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Revue de Presse

Tchad : Justice, Habré, arrestations, "sale quart d'heure des diplomates", la revue de presse


Alwihda Info | Par AWEINA DJOVOUNA - 8 Mai 2017 modifié le 8 Mai 2017 - 22:59


L’actualité tchadienne reste dominée, cette semaine, par deux événements : la condamnation de l’ex Président tchadien, Hissein Habré et une recrudescence de violation des droits humains.


Tchad : Justice, Habré, arrestations, "sale quart d'heure des diplomates", la revue de presse
POUR le premier sujet, l’hebdomadaire L’Observateur s’exclame à sa Une, « Le sort du « Lion » est scellé à jamais !». Ainsi, « ça y est pour la justice humaine, même si la justice divine l’attend toujours ! L’ex-dictateur tchadien Hissein Habré, qui a dirigé le Tchad d’une main de fer, finira ses jours en prison. Ainsi, en a décidé la Cour d’Appel des Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) qui a rendu son verdict final le 27 avril 2017, à Dakar au Sénégal. Plus aucun recours n’est possible. Fini l’exil doré de Sénégal. Le Lion de l’UNIR, l’homme fort de N’Djaména, a été rattrapé par l’histoire », s’émeut le Journal. C’est dans cet élan émotif que le confrère annonce, dans son Editorial, « Le crépuscule des dictateurs ». Même sentiment de la part du tri mensuel Tribune Info pour qui « Le Lion de l’UNIR condamné à perpétuité ». Pour ce Journal « La condamnation d’Hissein Habré n’est pas seulement la victoire juridique des victimes sur leur bourreau, mais aussi un message fort envoyé aux grands dictateurs africains qui se sont accrochés au pouvoir et qui torturent, arrêtent, tuent et inquiètent chaque jour leurs concitoyens… Quoiqu’il advienne, ces mégalomanes seront inquiétés au moment venu pour de nombreuses casseroles qu’ils traînent ».

C’est ce que prédit le Journal N’Djaména Bi-Hebdo. En effet, le confrère s’exclame dans son Editorial « Il payera ». Il explique « Le malaise est renforcé par le fait qu’en dehors des ex’agents de la DDS qui ont été condamnés en avril 2015 par un tribunal spécial à N’Djaména et qui purgent leurs peines à la prison de Moussoro, des acteurs clés du système Habré ont esquivé la justice », avant de préciser « C’est le cas d’Idriss Déby pour lequel les Chambres Africaines Extraordinaires se sont montrées particulièrement complaisantes, en dépit des dispositions qui leur permettent de le poursuivre ». L’Hebdomadaire Le Visionnaire renchérit « Bel exemple pour certains chefs d’Etats africains, qui, après avoir accédé au trône, s’illustrent par des pratiques inhumaines, atroces et revanchardes obligeant les populations les populations à se plier en deux. Et, comme ils connaissent évidemment ce qui les attend après leur règne, ils préfèrent s’éterniser au pouvoir et éviter d’être jugé et envoyé au taule ». Pourtant, l’hebdomadaire Le Sahel, proche du pouvoir informa que « les associations de défense des droits de l’Homme ainsi que certains partis au Tchad, notamment le parti au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) [du président Idriss Deby] se sont réjouis de l’issue heureuse en faveur des victimes de ce long feuilleton judiciaire ».

Un autre sujet traité richement, c’est celui de l’arrestation des activistes et leur procès. Pour N’Djaména Bi-Hebdo, « Après plusieurs jours de détention dans les lieux connus des seuls agents de l’Agence nationale de sécurité (Ans), les trois jeunes activistes ont comparu devant la chambre correctionnelle et de simple police le jeudi 27 avril 2017 ». C’est face à cette réalité que le confrère de déduire en titre « Le procès de la forfaiture ». Même son de cloche de la part de Le Visionnaire qui rapporte les propos du Me Dainonet Frédéric « C’est une forfaiture que le tribunal essaye de couvrir. Les preuves ne sont pas avérées ». C’est justement pour cela que les Chancelleries occidentales au Tchad, notamment la délégation de l’Union européenne, les Ambassades des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne, et la délégation de la Suisse ont fait une déclaration conjointe pour attirer l’attention de hautes autorités sur la recrudescence des violations des droits humains. Ce qui a fait piquer la colère du gouvernement du Tchad. Le Visionnaire de souligner « A la surprise générale, le régime Deby s’est fondu en larme et tape une colère sans commune mesure vis-à-vis des diplomates accrédités au Tchad. Du coup, le chef de la diplomatie tchadienne a été sommé de faire de remontrances aux chefs de la délégation de l’Union européenne et les Ambassades des France, d’Allemagne, des Etats-Unis et de la Suisse à propos de leur prise de position sur le non-respect des droits humains au Tchad ». Ce qui fait redouter notre confrère « Déjà, des observations avertis de la gestion du Tchad qualifient ce revirement spectaculaire du gouvernement tchadien à une blague de mauvais… ». C’est ce qui justifie ce titre : Idriss Deby joue avec le feu. Et justement, par rapport à la convocation de ces diplomates par le ministre des Affaires étrangères, notre confrère N’Djaména Bi-Hebdo conclut en ce titre : Sale quart d’heure des diplomates.