Bonjour,
une réflexion par rapport aux affirmations de M. Raymond Tsiranana:
De fait, l'Histoire de Madagascar s'est faite autour de conflits inter ethnies, à une époque de son cours, et il est vrai qu'entre autres, les Merina ont entrepris un acte d'unification de l'île. C'est même ainsi que nous sommes arrivés à ce stade où Madagascar est un pays et non un ensemble d'Etats contigüs. Et il en est ainsi, les communautés comprenant plusieurs ethnies ont su s'accommoder de cette situation. Il est regrettable que M. Tsiranana Raymond, en partant de remarques pertinentes sur la personne de Andry Rajoelina et de ses méfaits, en arrive à faire un affront sur l'unité du peuple malgache, en clamant que l'ethnie Merina veuille "confisquer" le pouvoir. Et que dire des décennies pendant lesquelles des personnalités appartenant aux ethnies autres que Merina ont été mis au pouvoir par le peuple, toutes ethnies confondues (notamment les Merina, tient, encore eux...)?
Etrangement, la manière d'annoncer les opinions de M. Raymond Tsiranana ressemble fort à une méthode "démocratique" mais discriminatoire, voulant discréditer une ethnie particulière faisant - qu'on le veuille ou non - partie intégrante de la nation malgache, tout comme le fait que telle ou tele autre ethnie en fait aussi bien partie.
De tous temps, le souhait par un dirigeant de se maintenir au pouvoir s'est accompagné de l'usage estimé "légitime" et "légal" de la force par celui-ci, ce que récrient aussitôt ceux qui veulent sa destitution. Et le président Tsiranana (homonyme ou parent de M. Raymond Tsiranana?) en fait partie. Les malgaches se souviendront à jamais du "tchak-tchak zato, arivo" qui se traduit par "tchak-tchak (bruit du machette qui s'abat sur sa victime), cents, mille..." que Tsiranana aurait bien voulu appliquer pour éviter d'abdiquer en 1972...
CQFD, nul besoin d'insinuer en l'incriminant une appartenance ethnique pour expliquer telle démarche. Cela a toujours été - avant l'avènement de la démocratie - la méthode privilégiée par tout conquérant, accompagné d'une coalition (ou annexion, selon le cas) par alliance, dans une démarche pacifique...
Donc, récrier la procédure abjecte du dictateur Andry Rajoelina, oui, mais y adjoindre un souffle de discrimination ethnique, non!
Un citoyen malagasy exaspéré de constater qu'au troisième millénaire, il y ait toujours des personnes empreintes à outrance d'animosité contre une ethnie autre que la leurs.