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Spécial Mali

Tchad : La bourde du gouvernement malien !


Alwihda Info | Par Guetane Moussa - 15 Mars 2013 modifié le 16 Mars 2013 - 00:01


L'armée tchadienne en plein désert malien. Crédits photos : Abdelnasser Gorboa
L'armée tchadienne en plein désert malien. Crédits photos : Abdelnasser Gorboa
Le sacrifice suprême 26 de nos martyrs et la blessure de plusieurs d’entre eux engagés dans la lutte contre l’obscurantisme au nord Mali a été un véritable choc qui a ébranlé les familles des illustres disparus et le peuple Tchadien dans son ensemble. Au moment où nous avons engagés un processus douloureux de deuil national, nombreux sont qui avaient envoyés des délégations pour compatir avec notre pays. Le Mali, le principal concerné dans ce conflit n’a même pas daigné dépêcher une délégation pour assister à la cérémonie lors des obsèques des disparus.
 
Cette bourde, ce manque de courtoisie diplomatique et l’ingratitude du gouvernement malien nous désole énormément. Nous ne pouvons comprendre que des officiers supérieurs et des soldats aient sacrifiés leur vie pour défendre la légalité au Mali sans que le gouvernement de ce pays ait la décence d’assister à la cérémonie de deuil national. Ce même gouvernement dans sa cécité n’a même pas fait le geste de décorer ces braves martyrs préférant élevés à titre posthume des soldats français tombés sur le terrain ainsi que deux soldats togolais décédés de suite d’un accident de la route. Un soldat tchadien n’a-t-il pas la même valeur qu’un soldat français ou togolais? Pourquoi les autorités maliennes ont-elles agi de la sorte envers nos soldats? Est-il raisonnable encore que des soldats tchadiens perdent leur vie sans que le gouvernement du pays concerné ne puisse compatir avec nous?
 
Aujourd’hui, en dépit du rôle primordial de nos soldats en véritables renards du désert qui ont su changer le cours des événements au Mali sans recevoir en retour les honneurs et la reconnaissance qui leur revient. Médiatiquement boudés, nos soldats se battent avec courage et professionnalisme sans tenir compte de la campagne de dénigrement des organes de presse français qui claironnent à longueur d’onde sur les prouesses des soldats français sans faire aucune allusion aux rôles prépondérant des FATIM dans la conduite des opérations. Pour beaucoup, la France se bat seule au Mali, les FATIM n’existent que de nom. Cette manière de faire nous révolte et soulève la question de savoir s’il n’était pas judicieux pour nous de faire l’économie du capital humain, de nos moyens financiers et matériels engagés au Mali. Ces millions de francs CFA pourraient servir à construire et bâtir des infrastructures bénéfiques pour la population tchadienne, mais comme nos autorités et la majorité des Tchadiens, croyons à la justesse de la lutte contre les obscurantistes et les narcotrafiquants au nord Mali et partout dans le monde, nous ne pouvons qu’encourager et saluer les soldats tchadiens au Mali en leur disant toute notre reconnaissance et celle de la patrie toute entière.
 
Malgré les dérobades de la CEDEAO, l’ingratitude des autorités maliennes, la duplicité et l’ambigüité des Français et leur organe de presse, notre pays mènera à terme son engagement au Mali. Nous ne cesseront jamais de nous étonner du comportement des pays de l’Afrique de l’Ouest qui parlent de manque de moyens financiers et logistiques pour intervenir au Mali alors qu’ils sont les premiers concernés. Comment comprendre qu’une organisation sous-régionale de l’envergure de la CEDEAO ne puisse avoir les moyens nécessaires pour déployer des forces au Mali? Nous sommes certains qu’ils attendront que tous les risques soient circonscrits avant de s’engager sur le terrain. Notre ressentiment est grand par rapport au mépris affiché par rapport au rôle capital de nos militaires au Mali, car il n’est pas question que  nos compatriotes sacrifient leur vie et que les autres en tirent le bénéfice médiatique et politique. Le gouvernement malien, la France et la CEDEAO sont-ils prêts à reconnaitre la place qui revient au Tchad dans la lutte contre le terrorisme au Mali?
 
Notre pays qui se bat sur deux fronts dont celui orchestré par la presse française qui conjugue ses efforts et ne ménage pas ses moyens pour faire l’apologie du néocolonialisme reléguant les FATIM au même scandale de l’oubli qu’avaient subis les soldats africains ayant participés à la grande guerre aux cotés des forces alliées pour libérer la France. Ces vaillants soldats subsahariens et nord africains ont été tout simplement effacés de l’actualité aux profits de leur frère d’arme français. Cette hypocrisie des autorités françaises et leurs officines de campagnes sont rejoins malheureusement par un pays africain, le Mali principal concerné dans la lutte contre le terrorisme. Ce pays à peine secouru avait oublié que les terroristes ont été chassées et anéantis non seulement par la France, mais aussi par les FATIM qui sont aux premières lignes dans des zones difficiles d’accès allant même dans des combats à corps à corps avec les bandits barbus.
 
Le mérite et le baroud d’honneur ne doivent pas seulement revenir à la France et au Président François Hollande. Notre Président Idriss Deby Itno doit également recevoir la reconnaissance de ses pairs et tout le peuple Malien. Le courage et la croyance de Monsieur Idriss Deby en la capacité nos forces armées démontrent à suffisance que notre pays entend s’impliquer pleinement dans la paix, la justice sociale et l’égalité au Tchad et dans le reste de l’Afrique. Nous sommes rassurés que, l’Armée Nationale Tchadienne(ANT) est prête et le sera toujours pour défendre notre pays de toute menace interne ou externe. L’engagement pour une vigile nationale visant à déjouer toute menace terroriste sur toute l’étendue du territoire national ne doit déroger à la règle. Chaque tchadienne ou Tchadien doit être l’œil, l’ouïe et le rempart contre toute intrusion terroriste. Boko Haram, AQMI, MUJAO et consorts ne sont pas loin, ils peuvent frapper au cœur de notre pays pour laver l’affront fait par nos héros à leur troupe au Mali. Ils peuvent frapper à N’Djamena, à Moundou, à Abéché, à Faya ou partout ailleurs au Tchad où la vigilance qui doit être de mise. Chaque tchadien doit sensibiliser son entourage sur l’importance d’une initiative de vigilance nationale.
 
Nous avions interpellés dans un article précédent (Cf. article Alwihda : Joseph Dadnadji, un nouveau style?), les autorités sur l’oubli qui frappe les militaires tombés sur le champ d’honneur ou blessés. Nous avions parlés de l’absence d’un cimetière militaire pour inhumer avec dignité et honneur tous ceux qui sacrifient leur vie pour le Tchad. Notre inquiétude a été prise en compte et nous sommes convaincus que cela n’est pas seulement une coïncidence. Nous demandons que le gouvernement songe à créer des structures pour l’hébergement et le soin des militaires et leur famille dont la prise en charge des cas de stress de syndrome post-traumatique. Notre pays doit également songer aux proches des martyrs en mettant un fond spécial pour venir en aide aux progénitures des militaires décédés en service pour le pays. Alwihda salue la courageuse  décision du gouvernement d’ériger un monument à la mémoire de tous nos soldats tombés sur le champ d’honneur pour la gloire de la patrie. Pour finir, on doit savoir que les militaires blessés n’ont pas seulement besoin des soins physiques, il faut également soigner les blessures psychologiques.

Guetane Moussa


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