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AFRIQUE

Tenir les états généraux de l’éducation est une urgence au Cameroun


Alwihda Info | Par Erick-Achille Nkoo - 9 Mars 2013 modifié le 9 Mars 2013 - 11:13


Une salle de classe au Tchad voisin. Crédits photos : EN/Alwihda
Une salle de classe au Tchad voisin. Crédits photos : EN/Alwihda
Le discours du président Biya à la jeunesse le 10 février dernier a laissé voir son inquiétude face à la décadence morale des jeunes qui sont en fait mal orientés par une élite qui elle-même est en manque de moralité, d’éthique, de citoyenneté et d’esprit civique. Et cette inquiétude est bien plus légitime et judicieuse au regard-scanner de la société camerounaise qui connait des déviances et des actes de corruption de toute nature. Les récents crimes rituels de Mimboman sont la preuve de ces dérapages. On serait bien en droit de se poser la question de savoir ce que faisaient ces jeunes filles victimes hors de leurs domiciles familiaux à des heures indues ? De prime à bord, On serait tenter de dire que les conditions sociales ne leur ont pas permis de pouvoir aller à l’école pour mieux meubler leur temps. Majoritairement, l’âge moyen des victimes est de 22 ans. Et à cet âge, on est supposé être régulièrement inscrit dans une université. D’où la nécessité de diminuer les charges universitaires aux étudiants afin de leurs permettre de pouvoir aller au bout de leur scolarité ; et éviter la cristallisation de l’abandon scolaire comme tel est très souvent le cas dans les universités d’Etat.

Sans trop vouloir jeter l’anathème sur qui que ce soit, il convient quand même de dire que cette décadence de mœurs tient aussi d’une large mesure de l’échec des politiques éducatives mises en place au Cameroun. L’appel du président Biya aux jeunes à plus de moralité est toute fois normal et majestueux mais serait fastidieux si elle ne s’accompagne pas d’une certaine volonté politique de doter les scolaires de compétences qui recadreraient alors leur comportement dans la société. Le conseil national de civisme est certes un pas mais reste purement théorique. Il faut au Cameroun une police des mœurs qui recadrerait de manière punitive les récidivistes.

C’est quand même assez irrationnel et irritant de voir que les objectifs de l’éducation à l’enseignement supérieur ne soient pas clairement définis. Aujourd’hui, on parle de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035 ; cela suppose de nombreux efforts notamment dans le secteur de l’éducation. Ce serait une ingénuité de ne pas savoir quel type de citoyens former pour un Cameroun émergent à l’horizon 2035. Et c’est sur cette base que les états généraux de l’éducation deviennent une urgence.

Quelle sont les raisons qui expliquent la décadence des mœurs au Cameroun ?

On est de prime à bord tenter d’incriminer les enseignants, les méthodes employées, le manque de civisme de certains instructeurs. Il y a peut-être là une part de vérité. Mais toute fois, une décadence aussi généralisée et persistante doit avoir d’autres raisons ; et c’est certainement à ce niveau qu’apparait la part de responsabilité de l’Etat et certainement aussi des parents.

L’Etat incarné par le gouvernement en place semble être incapable d’assainir les mœurs par le moyen de la loi. L’opération épervier assainit la gouvernance mais quelle opération de redressement du comportement de ce citoyen qui lui aussi est un maillon important dans la construction du Cameroun. Il y a un laisser-aller qui ne dit pas son nom au Cameroun. Ce qui donne corps à une anarchie incommensurable. Par exemple, le silence du policier qui doit discipliner les usagers de la route le rend lui-même complice de cette indiscipline et cacophonie. Loin de vouloir un Cameroun liberticide, nous disons tout de même non au libertinage.

Au delà de l’absence de volonté de la part du gouvernement en place de réprimer les devieurs de mœurs, il faut noter l’insouciance des parents qui laissent leurs enfants faire à leur guise. L’assainissement des mœurs au Cameroun passe d’abord par les parents qui sont les principaux instructeurs de la famille noyau de la société.
Quelles solutions à préconiser ?

Certes le discours du président Biya pose des solutions aux déviances comportementales, mais, il convient de prendre en compte un certains nombre de paramètres énumérés ainsi qu’il suit:

Faire des états généraux de l’éducation : les derniers états généraux de l’éducation ont eu lieu en mai 1995 et depuis lors il y a eu la conférence de Dakar en 2000 qui a donné une autre compréhension au concept de l’éducation. Ce qui a donné une orientation différente à l’école. D’où la nécessite même d’adapter la loi d’orientation à la réalité socio-politico-économique de l’heure. ces états généraux permettront de ce pas, de faire le point sur l’état du secteur de l’éducation au Cameroun ; et surtout aussi, de rassembler autour d’une même table de débat experts et professionnels de ce secteur afin qu’ensemble ils pensent la reformation du système éducatif camerounais et l’arriment aux exigences contemporaines.

Harmoniser le système éducatif camerounais: les sous systèmes anglophone et francophone doivent fusionner pour donner naissance à un seul et unique système éducatif qui formera sur des mêmes bases des citoyens capables de conduire à l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035.

Revoir les politiques éducatives :

Améliorer les conditions de vie de tous les camerounais : relever le niveau de vie des camerounais pourrait faciliter l’accès à l’éducation surtout à l’enseignement supérieur quand nous savons que le système éducatif du niveau supérieur n’est pas de nature à encourager les apprenants à aller au bout de leur parcours académique.

La tâche qui nous incombe est grandiose; nul ne peut douter des ressources humaines dont dispose le Cameroun soit-elle à l’intérieur du pays ou dans la diaspora. Intégrons-les dans la résolution des problèmes liés à l’éducation pour un Cameroun qui émerge à l’horizon 2035.

Erick-Achille Nkoo


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