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REACTION

africa-info.org et camer.be : Deux sites internet qui prêtent des intentions à la secrétaire générale de l’OIF


Alwihda Info | Par Georges Peres Vimont - 27 Mars 2015 modifié le 27 Mars 2015 - 11:25

Dimanche, 22 mars 2015, à l’occasion de la journée internationale de la Francophonie, la nouvelle secrétaire générale de cette organisation, la canadienne Michaëlle Jean a été l’invitée de l’émission Internationales, co-animée par TV5 Monde, Rfi et Le Monde. Toutes les questions ou presque lui ont été posées et elle a y répondu sans hésitation. A propos de la République du Congo, concernant le changement constitutionnel, elle a fait observer qu’il s’agit, à ce jour, que d’une hypothèse. Ce qui n’a pas empêché deux sites internet, africa-info.org et camer.be, en mal d’analyse d’imaginer dans cette intervention des menaces de sanction de l’OIF contre le Congo.


« … Nous sommes sur l’hypothétique. Ça reste une hypothèse. Il faut voir aussi comment les choses vont évoluer. Pour le moment je ne m’en voudrais quand même de me prononcer sur quelque chose qui demeure une hypothèse ». Ainsi, répond-elle, à la question de savoir si l’OIF ne trouverait « rien à dire, si le Congo Brazzaville met les formes et change sa constitution ».

Cette réponse de Michaëlle Jean, comme celles qui ont précédé celle-là et qui ont spécifiquement porté sur la République du Congo ne porte aucune ambigüité. Les journalistes ont, en effet, consacré un bon moment de leur échange (questions-réponses) avec la secrétaire générale de l’OIF au rôle de cette organisation dans le « respect des constitutions » en Afrique, notamment.

A ce sujet, Michaëlle Jean réponds en s’appuyant sur les principes de base de l’organisation qu’elle dirige : « Par la charte de la francophonie, nous encourageons constamment au renforcement de l’Etat de droit, le respect de l’Etat de droit, le respect des lois organiques électorales, le respect des constitutions. Ceux qui dérogent forcement se retrouvent aussi face à la sanction ; la sanction de la francophonie, mais la sanction aussi des populations ». A l’évidence, cette réponse sans équivoque ne nomme aucun pays.

D’ailleurs, voici ci-dessous, les questions des journalistes et les réponses de la Secrétaire générale d l’OIF qui ont directement concerné le Congo, au cours de cette émission du 22 mars dernier :

- Que dire aujourd’hui de la situation au Congo-Brazzaville, par exemple, avec des velléités très fortes de projet de lois pour le changement de la constitution. Qu’est-ce que vous en pensez ?
- Alors, en ce moment que je sache on en parle beaucoup, mais je n’ai pas vu encore le président Sassou N’Guesso s’avancer et dire je vais modifier la constitution. C’est sûr qu’il se retrouve…

- Et s’il le fait, vous allez réagir ?
- Mais, forcement il faudra réagir…
- Vous condamneriez par exemple le changement de la constitution ?
- Ecoutez, je pense déjà, lorsque des constitutions ont été violées, l’ordre constitutionnelle et l’Etat de droit a été violé par d’autres pays, nous les avons suspendus …

- Si le Congo Brazzaville met les formes et change sa constitution, vous ne trouvez rien à dire ?
- Nous sommes sur l’hypothétique. Ça reste une hypothèse. Il faut voir aussi comment les choses vont évoluer. Pour le moment je ne m’en voudrais quand même de me prononcer sur quelque chose qui demeure une hypothèse.

Les arrières pensés sont lisibles dans les questions des journalistes. Mais, d’une part, la Secrétaire générale de l’OIF ne s’est appuyée que sur les principes de l’organisation pour répondre et, d’autre part, elle a refusé de verser dans ce vaste procès d’intentions mené contre le Congo et ses institutions depuis que les Congolais débattent librement, entre eux, sur l’opportunité de changer ou non la constitution en vigueur dans leur pays.

Pourtant, le site africa-info.org et son relais camer.be ont choisi de faire une lecture biaisée et tronquée de cette intervention de Madame Michaëlle Jean, pour y loger des menaces imaginaires que l’OIF aurait proférées contre la République du Congo.

En effet, le 23 mars dernier, ces deux sites ont respectivement publié et relayé un article sous un titre péremptoire, à savoir : « Constitution: Sassou Nguesso dans la ligne de mire de l’OIF ».

L’auteur de cet article qui doit regretter le silence de la secrétaire générale de l’OIF sur une telle déclaration allègue, dès le début de son article, que « l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vient d’annoncer la suspension du Congo-Brazzaville de l’institution au cas où le président Denis Sassou Nguesso au pouvoir depuis bientôt 26 ans s’entêtait à changer la constitution (révision, modification ou changement) pour se porter encore candidat en 2016 ».

La lecture véritablement tronquée des propos de Madame Michaëlle Jean par ces deux sites, s’inscrit indubitablement dans le sillage de la cabale médiatique qu’organise certains pays occidentaux contre les pays africains, dont le Congo.

Le titre, le lead et le corps de cet article constituent, plutôt, un mélange hétérogène, caractéristique d’une escroquerie journalistique dont ont fait montre ces deux sites et qui ne les honore guère.

Car, l’article supposé renseigner les lecteurs sur les termes précis des propos de la secrétaire générale de l’OIF menaçant le président Denis Sassou Nguesso de sanction, n’a évoqué l’émission Internationales, que juste pour rendre compte du « Mémorandum sur la gouvernance de la présidentielle 2016».

Il vient, cet article, prouver s’il en est besoin que l’avènement de l’Internet a ouvert le métier de journaliste à des francs tireurs qui n’ont de cette profession, ni règle, ni respect. Il est évident que s’il était écrit par un professionnel, cet article aurait eu un autre titre et le titre aurait lui, mérité un autre ‘’corps’’. Hélas !

En tout état de cause, il n’y a pas de puissance quelconque voulant violer l’ordre constitutionnel au Congo. Le débat sur le changement ou non de la constitution du 20 janvier 2002 est librement mené dans les états-majors politiques et au sein de la société civile. C’est l’essence même de la démocratie.

Au-delà des insinuations et de la manipulation, les Congolais ne sont in inquiétés, ni n’effrayés par d’éventuelles sanctions de l’OIF qui ne s’autorisera pas le pouvoir d’interdire à un seul peuple le droit de décider souverainement de son destin.


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