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# Dégel des relations algéro-marocaines : réalité ou utopie ?
- URL: https://www.alwihdainfo.com/degel-des-relations-algero-marocaines-realite-ou-utopie-a4777/
- Published: 2012-01-25T20:37:00.000Z
- Updated: 2026-04-02T13:21:27.000Z
- Author: Farid Mnebhi
- Tags: POINT DE VUE, #Import 2026-04-02 13:20

Dégel des relations algéro-marocaines : réalité ou utopie ?  
Sur invitation de son homologue algérien, le Ministre marocain des Affaires  
Etrangères, Monsieur El Othmani, a effectué une visite officielle en Algérie  
du 23 au 24 janvier 2012.  
Cette visite avait pour but la redynamisation des relations maroco-algériennes  
avec pour priorité la levée des obstacles qui grippent la réalisation de cet  
objectif.  
Il y a lieu de noter que les questions de l’ouverture des frontières avec ce  
pays voisin et le dossier du Sahara marocain bloquent toute initiative louable  
pour les deux pays et portent préjudice à leur développements économiques,  
social harmonieux, au bien être de leur population, mais aussi à la sécurité  
et à la stabilité de la région maghrébine et Saharo-Sahélienne.  
C’est pourquoi, le ministre marocain a tenu à préciser d’emblée que sa  
visite s’inscrivait dans le cadre dune volonté commune des deux pays de tirer  
avantage de la conjoncture régionale et internationale afin de booster les  
relations bilatérales maroco-algériennes pour le bien des peules de la  
région.  
Le responsable marocain a également plaidé en faveur d’une concertation  
dans la relance de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) et des ses organes  
institutionnels en stand by depuis belle lurette.  
Une analyse de ses interventions fait ressortir en filigrane qu’il impute la  
médiocrité des relations maroco-algériennes, à tous les niveaux, et le gel  
des activités de l’UMA à deux entraves, la question des frontières et le  
dossier du Sahara marocain.  
Le ministre algérien des affaires étrangères, Monsieur Medelci, pour sa part  
et comme à l’accoutumé, s’est abstenu de soulever ces deux questions.  
Il s’est contenté d’une déclaration laconique dans laquelle il évoque  
brièvement «la volonté de renforcer les relations bilatérales». «Tous les  
facteurs plaident en faveur d’une ouverture des relations entre l’Algérie  
et le Maroc, année après année et dans tous les domaines, notamment  
économiques» a-t-il estimé, imitant en cela la politique « des petits pas »  
cher à l’ex-secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger. Il a oublié  
qu’il n’en a ni la carrure et encore moins les compétences et que les  
dossiers de l’ouverture des frontières, du Sahara marocain et de la  
diplomatie relèvent exclusivement de la DRS, dirigée par le général Mediene  
le véritable patron de l’Algérie.  
Le chef de l’Etat algérien avait de plus balisé, sur ordre de la DRS, les  
conditions cette visite, à savoir que :  
I/ « la relance des relations bilatérales se fera sur le strict respect du  
droit et de la légalité internationale et qui ne saurait se faire sur le dos  
du peuple sahraoui », selon les termes de Bouteflika.  
Je rappellerai aux lecteurs que Monsieur Bouteflika n’a jamais fait  
d’études primaires, ni participé directement à la guerre d’indépendance  
de son pays, et ne doit sa promotion directe au grade commandant sous le nom de  
« commandant Abdelkader » qu’à son mentor, Boumediene, lui-même  
autoproclamé Colonel, tous deux installés à Oujda avec le troisième larron,  
l’ancien président Ben Bella, ex-adjudant de l’armée française, et tous  
trois sous protection marocaine.  
Ce Monsieur (Bouteflika) ne peut ignorer la justesse de la cause marocaine et  
les droits juridiques irréfutables du Maroc sur ses provinces Sahariennes en sa  
qualité d’ancien ministre des affaires étrangères.  
Il est vrai que vu l’âge et l’état de santé précaire du président  
algérien ainsi que l’ignorance de certaines parties hostiles au Maroc sur ce  
dossier, il est opportun de leur faire un petit rappel sur les quelques  
éléments historiques et juridiques qui attestent de la marocanité de  
l’ex-Sahara espagnol.  
A/Tout d’abord, sur le plan historique et juridique  
Les deux provinces sahariennes, arbitrairement dissociées par l’Espagne de  
la question de Sidi Ifni et de Tarfaya, auraient dû être restitué au Maroc au  
même titre que les territoires cités en supra.  
En effet, dès son indépendance, le Maroc n'a cessé de revendiquer les  
territoires qui lui avaient été arbitrairement arrachées. La Déclaration  
commune franco-marocaine du 2 mars 1956, mentionne outre, la reconnaissance de  
l'indépendance, l'intégrité du territoire du royaume, dont ces deux  
provinces sahariennes. De plus, la Déclaration conjointe hispano-marocaine du 7  
avril de la même année, réaffirme sans ambiguïté « (...) l'unité  
territoriale de l'Empire (...) ».  
Le 25 février 1958, le sultan Mohammed V prononçait à M’Hamid Al Ghizlane,  
aux confins du Sahara occidental, un discours historique mettant en exergue la  
fidélité des tribus sahariennes et leur attachement à la monarchie régnante.  
Dans ce discours, Mohammed V a réaffirmé sa volonté de « (...) poursuivre  
son action pour la restitution du Sahara occidental ».  
En vue d'accélérer le processus de décolonisation du Sahara occidental, le  
Maroc soumettait, dès 1963, la question du Sahara occidental au Comité des  
Nations Unies sur les territoires non autonomes. Le 16 décembre 1965,  
l'Assemblée générale de l'ONU, à travers sa résolution 2072 (XX), prie «  
(...) instamment le Gouvernement espagnol (...) de prendre immédiatement les  
mesures nécessaires pour la libération de la domination coloniale des  
territoires d'Ifni et du Sahara occidental et d'engager à cette fin des  
négociations sur les problèmes relatifs à la souveraineté que posent ces  
deux territoires ».  
Le 1er avril 1958, le Maroc a pu récupérer Tarfaya grâce à la signature de  
l'Accord de Cintra et puis Sidi Ifni par le traité de Fès du 4 janvier 1969.  
  
Néanmoins, le Maroc continuait à soutenir que son intégrité territoriale ne  
serait achevée qu'après la restitution de tous les territoires dont il a  
été dépouillé.  
Devant les tergiversations espagnoles, le Maroc, appuyé par la Mauritanie, a  
demandé à l'Assemblée générale de l'ONU de saisir la Cour Internationale  
de Justice (CIJ), pour un avis consultatif relatif à la nature des liens  
juridiques existant entre le Maroc et le Sahara occidental d'une part, et entre  
celui-ci et l'ensemble mauritanien d'autre part.  
En statuant sur le fond, la CIJ a conclu, dans son avis consultatif rendu le 16  
octobre 1975, à l'existence de liens d'allégeance entre certaines tribus du  
Sahara occidental et les sultans marocains. Le Maroc a considéré, qu’à  
travers cet avis, la CIJ a reconnu la marocanité du Sahara dès lors qu'elle a  
constaté l'existence de liens d'allégeance entre le Maroc et les tribus  
sahraouies.  
Le 16 novembre 1975, le Maroc a organisé une Marche verte à travers laquelle  
il a pu récupérer le territoire du Sahara occidental.  
Plusieurs autres arguments renforcent la thèse de la marocanité du Sahara,  
dont l'effectivité de la juridiction marocaine sur ce territoire s'inscrit  
dans l'histoire lointaine de l'empire chérifien, les actes d'allégeance des  
tribus sahraouies aux sultans marocains, les dahirs de nomination des caïds,  
qui exerçaient une autorité effective au Sahara occidental, au nom du Sultan,  
la perception d'impôts coraniques et les actes militaires de résistance à la  
pénétration étrangère sur le territoire, la gestion des services publics au  
Sahara occidental par le Maroc, l’application de législation marocaine et le  
prononcé des jugements au nom du Sultan .  
B/ Ensuite, sur le plan onusien  
Le Sahara occidental reste toujours inscrit sur la liste des territoires non  
autonomes dont la population a le droit à l'autodétermination.  
Force est de préciser que la notion d'autodétermination n'est pas synonyme  
d'indépendance, comme le soutiennent les séparatistes du Polisario et son  
mentor algérien.  
Si ce principe juridico-politique a joué un rôle important dans le processus  
de décolonisation de nombreux territoires colonisés, notamment dans les  
années 1960, il n'en demeure pas moins qu'il a été tendancieusement  
interprété dans la mesure où il a été réduit à la seule notion  
d'indépendance.  
La résolution 1541, adoptée par l'Assemblée générale, 15 décembre 1960,  
libellée, « Principes qui doivent guider les Etats Membres pour déterminer si  
l'obligation de communiquer des renseignements, prévue à l'alinéa e de  
l'Article 73 de la Charte, leur est applicable ou non », a défini les  
modalités d'exercice du droit à l'autodétermination. Elle en a donc retenu  
trois options :  
1) indépendance et souveraineté,  
2) libre association avec un Etat indépendant et,  
3) intégration à un Etat indépendant. Dans le même ordre d'idées, la  
résolution 2625, adoptée par l'Assemblée générale le 24 Octobre 1970,  
intitulée, « Déclaration relative aux principes du droit international  
touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats conformément  
à la Charte des Nations Unies», tout en confirmant les trois options  
précitées, a rajouté une quatrième option, à savoir « l'acquisition de  
tout autre statut politique librement décidé par un peuple ».  
C'est dans ce sens qu'il convient de rappeler l'Initiative marocaine pour la  
négociation d'un statut d'autonomie au Sahara et qui constitue une autre  
forme d'autodétermination.  
Cette initiative est conforme à la légalité internationale dans la mesure  
où elle prévoit une large autonomie, permettant à la population sahraouie de  
gérer elle-même ses propres affaires à travers des instances politiques  
locales élues, sous la souveraineté marocaine.  
Cette proposition prévoit la tenue d'un référendum pour son approbation,  
permettant aussi aux sahraouis d'exercer, dans le cadre d'une large autonomie,  
leur droit à l'autodétermination.  
C’est pourquoi, cette solution proposée par les pouvoirs publics marocains  
est la seule à même de permettre le règlement politique et pacifique d'un  
conflit qui n'a que trop duré.  
Cependant, force est donc de constater que la légalité internationale de la  
marocanité du Sahara dit occidental, combiné au pouvoir effectif exercé par  
l'Etat marocain sur le territoire en question, ne font qu'affaiblir encore  
davantage la posture du tandem formé du Polisario et de l'Algérie, au double  
point de vue, juridique et géostratégique.  
C’est pourquoi, les autorités algériennes ne changeront d’un iota leur  
position sur cette question. Alger tient à conserver par tous les moyens son  
hégémonie sur la région.  
Une ouverture sur ce dossier sensible pourrait remettre en cause également le  
nationalisme dans lequel elles puisent régulièrement son pouvoir et permet à  
l’oligarchie militaro-civile qui gouverne l’Algérie depuis son  
indépendance de conserver tous les leviers de l’Etat au détriment du peuple  
algérien.  
II/ pour ce qui de l’ouverture des frontières, il faut reconnaître que la  
propagande et la désinformation algériennes est très forte. Les cours  
dispensés par les académies de l’ancienne Europe de l’Est, Ex-URSS en  
tête, à leurs élèves algériens auraient porté ses fruits si ce n’était  
l’avènement des moyens d’informations modernes (Internet, face book,  
twiter, SMS, téléphonie mobile).  
Je m’explique, en 1973 le Maroc décida de nationaliser les terres agricoles  
appartenant à des français, portugais, espagnols, algériens et autres. Tous  
ont été indemnisés et aucune famille n’a été expulsée ou expropriée.  
Que cela soit clair et les archives des consulats des pays précités peuvent  
l’attester, excepté bien sûr ceux de l’Algérie.  
Pour le cas des algériens, il est avéré qu’aucune famille n’a été  
expulsée du Maroc ou expropriée de ses terres. Si certaines d’entre elles  
l’ont été c’est tout simplement par ce qu’elles ne possédaient pas de  
titre foncier et avaient donc usé d’un bien illégalement.  
D’ailleurs de nombreuses familles algériennes et autres sont restées au  
Maroc après la nationalisation des terres agricoles et leurs enfants et petits  
enfants y résident encore.  
Pour ce qui est de la soit disant expulsion des algériens en 1994, il ne faut  
pas rigoler et prendre les lecteurs pour des imbéciles.  
Dès l’annonce de l’attentat de l’Atlas Asni, les autorités marocaines  
ont décidé la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes  
afin d’intercepter les commanditaires (Des algériens y étant impliqués).  
Les algériens en séjours touristiques ou de passage ont été invités à  
rejoindre leurs pays suivant un délai raisonnable. Il n’y a jamais eu  
d’expulsion manu militari d’algériens résidents légalement au Maroc ou de  
séparation de membres de familles algéro-marocaines.  
Comme le lecteur le constatera la propagande algérienne a totalement travesti  
ces faits pour cacher et justifier l’horrible crime qu’avait commis  
l’Algérie en 1975 en expulsant ignoblement des dizaines de milliers de  
marocains, séparant ainsi des enfants de leur mère et expropriant les  
marocains de tous leurs biens. Il est inutile, par pudeur et respect, de  
s’étaler sur la bestialité des militaires, policiers, agents d’autorités,  
gendarmes, gardes frontières, douaniers algériens qui ont abusé sexuellement  
des femmes et des enfants. Des témoignages ont été recueillis par les  
organisations internationales et déposés après des instances internationales  
avec preuves à l’appui.  
Ceci étant dit que pouvons nous conclure ?  
Si l’on considère les déclarations du ministre algérien qui affirme en  
substance que l'Algérie est disposée à " pousser à son maximum " la  
coopération avec le Maroc et que la question de la frontière avec le Maroc  
doit se faire dans le cadre d'une "vision globale" et qu’Alger ait décidé  
de remiser la question du Sahara marocain, il ne fait pas doute qu’il est  
encore trop tôt pour parler de réconciliation ou d’une possible détente  
entre l’Algérie et le Maroc.  
Pour y arriver, il faudrait que les deux verrous, la question des frontières  
et le dossier du Sahara Marocain, sautent.  
Aujourd’hui, Alger ne semble disposer à lever ces deux obstacles et ce, pour  
des raisons internes.  
Cette visite ne peut donc être qualifiée que de symbolique, et non pas  
d’historique. La réconciliation entre Rabat et Alger, en raison de  
l’obstination des autorités algériennes, n’est pas pour l’heure  
d’actualité. Elle relève plus de l’utopie que de la réalité.  
En vous demandant de bien vouloir publier et diffuser ce papier. Une réponse  
par courriel serait appréciée. Cordialement.