Djamil Ahmat

L'ex-président du sénat nigérian accuse le Tchad de soutenir Boko Haram


Rédigé le Dimanche 5 Mars 2017 à 23:22 | Lu 1948 fois | 0 commentaire(s)

L'ancien Président du Sénat nigérian porte de graves accusations contre le Tchad, l'accusant de soutenir Boko Haram, sans fournir de preuves. Il incrimine également le Cameroun, un acteur clé dans la lutte contre le groupe terroriste.


L'ex-Président du Sénat du Nigéria. Crédits photo : Sources
L'ex-Président du Sénat du Nigéria. Crédits photo : Sources
Certains semblent avoir déjà oublié le lourd tribu et le sang versé par l'armée tchadienne sur le front de guerre contre Boko Haram. Ameh Ebute, ancien président du sénat nigérian n'a pas trouvé mieux -pour rendre hommage aux armées engagées- que d'écrire une lettre à l’ONU où il accuse ouvertement le Tchad et le Cameroun de soutien à Boko Haram (Etat Islamique en Afrique de l'Ouest).

« Chaque fois que les insurgés frappent au Nigeria, ils s’enfuient dans l’un ou l’autre pays pour se réfugier. Pendant ce temps, ils récupèrent, se revigorent pour attaquer de nouvelles fois au Nigeria. Ces pays ont montré peu ou pas de préoccupation au sujet des atrocités de la secte sur les Nigérians, en dépit des plaintes fortes et constantes du Nigeria », argumente Ameh Ebute, sans pour autant avancer la moindre preuve. Et d'ajouter que « lorsque Boko Haram a changé de direction en 2015, le président tchadien Idriss Deby a agi de manière suspecte en confessant ouvertement que la secte Boko Haram avait maintenant un nouveau chef, Abubakar Shekau, ayant été remplacé par Mahamat Daoud, qui est susceptible de dialogue. Le fait qu’il ait montré une connaissance si intime de la disposition du nouveau chef de Boko Haram soulève des soupçons sur sa proximité avec eux et les liens externes ».

La réaction de l'ONU

L'Organisation des Nations Unies a réagi par le biais du porte-parole de son secrétaire général, Stephane Dujarric : « J’ai vu des articles sur la lettre mais pas la lettre (...) l'ONU a toujours pu compter sur la coopération de tous les pays du Bassin du Lac Tchad dans la lutte contre Boko Haram ».

Pas de réaction officielle du Tchad

Le Tchad n'a pas encore réagi à ces graves accusations, toutefois, des diplomates tchadiens ont d'or et déjà jugé "absurde" les accusations. "Le Nigeria a joué un double jeu ; en catimini, l'ex-gouvernement de Goodluck a forcé le soutien militaire du Tchad, et aux yeux de son peuple et du monde, il a minimisé notre intervention militaire, jusqu'à nous refuser de façon injustifiée le droit de poursuite à plusieurs reprises", souligne aujourd'hui un diplomate qui a requis l'anonymat et qui va plus loin, "le Tchad a sauvé in extremis le Nigeria".

Pour un conseiller à la Présidence du Tchad, le Nigeria "n'a pas digéré que le commandement de la force multinationale soit positionné à N'Djamena".

Un double jeu du Nigeria

En 2015, Idriss Déby avait révélé -lors d'une conférence de presse au Palais présidentiel- qu'Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, avait été localisé à Maïdugri alors qu'il recevait des soins, mais les autorités nigérianes avaient formellement refusé une intervention des forces spéciales tchadiennes visant à le neutraliser, permettant sa fuite.



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