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AFRIQUE

Centrafrique : Un pacte de non-agression Anti-Balaka/UPC


Alwihda Info | Par MD - 27 Janvier 2016



© AFP
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Il y a quelques jours, deux personnalités réputées ont décidé de faire la preuve de leur intention réelle de s’engager pour une pacification définitive de notre pays : le Général Ali Darrass, ex-personnalité militaire de l’ex-Séléka, figure des Peuls et représentant aujourd’hui l’UPC, et Patrice Edouard NGaissona, chef historique et représentant les anti-balakas. Ils se sont engagés par un geste très fort en ces temps de sortie de crise par la signature d’un pacte de non agression entre les deux parties ex-ennemies. Un signe que tous les Centrafricains sont convaincus de la nécessité de concentrer leurs efforts sur la préservation de la stabilité du processus électoral.

Une initiative partie de Bambari

Au lendemain du 1e tour des élections, la presse Banguissoise titrait : « Bambari, la ville modèle : tout s’est parfaitement bien passé ». Bambari, fief des Peuls et de plusieurs groupes d’Anti-Balakas, fut le théâtre d’affrontements, de tensions entre les communautés et avaient sombré dans la détestation. Bambari est à présent devenue la ville paisible que l’on n’aurait osé imaginer il y a encore quelques mois.
Faut-il y voir le signe annonciateur d’un apaisement général qui s’étend sur le reste de notre pays de jour en jour ? C’est bien probable. En tout état de cause, à Bambari, c’est bien le dialogue qui a permis d’apaiser les tensions entre groupes qui jadis ne trouvaient pas les clés du dialogue et de la cohabitation. Depuis quelques jours, ce retour au dialogue est bien le fait d’hommes qui ont eu le courage de prendre leurs responsabilités et se rassembler autour d’une table.

Un pacte inclusif repris au niveau national

Ce rapprochement a conduit les deux représentants de chacune des parties, le Général Darrass et Patrice Edouard NGaissona, à s’engager à un niveau national et à promettre respect et bonne cohabitation entre leurs deux communautés. Ainsi, ils ont pu rédiger un pacte national de non-agression et de bonne cohabitation. Le document, signé de la main des deux chefs juste avant les élections, couvre la totalité de la période électorale et peut s’étendre bien au-delà. De plus, Darras et NGaissona s’engagent à ne commettre aucun acte de violence à l’encontre des populations, des forces internationales et à favoriser la libre-circulation de chacun. Enfin, cet accord prévoit à ne recourir aux armes que dans un cas de force majeure et dans le respect de la légitime défense. Mais nous retiendrons de cet accord un aspect complémentaire et non des moindres : c’est bien un accord inclusif qu’ont signé les deux leaders. Toutes les autres communautés du pays pourront venir s’y adjoindre en apposant leurs signatures. Ce pacte ouvert raisonne comme une incitation à emboiter le pas des deux communautés.


Un geste symbolique fort

La signature de cet accord par deux poids lourds, qui se sont illustrés par un engagement très dur durant la crise, constitue une véritable reconnaissance culturelle mutuelle et un gage de cohésion sociale pour l’avenir. C’est ainsi que les composantes de la citoyenneté centrafricaine se rapprochent et décident, non seulement de se reconnaitre, mais aussi de s’accepter et de se fondre dans une seule identité : être centrafricain ! C’est dire la portée symbolique de ce geste.
Depuis la mise en place de ce pacte, force est de constater que ça marche ! Aucune entorse à l’accord n’a été constatée depuis sa signature. En effet, le référendum s’est très bien déroulé à Bambari, le 1e tour également. A présent, Peuls et Anti-balakas se retrouvent à la même table chaque semaine pour une réunion de sécurité. Le protocole prévoit également la désignation de deux émissaires chargés de faciliter le travail avec la police et la justice.

Faut-il voir dans ce pacte l’engagement définitif de ne plus se diviser et de se respecter dans notre pays qui commence à peine à panser ses plaies ? C’est fort possible. Cette signature révèle une prise de conscience par deux hommes que tout a pu opposer durant la crise : c’est le fait qu’ils représentent des communautés qui convergent vers un même dessein : une nation Centrafricaine unie et indivisible.

MD



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