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EDITORIAL

Terrorisme : Comment l'Etat Islamique en Afrique a réussi à frapper le Tchad


Alwihda Info | Par - 1 Juillet 2015 modifié le 1 Juillet 2015 - 07:27

Les services de renseignements tchadiens et les différents services de sécurité ont-ils été trop confiants sur l'incapacité de Boko Haram a frapper le pays ?


Au Tchad, jamais une enquête n'aura réunie autant d'acteurs des différents services de sécurité et magistrats. Sous la supervision du Ministre de la Justice et des Droits de l'homme, cette enquête a mobilisé des magistrats du Parquet, des officiers et agents de la Police judiciaire de la Police et de la Gendarmerie, des responsables des services des renseignements ainsi que des responsables de la Police technique et scientifique. Les agents américain du FBI (Federal Bureau of Investigation) ont également été associés à l'enquête, apportant un appui déterminant dans l'évolution des recherches. De plus, le Tchad coopère avec le Cameroun, le Nigeria, le Niger et la France en matière de renseignements. 

Boko Haram menaçait de déclencher une guerre civile au Tchad 

Au lendemain du démantèlement d'une cellule terroriste lié à Boko Haram, plusieurs interrogations se posent ; Comment les terroristes ont pu, avec tous les soins prendre tout leur temps, pour s'installer au Tchad, louer des maisons et s'organiser sans attirer la moindre attention des services de sécurité ? Dès lors qu'il y a plus d'une trentaine de morts, c'est qu'il y a une faille quelque part même si, malheureusement d'aucuns refusent toute critique positif visant à l'amélioration.

Les autorités, accusés de n'avoir rien vu venir mais surtout de laxisme, sont parvenus, 14 jours après les premiers attentats en territoire tchadien, à démanteler une vaste cellule terroriste de Boko Haram qui envisageait également de frapper dans d'autres villes du pays, dont Abéché, révèlent les premières auditions des suspects arrêtés. Au moment où la secte est durement affaiblie par l'intervention militaire tchadienne et que son chef, Abubakar Shekau n'a plus fait signe de vie depuis plusieurs semaines, l'engagement militaire ne doit pas s'estomper au risque de réveiller un nouvel embryon, sachant que le groupe islamiste qui refuse de négocier, a déjà  reçu des armes en provenance de Libye et des fonds en provenance de l'Etat Islamique. La collaboration s'étend également à l'Etat Islamique, groupe avec lequel Boko Haram entretient des contacts, assurent des hauts responsables du renseignement américain, selon le site d'informations Thedailybeast ; Signe d'un risque palpable à ce que les échanges entre les 2 groupes terroristes renforcent leurs capacités à répandre la terreur, souligne i24news. 

Une négligence des services de renseignements

Certes, il existe bel et bien une faille au niveau des différents services de renseignements surtout au niveau de celui de l'agence nationale pour la sécurité (ANS) dont son rôle et sa mission est d'infiltrer les terroristes à partir de l'étranger pour pouvoir les débusquer avant ou une fois rentrés au pays. Malheureusement, les services de renseignements désorientés par des règlements de compte interne et externe, se perdent dans des fiches inutiles et inexploitables, préfèrent surveiller voire traquer les hommes politiques, des médias où ceux de la société civile. Ils ont en grand "F"  failli à leur mission et n'ont pas su peser la véritable menace de Boko Haram qui n'a pas cessé de proférer des menaces à l'encontre du Tchad. Les hautes autorités le savent, et comptent également sur l'appui des français et américains en matière de renseignements. 

Le premier enregistrement audio parvenu à Alwihda Info  en juin 2014 qui menaçait le Tchad pour son intervention militaire tchadienne contre Boko Haram, était en langue "Boudoum". Les Boudoum sont du Lac Tchad, une région considérablement sous développée et terriblement pauvre, dont le pouvoir n'a pas su, n'a pas pu s'investir pour améliorer le train de vie des ses habitants dont une partie non négligente de la jeunesse aurait prêté une oreille attentive à la sirène de Boko Haram.   

Aux  différentes allocutions de menace d'Abubakar Shekau, la communication Audio en Boudoum n'a pas été prise très tôt au sérieux, en dehors  d'une mesure de quadrillage et de fouille des véhicules entrant et sortant au niveau de la ceinture de Ndjamena et plus particulièrement au niveau du pont de "Double Voies", sachant que les terroristes n'ont pas besoin d'emprunter les altères principales et que la meilleure sécurité serait de les infiltrer depuis l'étranger afin de les neutraliser avant de commettre l'irréparable. 

En effet, la négligence était perceptible côté tchadien, contrairement à l'Ambassade de France qui s'était, à l'époque, empressée de contacter Alwihda Info pour connaître l'origine du premier enregistrement audio, et dans la foulée, de barricader son Ambassade. 

Plus surprenant, le fait que l'un des secteurs les plus protégés de la capitale soit touché le 15 juin dernier lors des premiers attentats à N'Djamena, soit à environ 50 mètres de la Présidence et 100 mètres de l'Ambassade de France, n'a fait qu'alimenter la piste d'une défaillance des services de renseignements. 

D'un autre angle, c'est un signal double et fort qu'envoi le Tchad à Boko Haram, celui de sa capacité militaire en intervention extérieure sur le continent africain, et de son aptitude à parer à une éventuelle déstabilisation intérieure. Le Tchad démontre d'une part qu'il ne cèdera pas à la menace et d'autre part que son engagement militaire contre l'EI en Afrique (Boko Haram) ne faiblira pas. 

En définitive, ce qui s'est passé donnera l'occasion à une reviviscence des différents services de sécurité pour être plus efficaces et adaptable à la nouvelle donne. Après tout, il s'agit d'une question nationale. 


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