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POINT DE VUE

Thomas Dietrich : "Donner à la littérature tchadienne toute l’aura qu’elle mérite"


Alwihda Info | Par Thomas Dietrich - 8 Octobre 2017 modifié le 8 Octobre 2017 - 15:35


L'écrivain Thomas Dietrich.
L'écrivain Thomas Dietrich.
Le prix de la nouvelle littéraire « Les enfants de Toumaï » est une initiative qui me tient particulièrement à cœur. Tout d’abord, parce qu’il a été créé pour rendre hommage à mon second roman « Les enfants de ToumaÏ » (Editions Albin Michel, 2016), une histoire d’amour entre deux jeunes tchadiens qui vont s’aimer par-delà les différences, la haine et la folie des Hommes. Mais ce n’est pas le plus important. Car ce concours littéraire a pour but de donner à une littérature tchadienne, riche mais méconnue, toute l’aura qu’elle mérite. Il a pour objectif de révéler de jeunes plumes qui, peut-être, seront les Joseph Brahim Seid de demain. Voilà pourquoi j’ai décidé de mettre sur pied ce prix, avec le précieux concours de l’Association des écrivains tchadiens d’expression française (ASEAT), dont je suis le président d’honneur et dont Sosthène Mbernodji est l’indispensable cheville ouvrière.

La première édition du concours s’est tenue en fin d’année dernière, au centre Al-Mouna, et a connu un franc succès. Les meilleures nouvelles à en être issues sont aujourd’hui réunies dans un recueil intitulé « La journée de l’enfant africain », que je suis extrêmement fier d’avoir préfacé et qui a été édité par les Editions ToumaÏ. Les six auteurs des textes sont certes des écrivains en herbe, mais leur talent pointe déjà au grand jour. Je souhaite les accompagner individuellement dans l’avenir, pour qu’ils deviennent des écrivains reconnus. Je le fais certes pour la littérature mais je le fais aussi pour le Tchad, qui est mon pays de cœur et dans lequel je ne peux malheureusement pas me rendre jusqu’à nouvel ordre, pour des motifs politiques.

Comme il a été dit lors de la conférence de presse de présentation du recueil ce samedi à Ndjamena, les 500 exemplaires édités ne sont pas destinés, dans leur immense majorité, à être vendus. Ils doivent être lus, partagés, discutés ; les problématiques que les textes abordent, comme l’excision, l’éducation sexuelle, l’exclusion sociale, la conservation du patrimoine ou encore l’impunité des puissants, doivent être débattus par le plus grand nombre, y compris par ceux qui n’ont. pas d’habitude accès à la littérature. Voilà pourquoi j’ai décidé que la plupart des exemplaires seraient distribués dans des lycées, privés et publics mais aussi dans des bibliothèques ou centres culturels à Ndjamena, Mongo, Bongor, Sarh, Kélo, Laï, Doba, Abéché (et éventuellement d’autres villes). Ainsi, ils seront à la portée de tous, de tous les enfants de ToumaÏ. Une deuxième édition du prix de la « Les enfants de Toumaï » est prévue pour 2018.