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ANALYSE

Tchad : Saleh Kebzabo s'inquiète de la "détresse aussi grande" des paysans tchadiens


Alwihda Info | Par Saleh Kebzabo - 19 Février 2017 modifié le 19 Février 2017 - 09:25


L'opposant Saleh Kebzabo. Crédit photo : Sources
L'opposant Saleh Kebzabo. Crédit photo : Sources
Jamais, depuis près d'un siècle que les Tchadiens cultivent le coton, les paysans tchadiens n'ont connu une détresse aussi grande et inhumaine : environ 4 millions de personnes qui en vivent directement attendent au moins l'enlèvement du coton par la société cotonnière, tandis que tous les acteurs économiques qui en vivent indirectement commencent à être dans le désarroi ; transporteurs, fournisseurs de carburants, de pièces détachées, de matériels et de fournitures de bureau, vendeurs de savon, d'huile de tourteaux et de graine.

L'ampleur des dégâts est énorme parce que l'ordonnance du gouvernement portant aval du prêt bancaire pour l'achat du coton et le financement de la productivité, n'a eu aucun effet auprès des banques tchadiennes et à l'extérieure. L'Etat étant insolvable, il ne peut rien avaliser.

C'est une crise sans précédent que connait le Tchad, aussi grave que la crise financière qui a mis le pays en banqueroute. Le gouvernement garde un silence coupable qu'il faut dénoncer, car c'est en lui, par son incurie, qui a provoqué ce drame. La mauvaise gestion de la Cotontchad, dénoncée en son temps, a eu comme conséquence une dette de plus de 9 milliards de francs due aux paysans, sans compter les détournements colossaux au sein de la société.

Curieusement, c'est la période choisie par le gouvernement pour promouvoir une nouvelle société cotonnière dont les principaux partenaires sont Soudanais. Il sera octroyé à cette entreprise 500 000 ha de terres tchadiennes sans aucune procédure préalable. Ce sont d'abord le Salamat et le Guéra qui avaient été choisi à la hâte. Puis on y a ajouté le Mayo Kebbi et le Chari Baguirmi. Aucune étude préalable n'a été menée : financière, humaine, géographique, physique, juridique et environnementale, etc.

Comme à son habitude, le gouvernement s'est lancé dans cette nouvelle aventure cotonnière sans consulter les populations et apparemment, sans tirer les leçons des échecs accumulés par la Cotontchad. Le bon sens commandait en effet de mettre sur le tapis la problématique de la culture du coton au Tchad avant toute autre initiative.

De ce qui précède, je lance un pressant appel à la société civile et aux élites concernées pour venir d'urgence au secours des cotonculteurs victimes de l'inertie du gouvernement dont les conséquences sociales ajoutées aux autres, seront dramatiques. Il nous revient impérieusement, de soutenir les cotonculteurs et toutes les victimes de la mauvaise gouvernance.

Saleh Kebzabo