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REACTION

la folie des elections


Alwihda Info | Par Moussa Goudja - 4 Novembre 2014 modifié le 4 Novembre 2014 - 11:21


En Afrique, le processus démocratique est généralement réduit à la propagande électorale et à des élections. Cette façon de voir constitue un obstacle majeur à la réalisation d’un progrès et d’un développement réels du Continent.


l'alternance n'est pas une panacée

Au contraire de la dictature accoucheuse de silence collectif, la démocratie repose généralement sur la liberté d’expression qui garantit au citoyen la possibilité d’exprimer son accord ou son désaccord sur les actes de gouvernance. Mais les nuisances de l’excès n’inspirent-elles pas des craintes ; de troubles à l’ordre public ?

En Afrique, le processus démocratique est généralement réduit à la propagande électorale et à des élections. Cette façon de voir constitue un obstacle majeur à la réalisation d’un progrès et d’un développement réels du Continent.

Prenons l’exemple de la France qui constitue pour nous un modèle de démocratie. Leur processus démocratique a commencé au début du 19ème siècle, il a fallu attendre en 1944, pour que les femmes aient le droit de vote et c’est en 1962 que les élections présidentielles soient soumises au suffrage universel. Les Français ont d’abord pensé à baliser l’axe autour duquel la démocratie peut graviter. Toute construction commence par la base et non par le sommet.

Nous devons aussi faire l’essentiel avant d’arriver aux élections. Mais comme chacun voulant gouter le poste du président, nous n’avons fait que le service minimum du système. Les pays d’Asie se sont développés sans élections présidentielles.

Notre processus démocratique ressemble un peu à un voyage en pleine saison de pluie sur une route non bitumée. À chaque fois, quand la voiture s’embourbe, au lieu d’aider le chauffeur à sortir la voiture de la merde, on préfère faire campagne auprès des passagers pour demander le remplacement du chauffeur. Mais en réalité que peut-il faire ce nouveau conducteur ? Une réponse précise à cette question nous édifiera à repenser notre système démocratique.

A propos des élections en Afrique, Béchir BenYamed, dans son éditorial intitulé « Ce que je crois » publié dans Jeune Afrique N° 2540 du 13 au 19 Septembre 2009, je cite : « Dans les pays où la démocratie n’est pas encore solidement installée, les élections pluralistes, même lorsqu’elles sont contrôlées par une commission indépendante, scrutées par des Observateurs internationaux et par la presse, validées par un conseil constitutionnel ne donnent plus un pouvoir reconnu légitime et par conséquent accepté par l’ensemble des forces politiques du pays. Maintenant on n’arrive pas à reconnaitre qui, de vainqueur et du vaincu, a raison, lorsque les torts sont partagés. Comment faire pour aider le pays à retrouver la concorde et à se remettre au travail dans la sérénité ».

Nous vivons une grave maladie infantile de la démocratie. L’alternance vue panacée ne fait plus fortune, car là où le changement a eu lieu , les choses ne vont pas mieux du fait de l’absence d’imagination chez les nouveaux venus qui montrent ainsi qu’ils ne valent pas mieux que ceux qu’ils ont remplacés. Ne dit-on pas que les idées gouvernent le monde.

C’est triste et dramatique, mais c’est bien ainsi que les pays africains sont malheureusement gérés. À chaque changement de régime, le peuple reprend de l’espoir, croyant en des lendemains meilleurs. Mais, au bout du compte, ce sont toujours des lendemains qui déchantent et des espérances trahies.

En effet, c’est un fait récurrent, que nos hommes politiques qui convoitent le pouvoir, ne prennent presque jamais la peine de faire en toute objectivité, un diagnostic correct, sérieux et sans complaisance, des maux les plus tendances dont leurs peuples souffrent et ses préoccupations majeures les plus pressantes qu’ils devront résoudre en priorité une fois arrivés au pouvoir. Voila ce qui devrait être réellement, l’objet de leurs programmes politiques, à traduire dans les faits, sur la base d’un plan directeur précis de mise en œuvre une fois au pouvoir, et non de simples slogans creux de campagne électorale, afin d’arnaquer les citoyens pour que ces derniers votent pour eux.

Au Tchad, nous disposons actuellement plus de (200) partis politiques. Cela en dit long sur l’absence des projets sérieux, car il est impossible qu’il y ait autant de variante de modèle de société. Ces chefs des partis n’ont pour seule plate forme la contestation. Rares sont les partis politiques qui avaient élaboré un projet crédible englobant des solutions idoines. Certains étaient tout simplement aigris, parce que le pouvoir les a écartés.

Ces chefs des partis, pendant la campagne, faisaient des promesses oniriques, laissant croire qu’une fois au pouvoir, ils feraient sur le champ couler le lait et le miel. Quel mensonge !

Même en cas d’alternance, le changement a toutes les chances de n’être que d’hommes. Ne nous laissons pas tromper. Ils songent seulement à conquérir le pouvoir afin d’en profiter à leur tours.

La prudence recommande sans doute de donner confiance au Diable qui a fait ses preuves qu’à l’Ange affamé et inexpérimenté

Moussa Goudja
66 24 03 08.






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