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AFRIQUE

Tchad. "Je n’envisage pas retourner en Centrafrique avant une décennie"


- 6 Mars 2014 modifié le 6 Mars 2014 - 20:01

Un centre unique sous la houlette du HCR devrait accueillir les réfugiés centrafricains au Tchad.


Anadolu AA- Abdoulaye Adoum - N'Djamena

Tchad. "Je n’envisage pas retourner en Centrafrique avant une décennie"
Près de deux milles centrafricains s'entassent encore dans le centre social numéro 9, du quartier Chagoua, au 7ème arrondissement de Ndjamena. Depuis que le Haut Comité des Réfugiés (HCR) a entamé, il y a près d'une semaine, l'opération de leur transfert vers un centre de Goré, à la frontière tchado-centrafricaine, ils n'attendent que leur tour pour partir.
 
« L’on nous a fait savoir que notre transfert vers ce camp est pour bientôt, et donc, on attend. » s'impatiente Hamit, un ancien logisticien centrafricain de Médecins Sans Frontières (MSF), dans une déclaration à Anadolu.
 
Ce regroupement de tous les réfugiés centrafricains dans un camp unique à Goré, à la frontière tchado-centrafricaine, a commencé mercredi. L'objectif du HCR est d'offrir aux réfugiés centrafricains des conditions de vie décente. Depuis leur arrivée en catastrophe au Tchad, les Centrafricains ont été dipatchés et cantonnés dans divers centres sociaux de N'djamena. Depuis le 23 février, ils ont été regroupés au centre social numéro 9. Hassan Mbodou, chef d'antenne de ce centre, se dit "rassuré" quant à ce qui attendra ces réfugiés musulmans au camp de Goré. 
 
« Comme c’est le HCR qui s’occupe de la mise en œuvre de cette opération, les problèmes ne vont pas se poser » confie-t-il à Anadolu. Seulement, il faut au préalable procéder à un recensement exhaustif pour s’assurer que le site pourrait bien contenir tout ce monde» ajoute-t-il.
 
A l’initiative du gouvernement tchadien de rapatrier ses ressortissants, ces musulmans centrafricains ont profité de l'occasion pour fuir leur pays, laissant derrière eux biens, maisons et cadavres. Seul objectif: échapper aux exactions des anti-balakas, milice à dominante chrétienne pourchassant les musulmans, minoritaires dans ce pays enclavé. Après avoir tout perdu à Bangui, ils ne demandent qu'à être installés dans un endroit et penser -malgré tout- à l'avenir. Un avenir loin de leur pays, la Centrafrique, mis à feur et à sang.
 
« Si  l’on peut au moins être tranquille un tant soit peu, je ne vois pas d’inconvénient, l’essentiel, c’est d’être fixée à un endroit quelconque. Je n’envisage pas retourner en Centrafrique avant une décennie."
 
Moustapha Lamine et Ben moustapha, étaient chauffeurs de poids lourds à Bangui. Ils attendent le transfert au camp de Goré pour s'assurer sur le sort de leurs familles avant de reprendre la route vers un autre pays. Ils disent vouloir mener "une vie digne".
 
"Être pris en charge par le HCR, c’est accepter d’être nourrit par un tiers sans un avenir radieux. Mais où allons-nous habiter ? Et que devrons-nous faire et avec quoi, » s’interroge Moustapha Lamine, perdu.
 
 Des ponts aériens entre Bangui et N'Djamena ont amené  ces deux derniers mois15 000 personnes dans la capitale tchadienne. A part Goré, six villes du sud tchadien accueillent aujourd'hui des réfugiés, dont Doba Doyaba, selon des statistiques officielles tchadiennes.


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