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POINT DE VUE

Tchad : Incompatibilité par rapport à l’éthique démocratique


Alwihda Info | Par Djamil @ - 30 Mai 2009 modifié le 31 Mai 2009 - 00:03


Tchad : Incompatibilité par rapport à l’éthique démocratique
L’expérience a montré que par la guerre l’on ne pourra arriver à une solution qui satisfasse tout le monde dans un pays.

Le Tchad se trouve aujourd’hui malheureusement victime d’un conflit à rebondissement interminable qui ne cesse d’endeuiller des familles entières.

Pourquoi y a-t-il autant de violence dans la façon de faire de la politique au Tchad alors que l’histoire nous a enseigné que le peuple Tchadien est un peuple pacifique ?

Que pouvons-nous comprendre si nous jetons une œillère dans ce Tchadiennitique conflit qui a pour genèse une redistribution inefficiente de la chose publique.

N’y a-t- il pas une solution qui pourrait à juste titre rendre au peuple d’en bas ce qui lui est dû ?

Le constat irréfragable qui nous interpelle est celui de l’irresponsabilité citoyenne de nos élites quant aux tournures parfois violentes que prennent les événements dans notre pays.

Aussi, nous aimerions faire comprendre par cet écrit succinct que la politique au Tchad s’est transformée en un jeu de Loto ou le Perroquet et le Zélé sont les illustres bienvenus au sein du système Ndjamenois.

Pour être ministre au Tchad, il faut apprendre malheureusement à désapprendre les vertus de la dignité politique.

Apprendre le métier de la courtisanerie.

Etre une lèche botte qui se sert en desservant son pays.

Cacher le soleil sous un tamis en oubliant que l’histoire finira par nous juger.

Le mérite est devenus un sot, puisque la simple compétence ne pourra pas vous permettre l’ascension et par ricocher de gravir les échelons.

La gestion de mon pays est agressée par des tares qui menacent sa crédibilité.

Il n’y a rien de si fâcheux que d’être d’un gouvernement dont on n’est pas le favori disait Paul De Gondi dans ces mémoires. Ce qui nous amènera à dire que la majorité de nos actuels ministres ne se trouvent aux gouvernements que par pure accident de l’histoire.

Mais après tout ,dans quelle planète se trouvent-on ?

Pourquoi, nantis de son diplôme, le Tchadien simple d’en bas n’a pas les mêmes chances que le fils d’un chefs de canton ou d’un responsable communautaire ?

Ces questionnements qui nous taraudent l’esprit sont des réalités évidentes qui impactent négativement sur le développement du pays.

Le Tchad a les moyens de son éclosion économique si ces responsables arrivent à se défaire de leur pratique réductilistes et déloyales de faire de la gestion politique.

Le multipartisme, au Tchad ne cesse de connaître toutes sortes de dérives qui ont permis à des individus de créer des partis uniquement dans le but de s’enrichir, en « monnayant » leur soutien ou leur opposition au pouvoir en place.

Faire du politique est devenu un business qui a permis de propulser des personnes qui se servent de leur position politique pour avoir des facilités ou pour obtenir des avantages matériels de toutes sortes.

Le militantisme, le bénévolat, le sacrifice de soi au profit de la collectivité, constituant les fondements de fonctionnement d’un partie politique sont supplantés par des comportements indignes qui ne relèvent que de la corruption, du clanisme et de l’incompatibilité démocratique.

A la lumière de l’expérience récente (avec les dernières élections présidentielles de 2006) en matière d’exercice démocratique (qui ne doit pas se limiter au seul système électoral), il apparaît nécessaire de repenser la structure de l’Etat et du système de gouvernance au Tchad.

Il faut dissoudre cette assemblée qui n’a d’assemblée que son nom, puisqu’elle ne règle aucun problème et ignore totalement le sort des citoyens qu’elle est censée représenter ou servir.

Elle sert plus de tremplin pour les opportunistes qui touchent une rente pour « servir » le régime en place et desservir la population.

Elle constitue un frein à la mobilisation et à l’initiative citoyenne, et creuse davantage le fossé entre les gouvernés et les gouvernants.

Nous souhaitons à ce que l’Etat répressif change ces méthodes de gouvernance et adopte un modèle qui respecte les aspirations du peuple en matière de sa politique de développement et du choix de ces représentants, sinon ce sera l’éternel recommencement de l’échec.

Le pouvoir est dans l’obligation nationale d’ouvrir des négociations politiques avec ces adversaires pour que cesse la guerre.

Que les Tchadiens de tout bord comprennent que le Tchad à trop souffert, et pour inhiber cette hémorragie, la sagesse et la maturité de tout un chacun d’entre nous doivent prévaloir.

Que nos compatriotes intervenant régulièrement sur la toile arrivent à avoir et maintenir un esprit de synthèse et de cohérence en nous évitant le remarquabilisme fougueux saupoudré par le tintamarre cybernétique.

Internet ne doit pas être un outil utilisé par inintelligence et ignorance pour créer les clivages ethniques et contribuer négativement à la mise sur pied d’une vie politique pleine d’indignité et de haine.

Il n’est pas mesestimable que l’on intervienne sur la toile pour critiquer productivement.

Mais si l’on intervient pour intervenir, l’idéal intellectuel et démocratique n’en seront que victime.

Il y a lieu de réhabiliter nos façons de faire de l’intellectualisme.

Depuis 1990, la démocratie ou l’expérience démocratique ont du plomb dans l’aile ?

A la faveur des dernières élections présidentielles d’Avril 2006, boycottées par les principaux partis politiques de l’opposition démocratique, la crédibilité et la compréhension de la démocratie reviennent sur le tapis.

Cet échec manifeste s’explique, à mon sens, par le fait que l’expérience démocratique à été biaisée au départ, car sa construction s’est faite « par le haut », par le pouvoir en place et la conjoncture internationale de l’époque, qui l’ont « dictée » au peuple, sommé de se fondre dans le moule, par obligation ou par duperie.

Tout se passe comme si démocratie est une fin en soi.

D’ailleurs le peuple n’a jamais eu l’occasion de choisir librement ces dirigeants.

Démocratie est aujourd’hui synonyme malheureusement de régionalisme et d’ethnicise.

La démocratie est perçue et vécue par les larges couches de la population comme un corps étranger, sans repères identitaires, basée sur une organisation qui ne correspondait pas au niveau de conscience et de représentation de la population.

C’est là où réside, à mon sens, la tare originelle de la démocratie au Tchad.

Ce qui expliquerait le manque d’ancrage des partis démocratiques au sein de la société et, par conséquent, leur faiblesse sur l’échiquier politique national.

Grosso modo et pour notre consolation, nous souhaitons à ce que nos élites dirigeantes regardent sur le rétroviseur pour mettre en place un système démocratique et de gestion qui respectent les sensibilités et aspirations du peuple en hissant le dialogue et la justice comme seuls arme pour lutter contre les maux qui minent le Tchad d’aujourd’hui.

En attendant, espérons aussi que les choses ne se compliquent davantage avec les rebellions à l’Est du pays, car toute la population commencent à ressentir les secousses de la guerre qui lézardent dorénavant des pans entiers de la société.

Autrement dit, il ne nous reste plus qu’à prier le bon dieu : God save our peace !

MAHMOUD ALI SAID
E-mail : mahamoud888@hotmail.com