendre compte à leur supérieur, le chef du gouvernement. Ensemble ils mettent une stratégie pour ne pas perdre doublement. Alors le PM va se tourner vers les commerçants à travers deux de leurs syndicats : SYNCOT et le SFCT. Aux responsables de ses syndicats, d’une main l’Etat leur propose de faire payer leur facture par des banques locales à une seule condition : Un prélèvement sur chacune de leur facture. Une petite escroquerie de plus ? Un monde à l’envers dans le que celui qui doit faire la loi. Toute fois, le gouvernement ne manque pas de solliciter la bienveillance de ces commerçants, de l’autre main. Il va jusqu’à agiter les difficultés financières que traverse le pays comme preuve pour que les commerçants et autres les fournisseurs et entrepreneurs acceptent cette proposition indécente à la limite. Les débiteurs avaient-ils le choix devant une telle situation imprévue qui perdure depuis des années ? Eux qui ont besoin de liquidité pour relancer leurs activités et régler quelques unes de leurs factures. Mais surtout eux qui ont été longtemps malmenés par les allers et retours agaçants au trésor sans suite favorable. Cette occasion enfin de rentrer en possession de leur Dû, malgré tout, était donc une aubaine. Tout de même, les leaders syndicalistes descendent vers leur base pour voir la conduite à tenir. Cette nouvelle fait jaser de nombreuses personnes en leur sein. «  C’est une grosse arnaque ! », crient certains qui ne veulent rien entendre de cette affaire. De négociations en négociations, les chefs syndicalistes vont convaincre leurs membres.
 
Pour Nour Mahamat , l’un des responsables de syndicat que nous avons joint au téléphone pour en savoir plus sur cette affaire , «  les commerçants étaient obligés d’accepter de concéder 12% du montant  de leurs transactions  bancaires par pur service qu’ils rendent à leur pays » . Toujours selon ce dernier, le gouvernement est en difficultés  et c’est en su de cela  qu’ils ont entendu et répondu à son cri de détresse. Cependant, Nour Mahamat n’a pas oublié   de faire remarquer que cette convention entre l’Etat et eux est basée sur le principe de la liberté d’acceptation. Libre à chacun donc d’aider ou pas l’Etat. Sauf que pour ceux qui n’accepteraient pas le principe, ils devront attendre encore longtemps jusqu’au retour de meilleures fortunes pour entrer en possession de leur dû.  
 
12% contre règlement  
 
D’après un responsable de la BCC que nous avons rencontré, c’est juste une opération commerciale normale et légale que l’Etat  vient de conclure. C’est donc à juste titre  que le 20 mai dernier une convention de cession de créances a été signée entre l’Etat tchadien, représenté par le des finances et du budget et le TPG, la BCC/AFB et le SYNCOT et le SFCT. D’dorénavant donc, les gros débiteurs de l’Etat devront se faire régler leur avis de crédita contre une ponction de 12% sur leur facture. Surtout en présentant des documents qui garantissent la légalité de la transaction bancaire.
 
Notre confrère a conclu ainsi : Ça se voit !  Le gouvernement Kalzeubé est aux abois pour rien. Du moins, parce qu’on a vite fait d’annoncer ses difficultés financières  .Il n’est plus besoin de démontrer que ce gouvernement est en défaut de paiement. Faire prélever 12% sur les factures des débiteurs est une preuve de plus que le Tchad va mal. On dirait même plus, très mal.