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Tchad : à 16 ans déjà ivres, les dérives inquiétantes des adolescentes à N’Djamena


Alwihda Info | Par Barra Lutter - 25 Mars 2026


Alors que le Tchad célèbre le mois de la femme, une réalité préoccupante persiste dans les quartiers populaires de N’Djamena : la consommation précoce d’alcool par des adolescentes.


Tchad : à 16 ans déjà ivres, les dérives inquiétantes des adolescentes à N’Djamena
Malgré la loi interdisant l’alcool aux mineurs, certaines filles commencent à boire dès l’âge de 16 ans, dans les quartiers comme Chagoua, Kamnda ou Atrone, pour ne citer que ceux-là.

Des fêtes et célébrations propices aux excès
Les périodes festives, telles que le 14 février, le 8 mars, le 25 décembre ou le 1er janvier, sont des moments où ces dérives sont les plus visibles. Dans ces occasions, de nombreuses adolescentes expérimentent l’alcool pour la première fois. Gloria, habitante du quartier Atrone, se souvient : « Je n’avais que 15 ans et je ne savais pas vraiment ce que je faisais ».

La majorité de ces filles viennent de familles vulnérables, où le contrôle parental est limité. Certaines ont quitté leur localité d’origine pour chercher une vie meilleure à N’Djamena, et se retrouvent exposées à des environnements à risque. L’absence de repères, combinée à la pauvreté et au manque de surveillance, crée un terrain propice à l’expérimentation de l’alcool.

Le rôle des parents et des autorités
Le manque de contrôle parental est aggravé par la permissivité de certains commerçants qui vendent de l’alcool aux mineurs, malgré l’interdiction. Les familles ne peuvent pas toujours surveiller leurs enfants en raison des contraintes économiques, et les autorités peinent à faire respecter la loi. Résultat : les jeunes filles consomment souvent de l’alcool sans que personne ne puisse réellement intervenir.

Les conséquences de la consommation précoce d’alcool chez les jeunes filles sont multiples. Sur le plan physique, elle peut affecter le développement du cerveau, compromettre la santé et augmenter les risques de dépendance future. Sur le plan social, elle peut provoquer une marginalisation, des difficultés scolaires ou l’adoption de comportements à risque, comme les relations sexuelles précoces ou l’exposition à la violence. Pour les filles issues de familles vulnérables, ces risques sont encore plus élevés, car elles disposent de moins de soutien et de repères pour se protéger.

Sensibilisation et prévention : des réponses urgentes
Pour inverser cette tendance, les autorités, les écoles et la société civile doivent renforcer la sensibilisation sur les dangers de l’alcool. Les parents doivent être vigilants, mais un encadrement institutionnel strict est également nécessaire pour limiter la vente aux mineurs. La mise en place de loisirs sains, des activités culturelles, sportives ou éducatives, peut offrir aux adolescentes des alternatives positives et sécurisées.

Un défi social à relever
La consommation d’alcool chez des adolescentes dès 16 ans à N’Djamena n’est pas un simple problème individuel. Elle reflète des réalités sociales complexes où pauvreté, absence de contrôle et permissivité culturelle s’entrelacent. Alors que le mois de la femme met en lumière la protection des femmes, il est crucial de protéger également les plus jeunes, en combinant sensibilisation, encadrement et opportunités éducatives et sociales.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)