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POINT DE VUE

Tchad : Port de casque, question de sécurité publique ou problème de santé publique ?


Alwihda Info | Par yaya Allatchi - 13 Mars 2015



Le port de casque obligatoire qui suscite tant de protestation (chez les étudiants ?) pourrait bien être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la précarité au Tchad. La cherté de vie a atteint des proportions plus qu’inquiétantes. Toutes les circonstances (soient-elles malheureuses) sont bonnes pour les commerçants « véreux » (connus comme tels mais pas inquiétés !) de multiplier les prix à l’infini au détriment du citoyen lambda qui peine ainsi à joindre les deux bouts.

Ce qui est reproché, ou plutôt ce que les contestateurs reprochent (à juste titre ?) au gouvernement c’est son manque de planification, ou plutôt son manque de vision, dans la prise des décisions. Chaque fois c’est toujours pareil. Aucune mesure alternative n’est proposée et les agents de maintient de l’ordre exécutent son application au même zele (a qui profite la mesure !?).

Par le passé, l’interdiction de sachets en plastiques tout comme la restriction sur le bois de chauffe ne sont assorties d’aucune mesure accompagnatrice, advienne que pourra ! Malgré tout le citoyen a pu s’adapter au prix, bien entendu, de quelques privations.

Aujourd’hui encore, c’est le tour du port de casque obligatoire de faire l’objet d’une décision subite et applicable illico. En soit, ce n’est pas une mauvaise mesure. C’est une question de sécurité routière, j’allais dire sécurité publique. Les questions qui taraudent l’esprit et qu’on est en droit de se poser sont légion. Quelles mesures sont prises pour juguler l’inflation automatique sur le prix du casque que nos commerçants ont l’habitude d’infliger aux clients en pareille circonstance ?

Sachant que, faute de transport urbain adéquat, beaucoup des gens, pour se déplacer en ville, se sont rabattu sur les mototaxis ; un même casque sera porté à tour de rôle par plusieurs passagers d’une même moto. Cela ne constitue-t-il pas une source de propagation des maladies contagieuses donc un problème de santé publique ?

Faudrait-il alors interdire les mototaxis à leur tour, sachant que les bus du transport en commun ne couvrent pas toutes les destinations en ville, c’est-à-dire une sorte de soigner le mal par le mal ?

A mon avis il n’est pas toujours nécessaire d’engager un bras de fer pour faire passer une décision soit-elle salvatrice. Ce qu’il est en revanche nécessaire c’est de poser la Ball à terre (comme dirait un célèbre humoriste), c’est à dire une sensibilisation et de mesures d’accompagnement qui pourraient amortir le choc. Il ne faut surtout pas donner un créneau à ceux là qui pour redorer leur propre blasons crient aux loups. Car comme dit un adage populaire et je cite : « le chien aboie par propre peur ».

Allatchi Yaya, Ndjamena.



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