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COMMUNIQUE

Tchad : Recensement des abris dans les camps des réfugiés


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 8 Mars 2011 modifié le 8 Mars 2011 - 06:10

Au camp de Milé et de Kounoungou où SECADEV est responsable du secteur de l'environnement, les sites de distribution de bois sont vides. Il n'y a pas le moindre tas de bois.


Les familles rurales utilisent en exclusivité du bois mort pour faire cuire leurs aliments. Depuis 2009, l'on assiste à une raréfaction rapide des ressources ligneuses due à la double pression exercée par les réfugiés et les autochtones. Les réfugiés sont directement concernés par cette situation puisque le ravitaillement des camps en bois se fait à partir des villages environnants.

 

Au camp de Milé et de Kounoungou où SECADEV est responsable du secteur de l'environnement, les sites de distribution de bois sont vides. Il n'y a pas le moindre tas de bois.

 

«Cela fait deux mois que nous attendons la livraison de bois par les transporteurs mais en vains. Nous n'avons pas pu faire la distribution de bois pour le mois de janvier à cause d'un problème de ravitaillement», indique Nourène Mahamoudi, agent de SECADEV chargé de la distribution de bois au camp de Milé. La distribution de bois pour le mois de février a commencé le 22 et a été suspendue après que les neuf tonnes de bois livrées à la mi-février se sont épuisées. Pour couvrir les besoins de chaque réfugié, il faut environ 70 à 75 tonnes de bois par mois.

 

Mahamoudi se souvient que par le passé les transporteurs faisaient deux à trois voyages par jour alors que maintenant ils mettent deux à trois jours pour ramener un voyage de trois tonnes de bois. Pour les deux camps de Guéréda, Kounoungou et Milé, Il faut 150 tonnes de bois par mois, soit cinquante voyages de trois tonnes. Si l'on tient compte du rythme actuel, il faudra attendre trois à quatre mois pour entreposer les 150 tonnes nécessaires pour faire une seule distribution mensuelle.

 

La raréfaction de bois fait que les sites de collecte s'éloignent de plus en plus des camps et les transporteurs parcourent toujours plus de distance que d'habitude. «Le site le plus proche se situe dans le canton Wlikouré à 70 km à l'Est de Guereda» informe Mahamoudi.
Cette situation est à l'origine de la surenchère observée chez les collecteurs de bois. Ceux-ci exigent des transporteurs le versement préalable de leur prime avant tout chargement. Cette exigence ne sied guère aux commerçants transporteurs lorsqu'on sait qu'ils sont payés après livraison du bois.

 

La situation est telle que les réfugiés en particulier les femmes et les filles sont obligés de sortir des camps pour collecter du bois. Cela rapelle la situation de départ où les réfugiés et les autochtones se disputaient le bois. Les autochtones dont la situation économique est bien en deçà de celle des réfugiés ne supportent pas que ces derniers, malgré la prise en charge humanitaire internationale partagent avec eux leurs maigres ressources.
Quelles solutions à l'immédiat ?

 

La recherche des solutions à la crise de l'énergie domestique a commencé dès le début de la crise humanitaire à l'Est du Tchad. En 2006, l'UNHCR et ses partenaires de mise en œuvre ont introduit les foyers améliorés Save80, les foyers améliorés métalliques de fabrication locale et les foyers en banco dans les camps. Cette solution pourrait devenir inefficace si le bois venait à tarir complètement.

 

Les acteurs humanitaires impliqués dans les questions environnementales se sont tournés vers des solutions de substitution. Dans les camps du Nord, à savoir Amnaback, Iridimi, Ouré Casoni et Touloum où le bois n'existe pas, les réfugiés utilisent des réchauds à pétrole. Va-t-on opter pour cette solution en faveur des réfugiés des camps de Milé et Kounoungou ?
Le cuiseur solaire, une nouvelle méthode testée dans les camps ci-haut cités est une solution de rechange mais son inconvénient est qu'il demande une très longue durée de cuisson. La briquette, un autre combustible aussi en expérimentation à l'Est, peine à s'imposer à cause d'une difficile combustion en période d'humidité et dégage trop de fumée à en croire les ménagères.

 

En définitive, ni les foyers améliorés, ni les le cuiseur solaire, moins encore la briquette pourront solutionner la crise énergétique qui s'installe à grand pas. Les acteurs humanitaires doivent faire vite pour qu'une solution soit trouvée et éviter un regain de heurts autour de l'exploitation des ressources naturelles. D'aucuns pensent à cet effet au gaz butane mais cette solution ne semble pas envisageable pour la simple raison que même à N'Djamena la capitale la bouteille de gaz est rare. L'utilisation du butane est d'autant plus hypothéquée que le gaz pourrait provoquer des incendies, sachant que l'habitat des camps est dominé par des matériaux facilement inflammables tels que les tiges.



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