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INTERVIEW

Tchad: Interview du leader de l'ACTUS, Dr. Fidel Moungar


Alwihda Info | Par Alfa @ - 19 Avril 2010 modifié le 19 Avril 2010 - 15:19

Fidel Moungar, secrétaire général de l’Actus : « Ce qui compte, ce n’est pas absolument moi qui sois candidat et devienne président, mais qu’un démocrate soit élu président. »



Interview réalisée par Kaltoumi Tao Moussa

 Le conseil national de l’Action tchadienne pour l’unité et le socialisme (Actus) a tenu son 7e congrès au ministère des Relations extérieures. Le thème principal était : ‘’paix et l’Unité des fils du Tchad’’. Le secrétaire général du parti se prononce sur les prochaines élections. Interview réalisée par Kaltoumi Tao Moussa, journaliste de la Voix.
La Voix : Votre candidature en 1996 a été rejetée. Depuis lors, on ne vous sent pas beaucoup sur la scène politique. Qu’est ce qui explique cette rupture de silence lors du congrès de votre parti ?
Fidel Moungar : J’ai été exclu par des méthodes absolument non démocratiques et inadmissibles des élections de 1996. J’ai été Premier ministre, chef du gouvernement au Tchad, j’ai été pendant plus d’un an ministre de l’Education nationale. Après une rupture, il n’existe pas de retraite du Premier ministre en disant que je n’appartiens pas à la famille qui est au pouvoir. Je crois que mon devoir en tant que homme, est de pourvoir aux besoins de ma famille. J’ai la chance d’avoir fait des études, avoir des diplômes. Je prends le travail où il existe. Car, le Tchad ayant refusé de me donner un travail de chirurgien auxiliaire à l’hôpital de N’Djaména, je suis reparti en France pour reprendre mon service et je n’ai absolument aucun regret d’avoir soigné mes malades parce qu’il faut que vous sachiez que ça me permet de faire vivre ma famille, d’exister moi-même et de vous voir aujourd’hui devant moi. Dans la vie, il n’y a pas seulement le pouvoir. On ambitionne de répondre aux besoins du peuple mais il y a des choses qui sont faites pour uniquement exclure. Mon parti n’a pas cessé d’exister quand je n’étais pas au Tchad. Il vit, participe et il n’a jamais quitté l’Assemblée nationale.
Le congrès de l’Actus était placé sous le thème de la paix et de l’unité des fils du Tchad. Croyez-vous que ce souhait se réalisera ?
Oui par la force des choses parce que la guerre est rejetée par la quasi-totalité des Tchadiens. Je crois qu’aujourd’hui le deuil existe dans toutes les familles. Certaines familles entières ont été ravagées. Je pense que c’est une œuvre de salubrité publique d’arrêter une guerre fratricide inter tchadien : je lutte pour ça et je crois vraiment à cette unité. Mon congrès est un signe de la paix, j’y travaille et j’ai pris des initiatives dans ce domaine car sans la paix, aucun développement n’est possible. Comme preuve, les ressources du Tchad au moment où elles ont atteint leur plénitude, sont complètement englouties par une guerre qui n’a pas de nom. C’est une guerre interne aux Tchadiens et qui ne se justifie pas.
Est-ce que Fidel Moungar pense se présenter aux prochaines élections présidentielles ?
Pour ceux qui ont assisté au congrès, mon parti souhaite unanimement que je sois porteur de ses couleurs à l’élection présidentielle prochaine. Nous ne sommes que des hommes, nous saurons comment demain sera fait. Ce qui est vrai, pour le présent, je travaille à conforter mon parti, à le rassembler, à créer une alternative collective pour le Tchad. La recherche du pouvoir à partir de moi, au moment où il devient un problème exclusivement personnel, devient perverse. Je crois qu’il faut que quelqu’un acquis à la démocratie et à la paix gagne la prochaine élection présidentielle. Si ça peut être moi, j’en serai très ravi et de capable servir mon pays.
Est-ce que vous ne craignez pas que vous allez être confronté aux mêmes ennuis qu’en 1996 ?
Mais bien sûr, les embûches seront les mêmes. Mais il n’est pas interdit que la raison finisse par triompher. Je ne vis pas à l’étranger parce que j’aime plus la France que le Tchad. J’aime beaucoup mon pays mais le devoir de chaque homme dans notre pays c’est partir le plus loin que possible mais d’apporter la pitance de la famille. Je vis à l’étranger parce que mon pays ne me donne pas de travail. Si quelqu’un m’en donne un demain, je reste chez moi. Je pense que certaines personnes ne souhaitent que je reste ici, c’est pourquoi on m’empêche de trouver un travail ici. Soyez rassurés d’une chose : l’Actus, ce n’est pas Fidel Moungar. Il a choisi Fidel comme candidat pour le représenter à l’élection présidentielle. Si ce n’est pas Moungar, ça sera un autre militant. Ce qui est formidable et j’espère vraiment, il faut que les partis se regroupent pour que les anti démocrates n’empêchent pas les partisans de la démocratie de triompher. Ce qui compte, ce n’est pas absolument moi qui sois candidat et devienne président mais qu’un démocrate, quelqu’un qui a une alternative positive pour le peuple tchadien soit élu président. Il y en aura beaucoup qui en rempliront les conditions et j’espère moi même les remplir et ça sera vraiment un véritable bonheur de porter les couleurs d’une coalition des partis ou alors une coalition de mon parti pour défendre ce que je crois bon pour le pays.
Que pensez-vous de la vie politique tchadienne aujourd’hui ?
La vie politique tchadienne n’ouvre aucune perspective. Je n’ai pas de leçon à dicter car il y a beaucoup de grands hommes dans la vie politique tchadienne. Le devoir des grands hommes, c’est de dégager les perspectives. Aujourd’hui, grâce à la pression de l’Union européenne, une forme de bal Simon est mise en place : nous avons d’un côtelé gouvernement représenté avec sa coalition dont la majorité présidentielle, où tout se passe bien. Lorsque dans une écurie, le foin ne manque pas, les chevaux ne se battent pas : ils s’entendent bien. De l’autre côté, il y a la CPDC où quelques uns sont sélectionnés et qui ont de postes au gouvernement, qui ont de domaine où finalement ça ne doit pas se passer très mal chez eux. Je pense que c’est une forme d’accompagnement qui n’est pas très efficace pour la démocratie.
Il y a eu l’Accord politique du 13 août 2007 et des différents accords avec les opposants de l’extérieur dont vous êtes concerné. Est-ce que vous pensez que ces accords peuvent conduire aux élections libres et transparentes ?
Les accords n’engagent que ceux qui les ont signés. Les accords et celui du 13 août ne suffisent pas pour assurer la transparence. Vous connaissez ma position, elle est claire là-dessus. On ne peut pas être juge et partie dans une coalition un peu faiblarde. Les rôles sont partagés : certains sont au gouvernement, d’autres sont à d’autres structures mais dépendant du gouvernement (comité de suivi de l’Accord du 13 août) et d’autres font rien du tout. L’Accord du 13 août ne constitue pas dans son application concrète un progrès parce qu’il ne contribue pas à une clarification. On ne peut pas être juge et partie et en même temps vouloir le changement en étant une coalition des partis politiques. Ensuite, appliquer le programme du MPS en étant membre du gouvernement. Ce n’est pas un gouvernement d’union nationale. Si Déby décrète demain qu’il faut contrôler la situation au Tchad, qu’il ait un gouvernement d’union nationale, et bien ce n’est pas le gouvernement qui est celui-là. Je crois que ce gouvernement là affaiblit plutôt la CPDC et l’Accord du 13 août, à part qu’il promet aux bailleurs de fonds qu’il convient très bien au gouvernement du Tchad. Même les partis qui sont représentés à l’Assemblée nationale et qui de droit devraient être représentés dans les sous Ceni ne le sont pas. Les partis de la CPDC qui ne sont pas représentés à l’Assemblée par contre sont largement représentés dans les sous Ceni. Le scénario est crée, donc je n’ai absolument aucune illusion.
Interview réalisée par Kaltoumi Tao Moussa 
Source: http://www.letchadanthropus-tribune.com/





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