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Tchad : Précarité alarmante de l'emploi chez les jeunes, selon un rapport


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 17 Février 2017 modifié le 17 Février 2017 - 19:52


Le collectif des associations et mouvements de jeunes du Tchad a rendu public aujourd'hui son rapport sur la situation de la jeunesse. Il avertit sur la montée en flèche du chômage et les risques.


Tchad : Précarité alarmante de l'emploi chez les jeunes, selon un rapport
La majorité de personnes identifiées comme chômeurs sont des jeunes dont l’âge se situe entre 15 et 30 ans (54%). La crise économique que connait le pays a non seulement rendu l’accès à l’emploi difficile, voire impossible, mais aussi précaires les emplois existantes. Depuis plus de deux (2) ans de nombreuses entreprises procédaient à des licenciements massifs au mépris de la législation du travail. C’est ainsi que, plus de 63% des salariés de certaines entreprises sont mis à la porte, soit en instance de licenciement. Plus de 80% des victimes sont des jeunes de moins de 35 ans, révèle le Collectif des Associations et Mouvements de Jeunes du Tchad (CAMOJET) dans un rapport rendu public aujourd'hui et parvenu à Alwihda Info.

Un taux de chômage "anormalement élevé" 

Malgré cette situation, le Gouvernement du Tchad manque des stratégies d’embauche pour la plupart des jeunes diplômés sans emploi. Le taux de chômage au Tchad est anormalement élevé. Mais personne n’ose penser à définir des orientations fiables pouvant donner l’espoir de vie active aux jeunes. La problématique inquiète les concernés puis qu’il n’y a aucune politique concertée et orientée vers leur avenir, à titre d’exemple : au début de l’année 2016, le gouvernement a fait la déclaration qu’il n’y aura pas d’intégration des jeunes à la fonction publique cette année. Le Gouvernement a pris de décision sans toute fois prendre des mesures idoines pour que le secteur privé soit en mesure d’absorber le chômage, explique le CAMOJET.

Des projets en faveur de l'entreprenariat, 50 000 emplois à l'horizon 2025

Le CAMOJET a initié un projet favorisant l’entreprenariat des jeunes en collaboration avec une équipe de la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’Organisation Internationale de Travail (OIT). C’est un projet orienté vers l’agro-alimentaire et qui prévoit plus de 50 000 emplois à l’horizon 2025.

L’organisation conjointe le 22 octobre 2016 par le CAMOJET, en partenariat avec la Fédération des Syndicats de Services Publics du Tchad (FST) d’une journée de réflexion sur la problématique de l’emploi et chômage des jeunes, témoigne de "sa volonté à trouver des solutions efficaces contre la précarité de l’emploi et le chômage des jeunes".

Le collectif appelle les Départements en charge de l’emploi sont appelés à "plancher sur le devenir du pays et celui des jeunes en créant des emplois orientés vers le développement durable. Cela, en vue de réduire la pauvreté qui gangrène notre société et, particulièrement la jeunesse."

"Frustrations et sentiments d'injustice"

Les structures de facilitation d’accès à l’emploi manquent dans les instances d’Etat. "C’est préoccupant quand on sait que le gouvernement n’a pas un mécanisme fiable et garantissant la transparence dans le recrutement. Ce qui répercute de manière navrante sur la vie socio-économique du pays, en créant des frustrations et des sentiments d’injustice", explique le rapport.

Des conséquences sur l'aggravation de l'insécurité

Le manque de l’emploi des jeunes actifs et au sein des couches vulnérables accentue davantage leur paupérisation et aggrave l’insécurité dans certaines localités de nos régions ou encore principalement à N’Djamena. Le plus souvent, dans ce pays, les sans-emploi, les diplômés chômeurs, sont parfois conduits à se livrer à des activités peu honorables et délictuelles. Nous pouvons citer, entre autres, l’alcool, la prostitution, la violence, le suicide, l’abandon de famille, explique le collectif.

Et d'ajouter que "la discrimination des jeunes sur le marché de l’emploi est une réalité malheureusement au Tchad. La culture de la méritocratie et la promotion de l’intérêt général doivent constituer le crédo des employeurs tant dans le public que le privé. Les jeunes doivent cultiver l’excellence, l’honnêteté, l’intégrité et le travail bien fait pour pouvoir s’imposer sur le marché de l’emploi".

Des initiatives du gouvernement pour promouvoir l'entreprenariat 

Au niveau de l’entreprenariat et l’insertion socio-économique de jeunes, bien qu’il y ait eu beaucoup des initiatives telles que le Fonds National d’Appui à la Jeunesse (FONAJ), l’Office National de Promotion de l’Emploi (ONAPE), "la situation de la jeunesse demeure désastreuse. Le budget du FONAJ qui s’élève à plus de 1,56 milliards et celui de l’ONAPE à près de 2,38 milliards de FCFA, ont servi des moyens de détournement à certaines personnalités et n’ont eu aucun impact réel sur les jeunes", s'étonne le collectif dans son rapport, tandis que "les jeunes du monde rural sont les oubliés des initiatives gouvernementales de développement, car ils ne sont pas pris sérieusement en compte, ni par les différents fonds (FONAP, FONAJ, FONAT, FNDS) et moins encore par les organismes d’appui au monde rural (PNSA, ONASA, ONDR, PADIAT etc.)".

Cette situation de chômage et de précarité de l’emploi que traverse la jeunesse est rendue plus complexe par la crise économique que connait le pays actuellement. Cette crise a affaibli les Institutions de la République et a causé des grèves et des grognes dans la société.

"Le Gouvernement, au lieu d’instaurer un dialogue franc et sincère avec ses partenaires sociaux, malheureusement il a agit de manière peu démocratique, caractérisée par l’étouffement de toute protestation aussi légale et légitime, soit-elle. On s’achemine donc inévitablement vers l’affaiblissement de notre jeune démocratie", alerte le collectif qui appelle au dialogue.

Le CAMOTE exige la démission du Gouvernement, la poursuite judiciaire des détourneurs des biens publics, la levée immédiate des mesures "impopulaires et antisociales", le redressement des régies financières "pour une gestion transparente" et le rapatriement des fonds des Tchadiens logés dans les paradis fiscaux.



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