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EDITORIAL

Tchad : La Mairie impose et la population subit


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 23 Mai 2010 modifié le 23 Mai 2010 - 18:36


Tchad : La Mairie impose et la population subit

Par Abbas Abakar Abbas, Directeur du journal Alwihda Actualités.

Le mandat social du quinquennat actuel du Chef de l’Etat Idriss Deby Itno est-il mis à mal par les autorités de la mairie de N’Djaména avec leurs décisions imposées sans mesures d’accompagnement à la population N’Djaménoise. Ces décisions de la municipalité, force est de constater que le citoyen se rappelle de l’époque dictatoriale que le Tchad a traversé, durant laquelle, une décision est supra.

En effet, depuis quelques temps vous avez constaté certes, une avalanche de décisions des autorités de la municipalité, interdisant une chose à autre. Dans notre précédente parution du 13 mai dernier, nous avons évoqué l’interdiction unilatérale des « Léda » qui ont toujours servi la population. Les constructions bordant les rues et avenues bitumées seront de « force » reconstruites en matière durable. Pour un juriste, c’est le prix du développement…mais quel développement sans mesure d’accompagnement réplique un autre qui n’est pas le moindre que le premier.

Par l’entremise des arrondissements municipaux, la population du 2eme arrondissement a été demandée de faire creuser un puisard de 4 ou 5 mètres de profondeur en briques cuites et avec 1 mètre de profondeur rempli de charbon de bois, pourtant interdit dans le cadre de la lutte contre la désertification et pour un environnement sain. Le tout pour un délai d’un mois, suivi d’une amende de 90 000 f CFA, pour ceux qui refusent d’obtempérer, afin de faire évacuer les eaux usées et même celles qui coulent du robinet. Pour certains citoyens du 2eme arrondissement, c’est plutôt l’amende qui aurait intéressé les responsables dudit arrondissement, sinon comment comprendre un délai aussi court?

L’ensemble de ces décisions se repose pour ces autorités comme elles ont affirmé d’ailleurs, je cite : « le tchadien est un homme auquel il faut imposer pour faire appliquer une décision ». Où sont la démocratie et le respect de droit de l’homme pour lesquels, les valeurs républicaines sont instaurées et des sacrifices suprêmes ont été consentis par les idéaux de ce pays.

Les plus superstitieux s’offrent même le luxe de dire qu’avec une telle allure de pression non stop sur la population : Léda, construction en dur, puisard forcé etc., celle-ci finira par imploser avec des conséquences fâcheuses pour ces autorités. Sur quel calcul les autorités de la municipalité forcent-elles la population à construire en dur et creuser des puisards aussi coûteux que la quête quotidienne du pain, dont la plus grande majorité de tchadiens est en dessous du seuil de la pauvreté de 1 dollar par personne et par jour, pour pouvoir subvenir à ses besoins.

Il est vrai que le développement a un coût, mais ce coût ne peut être supporté que par la population. Autrement exprimé, c’est de l’imposition pure et simple sur une population qui se dit démocrate depuis deux décennies. Les élections futures ont pour nouveauté cette fois-ci les locales, qui donneront du fil à retordre pour ces autorités municipales qui empilent chaque jour, que Dieu fait, des décisions sans lendemain meilleur.


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