Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
AFRIQUE

L'ONU appelle à mener à bien les transitions au Mali et au Burkina Faso rapidement


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 22 Mai 2022

La Sous-Secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique, a regretté, mercredi, devant le Conseil de sécurité, la décision des autorités de transition du Mali de se retirer du G5 Sahel et de sa Force conjointe, alors que le contexte sécuritaire dans la région ne cesse de se dégrader, rapporte ONU Info.


Un hélicoptère de la MINUSMA survolant le Mali, pays africain de la région du Sahel. © MINUSMA
Un hélicoptère de la MINUSMA survolant le Mali, pays africain de la région du Sahel. © MINUSMA
Martha Ama Akyaa Pobee a prévenu qu’il s’agit très certainement d’un recul pour le Sahel, un avis partagé par la plupart des délégations, à l’exception de la Fédération de Russie qui a qualifié cette décision de « logique ».

Dans son propos, Mme Pobee a rappelé que cette Force a été créée en 2017 par les Chefs d’Etat du G5 Sahel sur la foi d’une vision commune et de la volonté de prendre leur destin en mains face au terrorisme dans le Sahel. La décision du Mali est « inopportune et regrettable », a-t-elle dit, tout en notant que les conséquences de cette décision ne peuvent pas encore être appréciées. 

La haute fonctionnaire a également prévenu que les résultats incertains des transitions au Mali et au Burkina Faso ont d’ores et déjà affecté l’opérationnalisation de la Force conjointe, qui s’est considérablement ralentie, relevant en outre que le G5 Sahel ne s’est pas réuni à un haut niveau politique depuis novembre 2021

La situation sécuritaire s'est aggravée

Selon la Sous-Secrétaire générale, depuis la dernière réunion du Conseil de sécurité sur le Sahel, la situation sécuritaire dans la région s'est aggravée.

« Le terrorisme et l'insécurité continuent de se propager, dévastant la vie de millions de personnes. Les civils sont souvent les principales victimes des actes terroristes. Les souffrances et les pertes que subissent les populations civiles aux mains des groupes terroristes sont indescriptibles », a déclaré Mme Pobee.

« L'insécurité alimentaire, les fermetures d'écoles, la désintégration de communautés entières sont les conséquences directes de cette instabilité prolongée et ont un impact durable notamment pour les jeunes, qui se retrouvent sans opportunités et sans perspectives », a expliqué l'experte africaine.

Le retrait du Mali du G5 Sahel, un pas en arrière pour la région

Selon la haute responsable onusienne, la décision des autorités de transition maliennes, le 15 mai dernier, de se retirer du G5-Sahel et de sa force conjointe « est à la fois malheureuse et regrettable ».

Elle a rappelé que la Force conjointe du G5-Sahel avait été créée par les chefs d'État du G5, portés par une vision commune et leur volonté « de prendre leur destin en main et de lutter frontalement contre le terrorisme au Sahel ».

« Les dynamiques politiques et sécuritaires difficiles au Sahel, et les résultats incertains des transitions au Mali et au Burkina Faso en particulier, ont déjà eu un impact sur l'opérationnalisation de la Force conjointe du G5-Sahel, qui s'est considérablement ralentie », a dit Mme Pobee, signalant que depuis plus de six mois, le G5 Sahel n'avaient pas convoqué de réunion politique de haut niveau et que son Comité de défense et de sécurité ne s'était pas non plus réuni.

Elle s’est felicitée des efforts déployés par le commandant de la force conjointe, le général Bikimo, pour continuer à planifier et à mener des opérations de la force conjointe, notamment dans le secteur Centre englobant les pays du Liptako-Gourma, la région la plus touchée par la propagation du terrorisme, « toutefois sans la participation des bataillons maliens », a-t-elle ajouté.

Mme Pobee a affirmé que l’impact du retrait du Mali sur l'organisation et la dynamique de la région reste à voir, mais qu’il s’agit « très certainement d'un pas en arrière pour le Sahel ».

La MINUSMA a fourni un soutien à la force conjointe et continuera tant qu'elle en sera mandatée par ce Conseil.

« La Mission a travaillé avec des contractants pour livrer des consommables de survie aux contingents de la Force et honorera les demandes de soutien reçues par les quatre autres contingents en dehors du Mali ».