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POINT DE VUE

Tchad: 'le Deby-le mental'


Alwihda Info | Par - Җ€BIЯ - - 13 Mars 2008 modifié le 13 Mars 2008 - 22:07

Dégager une perspective visuelle en détruisant des quartiers historiques, dans le seul but de protéger la présidence, n’est-ce pas un signe de DEByLITE mentale ? Abattre des arbres centenaires pour élargir les vues plongeantes des hélicos tueurs des Tchadiens, n’est-ce pas un acte digne d’un DEByL mentale ? Terroriser une population démunie dont il est sensé assurer la sécurité et la tranquillité, n’est-ce pas les marques d’un potentat atteint d’une DEByLITE mentale ?


Tchad: 'le Deby-le mental'
Le DEBY-le mental

Raser des quartiers entiers, forcer les citoyens à la délation, exécutions sommaires, enlèvements et tortures, oppressions et chantages, extorsions des fonds sur les commerçants, vassalisation à outrance des fonctionnaires, chasse à l’homme dans certaines ethnies, « bunkérisation » de la capitale, voilà à quoi se résument les actions de Déby après la retraite des rebelles. Au moment où il fallait calmer les esprits après ces événements épouvantables de février dernier, au moment où il fallait câliner un peuple angoissé et traumatisé par la brusque violence, au moment où il fallait panser les plaies d’une population blessée, endeuillée, terrorisée, affamée, lui, le DEBYLE mental, choisit de montrer à son propre peuple, un peuple exténué et sans défense, ses petits muscles ramollis. Incapable de régler les comptes à ses contradicteurs armés, ceux-là mêmes qui l’ont acculé pendant trois jours jusqu’au périmètre de son alcôve, malgré le soutien de ses protecteurs occidentaux, il transfère sa fausse témérité sur des Tchadiens démunis et s’en prend à eux comme si chaque Tchadien, à lui tout seul, constitue un escadron blindé.

Passons sur les fouilles, maison par maison, effectuées à N’Djaména et dans les grandes villes du Tchad. Passons aussi sur le recensement des fonctionnaires dont le dessein réel était de débusquer puis de couper les vivres aux « traîtres », c'est-à-dire les supposés sympathisants des rebelles (s’ils ne pointent pas à la paye cela veut dire qu’ils sont partis avec les « assaillants », donc ennemis, donc…). Passons également sur les vindictes du pouvoir auxquels furent voués les opposants dits démocratiques, c'est-à-dire ceux qui sont reconnus légaux par ce même exécutif qui les persécute actuellement. Mais il y a une chose sur lequel tout silence ne peut être que lâcheté ou complicité : le pouvoir Déby de l’après février 2008.

Admettons que, comme disent les Africains, « le passé est passé ». Mais dans le passé récent du Tchad, il y en a dont ne peut oublier. Même si je vous fais économie d’une liste exhaustive, je me permets d’indiquer tout de même les assassinats dont ont été victimes des politiques et des acteurs de la société civile. En particulier ceux dont on déplore les disparitions depuis le 03 Février 2008.

Au même titre que Déby, qui est déjà comptable de la mort des milliers des Tchadiens en 18 ans de règne, ceux qui aujourd’hui se terrent dans l’aphonie et la lâcheté sont également responsables de la déchéance du Tchad devant l’histoire du monde : les politiques opportunistes, les intellectuels silencieux, les entrepreneurs et commerçants complices, les fonctionnaires pusillanimes et les religieux pervertis. Vous êtes tous coupables de votre couardise injustifiée et injustifiable. Vous êtes tous coupables de votre poltronnerie indigne et de votre nombrilisme honteux. Vous êtes tous coupables de votre vilenie à nul autre égal et de votre lâcheté bue jusqu’à la lie. Croyez-moi que je ne suis guère vindicatif. Je ne suis qu’un rien parmi tant des riens que le Tchad a fabriqué sous le pouvoir Déby. Tant de Tchadiens devenus riens pour n’avoir jamais voulu se corrompre, se vendre au seul plus offrant sous LE régime Déby et du MPS, pour n’avoir jamais voulu rentrer dans le « système », pour n’avoir jamais voulu se soumettre qu’à la seule impérative que leur imposait la conscience d’honnête citoyen : L’INTERET NATIONAL.

Dégagé une perspective visuelle en détruisant des quartiers historiques, dans le seul but de protéger la présidence, n’est-ce pas un signe de DEByLITE mentale ? Abattre des arbres centenaires pour élargir les vues plongeantes des hélicos tueurs de Tchadiens, n’est-ce pas un acte digne d’un DEByL mentale ? Terroriser une population démunie dont il est sensé assuré la sécurité et la tranquillité, n’est-ce pas les marques d’un potentat atteint d’une DEByLITE mentale ?

Arriéré, attardé, idiot, voilà la définition de celui qui préside aujourd’hui à la destiné de notre pays. Prenez un peu de recule, juste un peu de hauteur, par rapport à votre aliénation et vous verrez que ce que nous disons n’est pas subjectif. Surtout vous, les INTELLECTUELS tchadiens. Parce qu’un intellectuel qui se tait est un génocidaire de fait.



Brahim Oumar

Enseignant-Chercheur

FLSH/Université de N’Djaména.