Djamil Ahmat

Tchad : Ces 5 questions que se pose le Président Déby sur la prochaine constitution


Rédigé le Lundi 13 Mars 2017 à 19:08 | Lu 2170 fois | 0 commentaire(s)

Le chef de l'Etat Idriss Déby n'a pas manqué de faire part de ses préoccupations en posant plusieurs questions, cinq précisément, pour "alimenter la réflexion".


Le grand chantier de modernisation des institutions est enclenché à travers le Haut Comité des réformes institutionnelles, créé par le Décret N°681 du 25 octobre 2016. Il est investi d’une mission fondamentale : celle de piloter l’un des chantiers les plus importants du présent quinquennat.

Le Président de la République, le Premier Ministre -qui préside Haut Comité des Réformes Institutionnelles-, les membres du comité, les Présidents des Grandes Institutions de la République, et les membres du bureau du Cadre National de Dialogue Politique (CNDP) se sont réunis, le 8 février dernier, au Palais présidentiel afin de lancer les travaux du comité.

Le chef de l'Etat Idriss Déby n'a pas manqué de faire part de ses préoccupations en posant plusieurs questions, cinq précisément, pour "alimenter la réflexion" :
1.    Dans quel sens faire évoluer la forme de l’Etat et l’organisation territoriale de la République ?
2.    Comment assurer un meilleur aménagement des Grandes Institutions de l’Etat ?
3.    Quelles sont les garanties juridiques et sociales à mettre en place afin de promouvoir le rôle de la femme dans la conduite des affaires publiques ?
4.    Quel est le meilleur cadre d’organisation des élections futures ?
5.    Quelles autres dispositions législatives et constitutionnelles nécessiteraient des adaptations en considération des objectifs que nous venons d’énumérer ?

Le Président de la République a appelé "à réfléchir et à proposer des reformes pertinentes et adaptées aux spécificités de notre pays", et ce, "sans tabou", afin d'évoquer "toutes les thématiques susceptibles de concourir à la réalisation de l’objectif de consolidation des institutions et de pérennisation de la stabilité".

Les organisations de la société civile se sont lancés depuis deux semaines, le 28 février dernier, dans des échanges sur ces futures réformes institutionnelles au Tchad.

Un processus qui doit être conclu avant la fin du premier semestre 2017

"Ce processus doit être conclu avant la fin du premier semestre 2017", le comité n'a donc que jusqu'à fin juin pour aboutir à un projet consistant, soit moins de 4 mois. En effet, il devra avant cette échéance déposer les conclusions de ses travaux.

Un forum National de validation des reformes

Le dépôt du rapport final au Président de la République sera sanctionné par la tenue d’un Forum National de validation des reformes, avec pour souhait "d'aboutir à satisfaire les attentes et espoirs de nos populations et mettre notre pays sérieusement sur l’orbite de l’émergence", selon les propos de l'actuel Premier ministre.

Ce forum découlera de la mise en place d'un comité par arrêté du premier ministre qui est chargé de son organisation.

Un contexte sceptique et inadapté à la réforme envisagée ?

S'agissant de la question du fédéralisme, il n'y a pas assez de décentralisation et de déconcentration. Le fédéralisme n’est pas dans l’intérêt du Tchad, d’abord au niveau des mentalités, car il est entendu comme une sécession. Il faut transformer d’abord la mentalité.

Le Tchad est un pays à turbulences politiques et qui compte trop d’analphabétisme. La ville de N’Djamena par exemple, est trop divisée : on distingue des quartiers pour telle partie de la population ou autre. On ne peut pas procéder à un découpage fédéral sans tenir compte de plusieurs de ces indicateurs dangereux.

Aussi, il faut tenir compte de la vitalité d’une fédéralité, certains Etats n’ont pas la possibilité de s’auto-gérer (charges standards, revenus).



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