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AFRIQUE

Burkina Faso : 275 000 personnes fuient une nouvelle flambée de violence


Alwihda Info | Par NRC - 15 Septembre 2021

La lenteur et l'insuffisance de la réponse humanitaire contraignent les populations à choisir entre la violence et la faim, avertit le Conseil norvégien pour les réfugiés.


Dori, région du Sahel au Burkina Faso. Crédits photos Tom Peyre-Costa/NRC.
Dori, région du Sahel au Burkina Faso. Crédits photos Tom Peyre-Costa/NRC.
L'augmentation de la violence au Burkina Faso a forcé en moyenne 13 000 personnes par semaine, à fuir leur foyer depuis avril. Près de 500 civils ont été tués, les attaques des groupes armés dans les villes de Solhan et d'Arbinda étant les deux plus meurtrières de l'histoire récente du Burkina Faso.
« Malgré la montée en flèche du conflit, l'opération humanitaire visant à aider les personnes dans le besoin prend beaucoup de retard. Une grave pénurie de financement de l'aide, combinée à un manque de capacité des autorités locales, empêche les organismes de secours comme le nôtre de réagir à temps », a déclaré Manenji Mangundu, directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR) au Burkina Faso.

Les autorités gouvernementales, chargées d'enregistrer les personnes affectées, ont du mal à gérer un nombre toujours croissant de personnes. Depuis le mois de juin, les organisations humanitaires demandent explicitement que l'enregistrement et le partage d'informations se fassent en une semaine. Il faut actuellement plusieurs semaines avant que les familles nouvellement déplacées, puissent recevoir une aide telle que de la nourriture et un abri.
« Nous demandons au gouvernement de nous laisser intervenir et d'apporter notre soutien. Les organisations humanitaires ont la capacité d'aider les personnes dans les zones les plus inaccessibles où l'aide est urgente, complétant ainsi le travail essentiel des autorités », a déclaré M. Mangundu. Le fait de ne pas répondre aux besoins humanitaires urgents oblige les familles vulnérables à faire un choix impossible entre nourrir leurs enfants et leur propre sécurité.

De nombreuses personnes disent au NRC qu'elles veulent rentrer chez elles pour accéder à leurs stocks de nourriture et nourrir leurs familles, mais qu'elles craignent les attaques. D'autres personnes déplacées font un choix différent, mais tout aussi douloureux : rester dans une zone assiégée où les pénuries alimentaires sont devenues si critiques qu'il n'y a plus que des feuilles à manger, ou marcher pendant plusieurs jours à la recherche de nourriture. Ces dernières semaines, des dizaines de femmes de la ville de Mansila ont parcouru 40 kilomètres à pied jusqu'à la ville de Sebba avec leurs enfants pour chercher de l'aide, mais elles n'ont reçu aucune assistance depuis leur fuite.








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