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# GABON: Un journaliste déclare avoir été brutalisé par des gardes présidentiels
- URL: https://www.alwihdainfo.com/gabon-un-journaliste-declare-avoir-ete-brutalise-par-des-gardes-presidentiels-a1529/
- Published: 2008-12-12T06:57:00.000Z
- Updated: 2026-04-02T13:16:59.000Z
- Author: Djamil @
- Tags: ACTUALITES, #Import 2026-04-02 13:16

New York, le 10 décembre 2008-Le Comité pour la protection des journalistes   
(CPJ) est indigné par les reportages selon lesquels un journaliste a été admis   
en soins intensifs après avoir été sévèrement brutalisé le 5 décembre dans   
l'enceinte de la présidence du Gabon où il avait été convoqué.   
  
Le journaliste du nom de Habib Papy Boubendji, a déclaré au CPJ qu'il a été   
convoqué à la présidence pour un interrogatoire suite à la parution, le 27   
novembre, d'un article s'interrogeant sur un possible scandale de corruption qui   
impliquerait Pascaline Bongo, la fille et directrice de cabinet du président   
gabonais, Omar Bongo.  
  
M. Boubendji, un journaliste de l'hebdomadaire satirique Le Nganga, a dit qu'il   
a été agressé à coup de matraques par des membres de la garde présidentielle. Il   
a précisé qu'il n'est plus en soins intensifs mais qu'il est toujours   
hospitalisé à la capitale gabonaise, Libreville, du fait de plusieurs douleurs   
persistantes, des côtes brisées et des contusions.  
Dans un entretien téléphonique avec le CPJ aujourd'hui, Raphaël Ntoutoume   
Nkoghe, le conseiller spécial du président gabonais chargé des relations avec   
les médias, a déclaré qu'il n'était pas au courant de cette bastonnade, mais a   
reconnu avoir vu M. Boubendji peu avant l'incident dans le bureau d'un garde   
présidentiel qu'il ne saurait identifier. Il a cependant souligné que son bureau   
va ouvrir une enquête sur cette affaire.   
  
« Nous appelons les autorités gabonaises à expliquer comment Habib Papy   
Boubendji a été si sévèrement brutalisé à la présidence », a déclaré le   
directeur de la section Afrique du CPJ, Tom Rhodes. «Nous demandons également au   
procureur de la république d'ouvrir immédiatement une enquête sur cette affaire   
et de traduire en justice tous les auteurs de ce crime », a-t-il martelé.   
  
Selon des journalistes sur place, des gendarmes en civil ont ensuite pris M.   
Boubendji de la présidence et auraient fait une descente à son domicile, y   
saisissant des documents, des appareils photos, un magnétoscope et une clef USB,   
avant de l'emmener à l'hôpital. Ces agents auraient exigé une copie de l'édition   
du 27 novembre du journal Le Nganga, qui n'est pas paru depuis la bastonnade de   
M. Boubendji. Les employés du journal ont fermé les bureaux et se sont dispersés   
par crainte de menaces ou d'arrestations, selon un membre du personnel qui s'est   
adressé au CPJ sous le couvert de l'anonymat de peur de représailles de la part   
du gouvernement gabonais.   
  
Dans sa dernière édition, Le Nganga avait publié à la Une un article qui a   
soulevé des interrogations sur le rôle de la fille du président Bongo dans un   
prétendu détournement de deniers publics d'un montant de 600 millions de francs   
CFA (1,2 million de dollars américains), selon des recherches du CPJ. Le   
président Bongo n'a pas publiquement réagi à cet article, mais le Conseil   
national de la communication du Gabon avait convoqué le directeur de la   
rédaction dudit journal, Loïc Biteghe, pour un interrogatoire le 1er décembre,   
selon des journalistes locaux.   
  
M. Boubendji est le troisième journaliste agressé cette année à Libreville dans   
l'exercice de sa fonction, selon des recherches du CPJ. En avril dernier, des   
agents de police avait agressé le cameraman Claude Ada Mboula de la chaîne   
privée, Télé Africa, au cours d'une marche anti-gouvernementale, ce qui lui   
causé six jours d'hospitalisation, selon des médias locaux. Le mois dernier, le   
journaliste Sydney Ivembi du quotidien en ligne, GabonPage, a été agressé par   
la police pendant qu'il prenait des photos lors d'une opération de nettoyage de   
trottoir, selon l'Agence France-Presse.   
  
La presse indépendante du Gabon reste affaiblie par la censure gouvernementale,   
notamment une tendance récurrente à des suspensions d'organes de presse pour des   
couvertures critiques à l'égard du président Bongo, qui est au pouvoir depuis   
1968, et par la pression financière, selon des recherches du CPJ.  
  
Le COMITÉ POUR LA PROTECTION DES JOURNALISTES (CPJ), une organisation   
indépendante, à but non lucratif basée à New York depuis 1981 et devouée à   
defendre la liberté de la presse dans le monde.  
  
N.B. Version Française du communiqué du CPJ du 10 Décembre  
  
LE COMITÉ POUR LA PROTECTION DES JOURNALISTES  
330 7th Avenue, 11th Fl., New York, NY 10001 USA  
Phone: (212) 465 1004 Fax: (212) 465 9568 Web: [www.cpj.org](http://www.cpj.org/?ref=alwihdainfo.com) E-Mail:   
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