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Tchad: contribution du 18 Juin 2008 relative à l’Appel du 12 Février 2008


Alwihda Info | Par - ҖЭBIЯ - - 19 Juin 2008 modifié le 19 Juin 2008 - 17:33

Le Chef à vie ! de l’état actuel de notre pays « bunkérise » Ndjamena, abattant ses arbres parfois centenaires, la ceinturant d’immenses tranchés : poignardant la terre d’une ville devenue un gigantesque camp de concentration de près de un million et demi d’âmes. Des enfants des faubourgs sont ainsi coupés de l’école, des producteurs et/ou vendeurs des produits vivriers, maraîchers, laitiers, bois de chauffe, charbon… et de la pêche sont contraint à d’inimaginables détours pour alimenter une véritable « cité-blockhaus ». En réponse au Chef à vie ! de l’Etat actuel de notre pays, « Je suis le seul tchadien », les gens à Ndjamena rétorquent : « Les tranchées sont la nouvelle frontière du Tchad de Idriss Déby, au delà c’est le Soudan ».


Tchad: contribution du 18 Juin 2008 relative à l’Appel du 12 Février 2008

Par Souleymane Abdallah

Convention pour une Entente Sociétale pour l’Action pour un Mouvement d’Emancipation

C.E.S.AM.E

Objet : Contribution du 18 Juin 2008 relative à l’Appel du 12 Février 2008 pour un Rassemblement National Républicain pour le Tchad coordonné par le Professeur Facho Balaam.
(Synopsis 1)

Notre pays, la République du Tchad, vit un des épisodes le plus dramatiques de son histoire : cela au moment où, semble-t-il, il déborde de matière grise, d’or noir et bénéficie, de la plus « impressionnante diligence humanitairo-sécuritaire » de tous les temps !

Le monde entier se trouve littéralement submergé par une extraordinaire et théâtrale apologie macabre : tour à tour, nous sommes, les uns, porteurs d’une anachronique morbidité et, les autres, des chantres d’une légendaire pulsion cruelle !

En somme, le sol de notre pays, le Tchad, produirait des êtres bien pires que les nazis, les ségrégationnistes du Ku Klux Klan, les racistes de l’Apartheid… : notre hallucinante odyssée nationale est sur les télés, toutes les radios, la Netcom et autres moyens massifs de sensibilisation.

Pour apostropher le Président Mitterrand, la dignité, l’intégrité, la fierté de groupes humains tchadiens et ceux également - à travers la ténébreuse équipée dite de sauvetage de 103 enfants du Darfour - de solidaires familles de France sont ainsi « jeter aux chiens ».
Toutes les justifications du monde n’autorisent de si profondes meurtrissures des consciences collectives, de si amples chocs enregistrés par l’imaginaire populaire dans notre pays et ailleurs.

Aussi, après près de six décennies d’administration coloniale française, près de cinq décennies de souveraineté nationale, une interrogation traverse naturellement l’esprit de chacune et chacun de nous : comment notre pays, la République du Tchad, en est arrivé là ? :
Par ce propos, nous essayons, autant que faire se peut, d’apporter un éclairage, que nous espérons, plutôt digne de notre passé commun, utile pour une substantielle compréhension de la tragique situation actuelle et nécessaire pour une prospection de l’avenir.

Notre simple conviction est que nous, enfants de la République du Tchad toute entière - soumis à l’une des plus déraisonnables réalités politiques que le monde contemporain ait connu - qui endurons aujourd’hui des dures épreuves sauront retrouver le chemin de l’espoir.

« C’est ici (au Tchad) que le Gouverneur Eboué (Grand Antillais !) a uni la plus noble fidélité à la France à la plus lucide confiance dans les qualités africaines….La France peut être au moins fière de cette nuit… ». Pour le Général De Gaule, Monsieur André Malraux.

- 1900-1960 : près de six décennies de période coloniale s’achèvent, les effets du choc de la pénétration française se dissipent : progressivement, le contexte national et un cadre étatique unitaire tchadien se forme :
par delà divers ressentiments, celui-ci se fonde sur une floraison de liens humains ; sur une saisissante interpénétration culturelle ; sur une modeste mais sensible intégration continue et prometteuse des différentes potentialités économiques.

Le 11 Août 1960, la République du Tchad, notre pays, accède, en tant qu’Etat indépendant, à la Souveraineté Nationale : conformément à l’engagement du Général De Gaule, de Brazzaville en 1944 ; relatif à la nécessaire Emancipation de toute l’Afrique encore française.

Fait rare dans l’Histoire, le moment fondateur de notre entité nationale souveraine est marqué du sceau de la considération sincère, de l’amitié méritoire, bref du sceau intouchable de l’Histoire qui lie la République de France au Tchad comme à une partie de l’Afrique.
Le sentiment propre du Chef de la France Libre donné par André.Malraux en témoigne :
« …Votre destin et celui de la France libre se sont accomplis côte à côte. C’est de cette ville que partit l’épopée qui conduisit le Général Leclerc à Strasbourg ; c’est ici que le Gouverneur Eboué (Grand Antillais !) a uni la plus noble fidélité à la France à la plus lucide confiance dans les qualités africaines….La France peut être au moins fière de cette nuit… ».

Le Tchad, premier territoire de France ! (de Douala à Abéché à Koufra, de Toulon à Alger à… ,de Fort-de- France à Dakar à Libreville…) à répondre à l’appel du 18 Juin 1940 est ainsi historiquement distingué.

Et pourtant ! Des Compagnons De La Libération. Saras, Arabes, Hadjeraïs …y sortiront ; Parmi les tous premiers ! : ce rappel donne, en lui-même, la mesure du renversant contraste qui, hélas aujourd’hui, recouvre l’ensemble de ces liens profonds, vivants et indéfectibles. Notre pays comprenait bien des yal nass, des saras, des arabes, des bananas, des kanembous des hadjeraïs, des goranes, des ouaddaïens, des fezzanais, des zakhawas, des bornos, des fallatas, des djallabas, des haoussas, des camerounais, des gnamiris, des métis, des congos, des douamés, des toundjour, des sénégals, des kinines …et même de grecs, des syro-libanais, des martiniquais, des turcs et un Polonais (Dradzyck).. qui musulmans, chrétiens, Margaïs, Yondos, Chaddara et Massasses…de cultivateurs, éleveurs, pêcheurs, maçons, boulangers, briquetiers, mécaniciens, tire-moutons, yal bandits, des faraks …

La réalité, tant physique que socioéconomique ou politique que culturelle, de cette époque n’est pas méconnue : bien au contraire, tant l’administration coloniale que l’Etat indépendant tchadien qui lui a succédé en était substantiellement informée.

De ce point de vue, voilà ce que nous retenons de la fresque d’un chercheur - « - …si l’Afrique parait presque immuable dans ses paysages, ses genres de vie, ses habitants mêmes, au voyageur qui se déplace suivant tel ou tel parallèle…il devient un pays changeant… : les transitions…sont absentes ; on passe…comme en un clin d’œil de la steppe au désert…du bœuf au chameau, du paysan sédentaire au pasteur nomade ;

Et des appréhensions tout à fait lucides sur l’agrégation du pays :

- personne ne discute aujourd’hui…le territoire du Tchad… : un Tchad…à vocation pastorale… ; …à vocation agricole… ;
- Ces notions…ne permettent pas de séparer le pays… ;
- « L’un des traits…de cette histoire, c’est que n’y est…évoqué…des tribus arabes… ;
- …la langue arabe s’est répandue en même temps que l’Islam… ; et ces emprunts débordants le cadre de la religion et de la langue ont affecté jusqu’aux genres de vie : avec un bonheur variable, conditionné par le milieu géographique, le paysan a mis en pratique les techniques d’élevage observées chez le pasteur. Et le phénomène n’est plus cette fois-ci à sens unique puisque on peut voir des éleveurs traditionnels…qui, loin d’abandonner l’élevage deviennent cependant des cultivateurs prospères.

- Ce qu’il faut surtout souligner, c’est que cette évolution culturelle et économique qui se manifestait comme à l’état larvaire jusqu’au début de ce siècle, prend grâce au catalyseur français, un essor prodigieux, en accélération constante, et qui éclate en ce moment même sous nos yeux. C’est là une révolution considérable qui a précédé, et accompagne maintenant la révolution politique qui vient d’être déclenchée ».

- « …les limites naturelles avec les pays et territoires voisins sont infiniment moins faciles à définir : disons plutôt qu’elles n’existent pas…le Ouaddaï se prolonge au Darfour…le Kanem s’étend au Niger avec…les mêmes populations…» ;

- « …il n’existe pas dans toute l’Afrique française de pays qui soit aussi sévèrement maltraité dans ses conditions naturelles d’existence… »..
C’est donc à l’Etat républicain national tchadien indépendant - en s’appuyant sur la coopération bilatérale entre la République de France et la République du Tchad mais aussi sur la solidarité interafricaine et internationale - d’impulser le nouvel élan qui doit :
- consolider un devenir unitaire, prospère, démocratique et ouvert pour notre jeune nation.
Dit autrement, au centre des préoccupations des autorités nationales de notre pays, de nos institutions politiques, publiques ou sociétales propres ou nouvelles se doivent d’être, en même temps :
- le strict respect des bases et fondements légaux et rationnels de l’Etat républicain, l’amélioration relative des conditions de vie des gens, le souci d’un développement national harmonieux, le maintien de sa place en Afrique, auprès de ses amis et dans le monde.

« Il n’y a eu de…. (Pays) que grâce à l’Etat. … (le Pays)… ne peut se maintenir que grâce à lui. Charles De Gaule.

- 1960-1975 : Le 11 Août 1960, la République du Tchad, notre pays, Etat indépendant, est membre de la Communauté des Nations. Le contexte mondial est marqué par les rivalités entre les blocs est/ouest, le conflit du Proche-Orient…
Comme d’autres jeunes Etats africains ou ceux d’autres continents appelés pays du tiers-monde, la République du Tchad adhère au mouvement des Non-alignés : tout en étant lié par d’étroits accords de coopération techniques, civils et militaires avec la République de France.

Par delà la relative modestie de ses ressources, une assemblée pluraliste siégeait, l’école et la santé publiques étaient gratuites, une administration centrale et territoriale ainsi que des forces de défense et de sécurité fonctionnaient plutôt normalement.

Les échanges internes des produits de consommation agropastorale et vivrière se développent : les bases d’une économie nationale favorable à la prise de conscience d’une complémentarité de diverses potentialités sociales nationales se structurent progressivement. Une satisfaction relative des besoins sociaux les plus éminents comme l’éducation des enfants, l’autosuffisance alimentaire, l’accès aux services de santé, la sécurité des personnes et des biens, l’ordre public…étaient assurés..

Fait remarquable, la diversité et la richesse culturelle, musicale, artisanale, cultuelle s’entre-découvrent et s’entremêlent à travers le ballet national, des orchestres, des manifestations et célébrations populaires communautaires.

L’encadrement de la pratique sportive produit des résultats intéressants : il participe à l’intégration de la jeunesse et à un rayonnement du pays… : des athlètes tchadiens sont champions de la sous-région, d’autres brillent à Paris, Nantes…
La stabilité relative des institutions politiques et administratives se conforte d’une bonne tenue des domaines et édifices publiques ainsi que d’un fonctionnement satisfaisant de petites unités de production industrielle…

L’Etat, ses différentes bases légales et rationnelles et son autorité, est un référent servis par les grands commis, respecté par des fonctionnaires et divers agents, reconnu par la majeure partie des citoyennes et citoyens de la République du Tchad et par tout résident.
Il apparaît aujourd’hui que cette phase est celle où notre pays a connu un relatif essor : un des paradoxes le plus déconcertant est que la plupart des figures marquantes de ces désastreuses trente dernières années d’instabilité en est le produit ; y compris Idriss Deby.
Cette interruption de l’évolution prometteuse est souvent liée au dérapage du premier régime civil - et jusqu’à nos jours le dernier, en tant que tel - qu’à connu notre pays : né sous le multipartisme, celui-ci opte pour le système de parti unique.

L’objectif du pouvoir était de renforcer la gestion de notre pays, de consolider son unité nationale, de favoriser son développement : ce choix va plutôt exacerber des antagonismes politiques latents auxquels s’ajouteront, hélas, toutes vogues de contestations nouvelles.
Le débat politique ainsi ouvert ne cesse de s’amplifier : la jeunesse de nos institutions nationales, celle de notre classe politique et la faible prégnance relative de l’esprit civique chez nombre de gens sera progressivement prise à défaut.

Débordant les cadres locaux indiqués, échappant aux protagonistes initiaux, le climat politique débouche, dans un premier temps, sur une crise politique aux contours manichéens : des valets d’une « domination néocolonialiste » face à des agents d’une « sédition révolutionnaire ».
Plus tard, l’on y voit un menaçant panarabisme nassérien, une redoutable pénétration israélienne, un imminent péril communiste, un insatiable appétit impérialiste, une indéfinissable légion islamique, un maléfique réseau françaficaniste…

L’explication de la crise politique nationale tchadienne actuelle est, c’est le moins qu’on puise dire, non moins empruntée : des « mythologiques cavaliers de l’apocalypse » dits djandjawid contre des « mythiques chevaliers » de l’espérance » dit Toroboro.
Les multiples convulsions qui émaillent l’évolution politique de notre pays s’appuyant sur ce genre de fantasmatiques motivations déchaînent d’obscures passions, d’incontrôlables pulsions, de frénétiques mobilisations servant souvent d’irrationnelles velléitaires politiques.
Un adage tchadien dit : « radjil kan zil da aboungada koullou yi soubga » : quand un homme est furax même une tortue va plus vite que lui : blessé par de multiples oppressions, notre peuple plonge inexorablement dans le déchirement, et notre pays dans la destruction et la ruine.

Ces tragiques errements - couteux en vies humaines, en énergies, en moyens - portent gravement atteinte à nos liens endogènes et amicaux avec des peuples voisins ou lointains : les cris de colère s’élèvent tantôt contre la Libye, le Soudan ou aujourd’hui contre la France.
Ceci dit, le départ du pouvoir du Général De Gaule au début des années 70 n’est pas sans effets sur les liens entre la France et l’Afrique : des pesanteurs d’un monde qui change et le style des nouveaux dirigeants français bouleversent les rapports officiels avec nos pays.
C’est dans ce cours que nos autorités nationales déclenchent une révolution dite culturelle et sociale afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire, de renforcer la production des cultures d’exportation en se basant sur une politique dite d’authenticité nationale.

La majeure partie du pays n’accepte pas ces mesures : même si la production cotonnière atteint un record, pour les fonctionnaires, militaires, universitaires ou intellectuels en exil, les chefs de la rébellion ; c’est la dictature totale qui est ainsi ouvertement envisagée.
Une excessive dérive autoritaire renforce ce sentiment : le Père de la Nation devenant peu à peu le Grand dictateur. Un pamphlet écrit dans une de nos langues nationales le décrit ainsi : « Ngar ta ki bal » : Ngarta roi des menteurs.

« Rien n’est plus capital que la légitimité, les institutions et le fonctionnement de l’Etat. ». Charles De Gaule.

- 1975-1990 : Dans le pays, les résistances se renforcent : le 13 avril 1975, un coup d’Etat militaire renverse le premier et seul régime civil. Le Frolinat, un mouvement armé tchadien - dont l’ampleur croît anarchiquement - affirme sa présence sur le territoire national.
Les putschistes de l’armée nationale régulière dévoilent au pays la face sombre du régime précédent : retransmis par la radio officielle, sont égrenées, sur la place de l’Indépendance, des centaines de noms de « détenus politiques » libérés, tués et disparus…jusqu’à nos jours.
Le Conseil Supérieur Militaire présidé par le Général Malloum et une branche armée de la rébellion, les Forces Armées du Nord de Habré forment un premier gouvernement dit de réconciliation nationale : sur la base des accords de paix conclus à Khartoum en 1978.

La « zone libérée » du Frolinat au BET et sa population est sous l’administration du « Conseil de la Révolution » formé d’intellectuels révolutionnaires dirigé par Goukouni : les chefs de leurs combattants liquident des centaines de prisonniers de l’armée nationale régulière.
Des divergences ouvertes entre Açyl - administrateur civil de formation et ancien député tombalbayiste - et les révolutionnaires conduisent à des affrontements entre ses partisans, qui sont « camaradement » massacrés par centaines.

Le 12 Février 1979 les Accords de paix de Khartoum volent en éclats ouvrant la voie une implosion totale des institutions : l’Etat central s’effondre, l’administration nationale se disloque, le tissu économique et social de notre pays se désintègre.
« Quand les bornes sont franchies il n’y a pas de limites. » dit Allais : des heurts intercommunautaires dus à des extrémistes des deux camps - dont la plupart encore bien vivants et bien placés pour en parler - conduisent aux massacres de milliers d’innocents dans tout le pays.

« Aucun des maux que la guerre prétend guérir n’est pire que la guerre elle-même ; en cela qu’elle réalise, en gros, ce que toutes les autres calamités font en détail ». dit un écrivain : notre société descendra ainsi dans les profondeurs de l’absurde, de la désolation.
Ces tragiques événements précipitent notre pays, la République du Tchad, dans un cycle récurrent d’affrontements toujours plus destructeurs : d’interminables confrontations entre divers groupes armés jusqu’aux conflits frontaliers avec la Lybie, le Nigéria.

Un néologisme fait son apparition : les Tendances Politico-Militaires. Feu Joseph Brahim Seïd, écrivain national, nous en disait ceci : « Mes enfants, il me semble qu’on ne dit pas dans la langue française tendance d’hommes mais plutôt, tendance de tels ou tels animaux ».
Comme le dit un écrivain, « rien n’est pire que la main populaire pour détruire tout ce qui se construit en détruisant. » : le sang coule dans notre Capitale, nos centres urbains, nos campagnes. Nos infrastructures publiques et biens particuliers détruits. Chaque famille attristée.
En revanche, par delà ces terribles déchirements, la majorité de nos compatriotes a su, grâce à des traditions séculières de tolérance, à des coutumes ancestraux de pardon, à une culture partagée du respect, restée le plus digne possible durant ces épouvantables circonstances.
Dieu seul sait, combien sont celles et ceux qui, de différents groupes humains, protègent des survivants, pleurent sur des cadavres d’inconnues, portent en eux l’ineffable épouvantail et le masque ingrat de l’impuissance face à l’horreur et à la déraison.

Rien n’est mieux consolant que ce rappel simple: sur notre territoire national, celui de la République du Tchad, peut aussi se manifester l’indissociable attachement à la vie, à l’humanité et à l’espérance.

Par la voix, dans leurs cœurs, dans les maisons, les cases, les ferriks, les champs, les pâturages et même dans de camps de réfugiés les gens prononcent cette phrase : « malla yal hana nas da gaï yi moutou michil Ké da wa » : pourquoi les enfants des gens meurent-ils comme cela.

La pagaille meurtrière, elle, est à l’aune d’inextricables revirements : l’Armée régulière devenue elle aussi une « Tendance » se replie dans la « zone méridionale ». Diverses factions armées du Frolinat contrôlant chacune des « zones libérées ».
L’esprit de corps de l’armée nationale régulière et la camaraderie révolutionnaire du Frolinat se dissolvent dans une violence cataclysmique : Açyl et Kamoungué s’oppose à Habré et Goukouni alors qu’auparavant Goukouni et Açyl affrontent le Gouvernement Malloum-Habré..
Paradoxal fait historique : c’est au plus fort de l’écartèlement sanglant et général de notre pays, la République du Tchad, que se manifeste de la manière la plus vigoureuse le refus le plus catégorique de son éclatement.

Açyl, Kamoungué, Habré… sont foncièrement attachés au maintien de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire : Comme Napoléon, chacun à sa manière, se dit peut-être aussi : « celui qui sauve une nation ne viole aucune loi ».
C’est donc un peuple tchadien inquiété par les convulsions du premier régime, tétanisé par le chaos sanglant de la guerre civile qui - dans un des plus surprenants sentiments que seuls les témoins de telles tragédies peuvent en ressentir - assiste, impuissant, à la destruction du pays.
Une conflagration généralisée, qui dure toute l’année 1980, porte le saignement de tout notre pays et sa ruine à un seuil sinistrement plus accentué : toutes confondues, les populations de notre pays, la République du Tchad, endurent, nuits et jours, de pires effets d’affrontements.
Les principaux protagonistes sont : d’un côté Hissene Habré, Mahamat Saleh Ahmat, Idriss Miskine, Gouara Lassou …et de l’autre Goukouni Oueddeï, Kamoungué AbdelKader, Açyl Ahmat, Mahamat Abbas Seïd, Moussa Medella …

Dit autrement, c’est le nord, le centre, l’ouest, le sud, l’est…contre l’ouest, le centre, le sud, le nord, l’est; s’employant à un degré de belligérance inouïe. Les tchadiennes et les tchadiens savent cela : elles et ils l’ont vécu tout simplement dans la plus intense des marquantes douleurs.

A ce sujet, le Centre Al Mouna a le mérite, lors d’un colloque sur les enjeux de cette époque, d’ouvrir le débat en des termes forts critiques ; Tchad, le Conflit Nord/Sud : Mythe ou Réalité ; Contentieux linguistique arabe-français,…? :
Cette occasion intéressante offre, en même temps, un formidable moment à toute la « classe pensante » pour mieux se situer elle-même, pour mieux situer les diverses forces politiques et leurs leaders, pour mieux sensibiliser le pouvoir…. :
Elle est gâchée par un relatif manque de désintéressement d’une intelligentsia, de divers leaders d’opinion enclin plutôt aux « enchères politiques », à de réminiscences, à une sélective imagination mais aussi par une certaine crispation du pouvoir.

Venant à la suite d’une Conférence nationale malgré tout fort riche en enseignements, cette opportunité n’est hélas pas saisie pour éclairer positivement notre attentive opinion nationale libre naissance sur des questions dont nous dissertons à longueur de pages, de meeting.
Ce genre d’opportunité s’intéressant au devenir national ne manque pas d’être organisée : vu le résultat, d’une certaine manière, notre attitude, hier comme aujourd’hui, semble plutôt proche de celle de « pieux malfaiteurs politiques ».

« Chacun a son De Gaule, vous savez…Tous ne sont que les portraits volés d’une réalité falsifiée…». Charles De Gaule.

-1990-2005 : Une coalition rebelle armée, le MPS, dit mouvement patriotique du salut, installe au pouvoir le Chef de l’Etat actuel de notre pays : son projet : la Démocratie, son programme : «… ni or ni argent mais la Liberté » ;
L’opinion nationale connaît l’homme, Idriss Déby, pour son rôle dans la répression du régime qu’il contribue à renverser : pour chacune et pour chacun, cet engagement n’équivaut, légitimement, à rien d’autre que la fin des cauchemars.

Hélas, le désenchantement est bien supérieur à la mesure : très vite, l’on assiste à une série de disgrâces humiliantes ou tragiques de la direction initiale du MPS : Pour l’opinion nationale tchadienne l’engrenage d’un pouvoir personnel est mit en marche.
Ousmane Gam refuse de siéger au gouvernement; le Colonel Djibrine Dasser rejette la délégation à la Défense ; Maldom Bada Abbas, numéro 2 du régime, arrêté et ses proches massacrés après des combats dans la Capitale, Ahmat Soubiane assigné à résidence surveillée
Abbas Koty, Chef des armées Mps s’entoure, à son bureau, d’une armada ; en face…du Palais présidentiel : accusé de fomenter un coup d’état, il fuit en exil. Il sera assassiné à son retour après un accord de réconciliation.

Des foyers d’opposition armée s’activent : de l’ouest, une offensive des M.D.D, d’ex-partisans de l’ancien Chef de l’Etat et de Moussa Medalla, a failli renverser le pouvoir. Un autre front se crée dans le sud : il est dirigé par un dissident du pouvoir, Ketté Moïse ; tué au maquis.
Parallèlement à ces sanglantes démêlées dans le sérail du pouvoir et avec l’opposition armée, des partis politiques, des syndicats, des organismes de défense des droits de l’homme et des journaux indépendants voient le jour sur fond d’insécurité quasi-organisée par le pouvoir.

A l’impréparation et à l’imprévoyance de ces nouveaux acteurs de la scène politique s’ajoute un faible charisme politique initial des nouveaux leaders : très peu, comme Gali Ngatta, sont connus pour une opposition relativement conséquente sous l’Unir, parti-Etat unique.
Survivant de l’enfer de D.D.S, sinistre prédécesseur de l’ANS actuel, il crée, sans l’aval du pouvoir, le premier parti. Son activisme radical le soumet à une double pression : celle du MPS au pouvoir mais aussi celle de Chefs, toujours plus nombreux, de partis de…l’opposition.
Ainsi, son inclination au compromis critique, souvent nécessaire entre pouvoir et opposition dans de moments particuliers liés aux intérêts généraux du pays le persuade d’une inertie structurelle du système Deby.

Personnalité aux qualités humaines et technocratiques, Chef du premier parti libre, il se résout à une attente active : cette posture sert au pouvoir pour le discréditer et à ses pairs pour le dénigrer ; son talent politique s’entendant hélas comme une agitation intéressée.
En somme, pour les gens, le processus de démocratisation de notre pays paraît inconsistant : d’un côté un Chef de l’Etat engagé dans un effort de confiscation totale du pouvoir et de l’autre des chefs de partis dispersées spontanément lancés pour sa conquête…démocratique.
Comme on le constate aujourd’hui, la stratégie des partis politiques était, du moins, déjà plus que hasardeuse car, la violence entretenue par les troupes et les hommes de mains du pouvoir n’épargne personne : des gens sont abattues dans la rue à cause de leurs idées ou biens.
Bien pire, celle-ci vise des catégories sensibles de la population : des filles adolescentes enlevées et violées à l’école ou dans les quartiers, des maîtres et professeurs assassinés par leurs propres élèves armés par des parents bien placés ; en salle classe ou dans la cours de récréation.

Ici, il nous semble bien utile de rappeler un trait commun aux divers groupes humains de notre pays : l’enseignant public ou religieux est l’indispensable complément des limites de l’autorité parentale. C’est dire la profondeur de la cassure entre le pays réel et le pouvoir Déby.
Si l’on adjoint à tout cela une instrumentalisation abusive des heurts entre adolescents scolarisés, il ne fait aucun doute dans l’esprit des gens que le crime du pouvoir Deby est non pas seulement de compromettre le présent mais de conflictualiser l’avenir de notre société.
Pour les gens, le pouvoir Deby est vu par comme un des plus inhumains, un des plus anti-sociétaux, un des plus antinationaux jamais connu dans notre pays et sur notre continent : de fait, pour l’opinion nationale, se dire, démocrate équivaut à se déclarer « impuissant politique ».

Une pression de quelques défenseurs des droits de l’homme, syndicalistes, journalistes libres est réel : mais un faible penchant pour une action collective continue de certains ténors conjuguée à un dilettantisme de certaines « pointures » d’opposition intrigue l’opinion.
Les conséquences en sont lourdes : un leader des Droits de l’Homme, Joseph Béhidi… Mamadou Bisso membre d’un parti politique…,….journalistes indépendants…le payerons de leurs vies ; tandis que d’autres connaissent d’humiliants renoncements, la répression, l’exil….
La Conférence nationale dite souveraine tenue en 1993 renforce ce singulier état de lieu général : littéralement subjuguée, les gens assistent à un surprenant spectacle politique : une infantilisante discorde des forces dites du changement et leur compromission avec le pouvoir.
Au regard de la situation actuelle, l’engouement populaire lors des premières échéances électorales générales paraît bien être l’ultime tentative de l’opinion publique nationale d’instrumentalisation du processus démocratique comme moyen de changement sous ce pouvoir.

Du reste, les propos récents du Chef de l’Etat actuel de notre pays: « la population est complice des mercenaires soudanais» confirme cet état de fait : par ailleurs, ce discours est presque le même que ceux qui, sous les précédents pouvoirs, ont servi à justifier la répression
Dès 1994, nous-mêmes - regroupés au sein d’un comité d’initiative pour le rassemblement des potentialités pour un changement démocratique Alternative 94 - en ont publiquement alerté le pouvoir, toute la classe politique ainsi que l’ensemble des partenaires et observateurs extérieurs.

Nombre d’entre nous sont brisés, torturés et/ou tués ; apprenant ce qui chagrine Diderot :
« Les persécutions de ceux qui ont eu le malheur de rencontrer la vérité dans des siècles de ténèbres, et l’imprudence de la déceler à leurs aveugles contemporains, entre lesquels ils n’ont point eu d’ennemis plus cruels que ceux qui, par leur état et leur éducation, semblaient devoir être les moins éloignés de leurs sentiments. ». D’aucuns vivent tout simplement, comme l’écrit Hikmet, le dur métier de l’exil.

Ceci dit, l’équivoque est cette fois-ci totale car le contexte politique est radicalement différent : car, officiellement, le pouvoir affirme engager le pays - avec le soutien de l’O.N.U, de l’U.E, des partenaires au développement et divers ONG - dans une construction démocratique. Hélas, le résultat s’étale au grand jour : un espace politique d’une inimaginable et plus qu’insupportable exigüité. Des rébellions se succèdent : Laoukein Bardé au sud tué au maquis, Mahamat Garfa ex ministre de la défense, à l’est rallié…en plus des MDD d’entrée en rébellion.

Youssouf Togoïmi, personnalité aux qualités individuelles indéniables, démissionne du ministère de la défense : il est contraint par le pouvoir à regagner le maquis au nord où le rejoint le vice-président de la Conférence nationale Youssouf Saleh Abbas ; avant d’être tué.

Un des pathétiques instants de l’abyssale exaspération collective est la révolte du Mahmout Nahor, médecin d’une rare générosité personnelle : il prend tout simplement en otage des touristes dans le Moyen-Chari. Pour le pouvoir tout sarhois ou sara est un suspect :
nous qui voyons notre ami le Dr Demane Nana, médecin en chef - enlevé de son lit d’Hôpital, séquestré avec des notables traditionnels et des paysans dans les geôles du pouvoir - sombrer dans le coma avant d’expirer savons ce qu’est l’effroyable engrenage de l’absurde.

La peur, l’effarement et la désaffection de nos compatriotes sont d’autant plus complètes que le pouvoir dans notre pays ne ménage ni les représentants des institutions internationales, des principaux bailleurs de fond ou donateurs ainsi que des hauts diplomates étrangers.
Le leitmotiv entendu de la communauté internationale est respect des droits de l’homme, transparence, bonne gouvernance, développement… : le tribut qu’elle-même paye pour cela est, c’est le moins qu’on puisse dire, tragique, injuste et inexplicable :
- un délégué, français, de la Banque mondiale, déclaré personae non grata. Un autre, britannique, est tué par un « rodéo motorisé de la Garde présidentielle »jouant entre eux aux gendarmes et aux contrebandiers ; un mode d’assainissement des régies financières ;
- un représentant africain des Nations-Unis « congédié » pour penchant pour l’opposition. Son remplaçant, un autre africain, peu regardant sur le processus électoral, désenchante devant l’incurie du pouvoir quitte discrètement son poste ;
- un membre de la Haute Représentation de la République de France s’efforce de faire aboutir des reformes structurelles : il est expulsé pour excès de rigueur alors qu’il se consacre au reboisement des rues de la ville…

L’opinion nationale et extérieure sont témoins de toute cette insoutenable réalité : nous espérons que le peuple tchadien y retient, à travers tous ces exemples, le prix de l’amitié et de la considération payés par celles et ceux qui partagent avec lui ces inqualifiables vécus.
Il est clair qu’à l’absence de caractère démocratique du pouvoir, s’adjoint ainsi une cruelle méthode de résolution des problèmes politiques, de gestion des questions publiques, de conduite dans les relations extérieures dont dépend en partie l’amélioration de la situation du pays.

« La pire calamité après un général bête…c’est un général intelligent.». Charles De Gaule.

2005-2… : Près de deux décennies après l’accession au pouvoir du Chef de l’Etat actuel de notre pays, la situation nationale est cataclysmique :
- la strangulation de l’économie nationale étouffe toutes les couches sociales :
- La déliquescence des structures élémentaires d’administration publique est insondable ;
- la désaffection populaire et le découragement de certains partenaires sont à leur comble.
Tel est le surréaliste bilan sur lequel s’appuie le Chef de l’Etat actuel de notre pays pour mettre en œuvre un projet : celui de la suppression de la clause constitutionnelle limitant à deux fois cinq ans les mandats consécutifs exerçables ; se faisant une Présidence à vie…héréditaire.
Cette initiative choque naturellement l’opinion nationale : hélas, le pouvoir, pourtant fort bien renseigné sur le climat qui prévaut dans le pays, ne se préoccupe nullement des risques majeurs qu’il fait ainsi encourir à notre pays.

A.H Soubiane, un des co-artisans de l’ouverture démocratique dévoyée par le Chef de l’Etat actuel de notre pays, le Pr Facho Balaam, le plus éminent des scientifiques tchadiens …Mme SKS Gali journaliste libre forment un front commun du refus.de la dictature.
Diverses potentialités et sensibilités politiques et sociales favorables au changement, y compris des groupes armées se coalisent contre cette révision : en réalité, c’est quasiment tout le pays réel qui demande au Chef de l’Etat actuel de notre pays de quitter pacifiquement le pouvoir.
C’est dire combien, le Président de la République de France, Monsieur Jacques Chirac, a raison lorsqu’il prévient ses pairs d’Afrique à Ouagadougou dès 1996 : « souvent les sociétés évoluent plus vite que les pouvoirs.».

Le référendum constitutionnel organisé par le pouvoir est massivement boycotté par les gens : hélas, le Chef de l’Etat actuel de notre pays reste sourd à la tonalité de ce signal collectif républicain, populaire, démocratique et pacifique fort envoyé par l’opinion nationale.
Bref, une première offensive rebelle du F.U.C atteint la Capitale : elle est acclamée et soutenue dans sa déroute par la population : l’appui militaire français au pouvoir évite, effet respectable, d’inadmissibles dérapages haineux visant des compatriotes ; proches d’Idriss Déby.
Hélas, c’est ce contexte que le Chef de l’état actuel de notre pays choisi pour s’autoproclamer Président à vie : pour les gens c’est en fait l’extrême, l’ultime et désinvolte blessant mépris ; accentuant ainsi une insurrection généralisée déjà à sa comble.

L’insurrection prend une ampleur sans précédent : après le Colonel Djibrine Dasser, un des co-artisans de la chute de la dictature, c’est Mahamat Nouri, ancien ministre, Timane Erdimi, ancien directeur du cabinet de Déby…qui prennent les armes contre…Idriss Déby.
De fait, le Chef de l’état actuel de notre pays est combattu de toute part : une seconde fois, ce sont des colonnes rebelles du CMU qui investissent la Capitale de notre pays et assiègent le palais présidentiel. La chute de Déby est dans tous les esprits.

Un nouveau soutien militaire et diplomatique du nouveau gouvernement français sauve le pouvoir : de facto, cette intervention crée les conditions d’affrontements meurtriers et dévastateurs gans la Capitale de notre pays. L’offensive rebelle est ainsi endiguée.
Mais la responsabilité de cet épisode catastrophique incombe aussi aux insurgés regroupés au sein du CMU : en vérité, de relents politiques factieux, des appréhensions sectaires passéistes contredisent, somme toute, un réel unanimisme…anti-Déby.

Triomphalement accueillie par des Ndjamenois excédés par le pouvoir, l’opinion, déçue par leur repli, apprend qu’une querelle de leadership les empêchent de diffuser ne serait-ce qu’un communiqué commun à la radio publique qu’ils contrôlent avant sa destruction.

Les gens s’étonnent de la non-association des mouvements comme ceux du Colonel Djibrine Dasser, de Ahmat Soubiane, Adoum Yacoub, Michel Mbaïlemal, Acheihh Ibn Oumar ; sans compter certains groupes armés bien présents par…communiqués de presse.
A noter que :
- Adoum Yacoub, un des chefs politico-militaires de ces trente dernières années dans les Fap de Goukouni puis les Fant de Habré, aujourd’hui à la tête du l’UFC et du FPRN est dès le début dans l’opposition armée au pouvoir Deby à travers les M.D.D au Lac-Tchad ;
- Michel Mbaïlemal dirige aujourd’hui le seul mouvement armé qui se manifeste dans le Logone, tandis que Acheikh, ancien militant du Frolinat, est une des personnalités politiques et un des intellectuels tchadiens les plus connus ;

- Ahmat Soubiane et Djibrine Dasser sont des vrais artisans directs de cette ouverture démocratique dont le respect est aujourd’hui revendiqué par tous : l’initiative conduite par Soubiane,… ,du boycott réussi du référendum 2005 donne un visage républicain à l’insurrection.
Ceci dit, l’« intrigant gel de la situation » à pour résultat un irrémédiable faux pas de Déby : il fait enlever et disparaître le porte-parole de l’opposition civile, Ibn Oumar Mahamat Saleh. Le Professeur Facho Balaam échappe à la même machination et se réfugie à l’étranger…
Ces opposants politiques civils au pouvoir Deby sont confondus aux assaillants du palais présidentiel ! : Ibn Oumar Mahamat Saleh et son groupement sont engagés avec le pouvoir dans un accord relatif à l’organisation des élections….et cela sous l’égide de l’Union Européenne !
Tandis que le Professeur Facho Balam, consultant international, premier agrégé tchadien formé en France se consacre à la formation de la jeunesse tchadienne à l’Université et à la réalisation de divers actions de partenariat en co-développement entre l’Afrique et l’Europe !
Cet assassinat et tentative d’assassinat et massacres d’innocents soulève une profonde indignation : par milliers, des gens fuient la Capitale suite aux combats : le pays est sidéré par la position des autorités françaises : à l’extérieur, d’énormes vagues de protestation se multiplient.

Cette situation nouvelle est incommensurablement plus équivoque : car, à l’initiative d’une diplomatie française, le Conseil de Sécurité de l’Onu, l’Union Africaine sont appelés à soutenir le Chef de l’état actuel de notre pays…Idriss Déby, le « président légitime !» du Tchad.
L’opinion nationale tchadienne n’est plus seule à être choquée par cette extraordinaire position des autorités françaises : sur des chaînes de télévisions, stations-radios, grands journaux, presse électronique l’on s’interroge sur ce plus que troublant épisode de la crise…tchadienne.
La situation politique nationale instaurée dans notre pays, la République du Tchad, ne cesse de déconcerter les gens : le gouvernement français propose l’asile politique à un chef de parti, député en exercice, pourchassé…par ce même « président légitime »…qu’il soutient.
Des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes indépendants fuient vers des pays voisins ou sont réfugiés en France : mais, c’est à nouveau surtout de milliers de nos compatriotes innocents qui sont sommairement accueillis et exposés dans des camps de déplacés au Cameroun.

Des forces européennes de sécurisation des camps de déplacés de guerre, l’Eufor, se déployant plutôt à la frontière-est de notre pays : la mort d’un membre de cette force en territoire soudanais troublent les esprits au Tchad, en Afrique, en France, en Europe et dans le monde.
Les assaillants de Février repoussés ; certains chefs de partis, journalistes, membres des ADH éloignés : les ndjamenois(e)s et le peuple tchadien tout entier vivent, comme les sud-africains au 20ème, le plus démoniaque état d’exception et la plus perfide injustice au 21ème siècle !

Le Chef à vie ! de l’état actuel de notre pays « bunkérise » Ndjamena, abattant ses arbres parfois centenaires, la ceinturant d’immenses tranchés : poignardant la terre d’une ville devenue un gigantesque camp de concentration de près de un million et demi d’âmes.
Des enfants des faubourgs sont ainsi coupés de l’école, des producteurs et/ou vendeurs des produits vivriers, maraîchers, laitiers, bois de chauffe, charbon… et de la pêche sont contraint à d’inimaginables détours pour alimenter une véritable « cité-blockhaus ».
En réponse au Chef à vie ! de l’Etat actuel de notre pays, « Je suis le seul tchadien », les gens à Ndjamena rétorquent ; « les tranchées sont la nouvelle frontière du Tchad de Idriss Déby ; au delà, c’est le Soudan ».

Le Président « légitime » du Tchad conclue avec son homologue soudanais et ancien soutien à sa prise du pouvoir un accord de paix au Sénégal où réside l’ex Chef de l’état de notre pays inculpé pour crime contre…l’humanité en présence du Secrétaire-général de l’ONU !
Dit autrement, lorsque les gens réentendent les plus hautes autorités françaises dire, après le repli tactique des colonnes du CMU, « maintenant il faut laisser le Tchad tranquille », c’est bien pire qu’une trahison historique de la France qui est ainsi ressentie par le peuple tchadien.

En vérité, ce soutien inconditionnel de l’actuel gouvernement français au Chef à vie ! de l’Etat actuel de notre pays, malgré de sérieux motifs qui, incontestablement, commandent une attitude contraire est comprise par les gens comme une hallucinante « re-habilitation ».
Telle est la « nouvelle base de la normalisation politique de notre pays » qui consterne les filles et les fils de la République du Tchad, leurs amis et frères qui, comme jadis D. Rousset, se disent hélas aujourd’hui: « Les gens normaux ne savent pas que tout est possible »
Le Professeur Facho Balaam a raison de conclure que le crime contre la nation commis par le Chef de l’état actuel de notre pays est imprescriptible… Plus que jamais, les circonstances présentes sont décisives pour l’avenir de notre pays et le destin du peuple tchadien tout entier ».

Fait en Ile-De-France, le 18 Juin 2008
Le co-animateur du C.E.S.A.M.E
Monsieur Souleymane Abdallah

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