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Trafic d'êtres humains : la république de Djibouti pointée du doigt par les Etats-Unis.


Alwihda Info | Par Huno Djibouti - 1 Juillet 2016 modifié le 1 Juillet 2016 - 17:06

Djibouti, sur la liste noire des 26 pays qui ne respectent pas les normes fondamentales pour contrer le trafic d'être humains, l'esclavage ou le trafic sexuel.


Parmi les pays sous surveillance (Catégorie 2) depuis 2011, pour des motifs d'enjeux géopolitiques et géostratégiques, ce jeudi 30 juin 2016, dans son rapport annuel, le département d'État américain a rajouté Djibouti sur la liste noire des 26 pays qui ne respectent pas les normes fondamentales pour contrer le trafic d'être humains, l'esclavage ou le trafic sexuel (Catégorie 3). Selon l'estimation du département d'État américain, plus de 90 000 hommes, femmes et enfants en provenance de l’Éthiopie, de la Somalie et de l’Érythrée sont passés par Djibouti en tant que migrants économiques volontaires sans papier, à destination du Yémen ou d’autres pays du Moyen-Orient. Pays, où la majorité d'entre eux seront assujettis au travail forcé et à la traite sexuelle. Toujours, selon ce même rapport, pendant leur séjour à Djibouti, qui peut être de longue durée, certaines migrantes (femmes ou filles) ou djiboutiennes sont soumises à la servitude domestique ou le trafic sexuel dans la capitale djiboutienne. Toujours à Djibouti, certains migrants qui attendent d’être emmenés clandestinement dans d’autres pays (via la région d'Obock) peuvent être déplacés ou détenus contre leur gré et subir des agressions et de mauvais traitements. Les réseaux de passeurs, qui comprennent des ressortissants et des résidents djiboutiens, peuvent exiger des commissions exorbitantes ou kidnapper ou détenir des migrants, dont des femmes et des enfants, pour se faire payer des rançons, ce qui accroît la vulnérabilité de ces personnes à la traite et à la servitude pour dettes ; certains rapports indiquent que des migrantes ont été assujetties à la servitude domestique et à la prostitution forcée à Djibouti-ville pour payer ces rançons. En outre, les rançons sont parfois versées par des trafiquants ayant leur base au Yémen ou en Arabie saoudite qui, selon certains rapports prévoiraient d’exploiter ces migrants dès leur arrivée dans ces pays. Certains des anciens enfants de la rue de Djibouti aurait agissent comme des proxénètes d'enfants plus jeunes. Les parents forcent parfois leurs enfants à mendier dans les rues comme une source de revenu familial ;  ils sont également vulnérables au travail forcé comme domestiques et, parfois, contraints de commettre des délits mineurs, comme le vol. Ce rapport accablant, conclut que le gouvernement de Djibouti ne respecte pas les normes fondamentales pour contrer le trafic d'être humains, l'esclavage ou le trafic sexuel et ne fait aucun effort en ce sens, alors même que des responsables officiels, dont le Premier ministre, avaient reconnu l’existence de la traite des personnes à Djibouti. Le 24 Mars 2016, le gouvernement a adopté et officiellement promulgué la nouvelle Loi (n° 133/AN/16/7ème L) portant sur la lutte contre la traite des personnes, en remplacement de celle de 2007. Bien qu'en première instance, la justice ait conclu à la culpabilité d’un trafiquant, celui-ci a été remis en liberté après qu’une décision rendue en appel, ce qui constitue un dissuasif peu efficace. Il est a noter, que durant cette même période : dirigeants de l'opposition, journalistes, militants ou simple citoyens étaient emprisonnés, détenus illégalement, déportés ou torturés. Or, à ce jour, le gouvernement de Djibouti n’a toujours pas mené d’enquêtes ni engagé de poursuites pour crimes de travail forcé ou de prostitution d’enfants, y compris pour le cas des cinq fonctionnaires, complices de trafic d'être humains. L’impunité est un plus grave problème à Djibouti, en effet le gouvernement n'a jamais pris de mesures pour traduire en justice ou punir les responsables qui avaient commis des violations, qu’ils fassent partie des services de sécurité ou d’autres secteurs du gouvernement. En tout état de cause, maintenant que la république de Djibouti figure sur la liste noire, cela pourrait par conséquent conduire à son exclusion des accords commerciaux et de l'aide des États-Unis. Que va donc faire Guelleh, se mettre au service de sa propre incompétence ?


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