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À N'Djamena, la saison des pluies met à rude épreuve le cimetière de Lamadji

En pleine saison des pluies, le cimetière de Lamadji à N'Djamena subit d'importantes dégradations. Entre érosion et manque de matériel, les bénévoles se mobilisent pour sauver les sépultures.

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À N'Djamena, la saison des pluies met à rude épreuve le cimetière de Lamadji

Par Idriss Abdelkerim

À Lamadji, le silence qui règne habituellement entre les tombes contraste avec l’agitation des bénévoles qui tentent, tant bien que mal, de préserver ce lieu de repos. En pleine saison des pluies, plusieurs sépultures sont fragilisées ou endommagées par les eaux. Face à cette situation, le besoin en sable, communément appelé « rempli », devient de plus en plus urgent.

Le cimetière de Lamadji n’est pas un lieu comme les autres. Il constitue l’un des principaux espaces funéraires de la communauté musulmane de N'Djamena. Son entretien nécessite donc une mobilisation régulière. D’ailleurs, en juin 2026, la Commune de N'Djamena avait déjà lancé une opération d’aménagement du site pour prévenir les effets des inondations, avec la participation de citoyens ayant mis volontairement leurs engins à disposition.

Après plusieurs épisodes pluvieux, l’eau s’infiltre autour de certaines sépultures et emporte progressivement la terre. Des tombes qui étaient auparavant bien visibles peuvent ainsi se retrouver affaissées ou partiellement détruites.

Pour les familles qui viennent se recueillir, le constat est douloureux. « Nous venons ici pour prier pour nos parents et nos proches. Quand nous voyons leurs tombes abîmées par l’eau, cela nous fait mal. Il faut rapidement mettre du sable pour les renforcer », témoigne un visiteur du cimetière.

Une situation qui rappelle une réalité simple : une tombe abandonnée aux intempéries peut disparaître progressivement sous l’effet de l’érosion.

Des bénévoles plus nombreux que les moyens disponibles

Sur le terrain, les bénévoles constituent une véritable force de travail. Ils participent au remblayage, au nettoyage des alentours et à la remise en état des sépultures.

Mais leur bonne volonté se heurte au manque de matériel. Les agents chargés de l’entretien ne disposent pas toujours des équipements nécessaires pour faire face à l’ampleur des tâches.

Pioches, brouettes, pelles, matériel de remblayage et engins de terrassement, notamment des bulldozers pour les travaux lourds, font cruellement défaut.

« Les volontaires sont prêts à travailler, mais sans matériel, notre action reste limitée. Si nous avions suffisamment de pioches, de brouettes et d’engins, nous pourrions remettre plusieurs zones en état plus rapidement », résume un bénévole.

La question de la rémunération des agents constitue également un autre défi. Pour assurer un entretien permanent du cimetière, les personnes qui y travaillent ont besoin d’un minimum de moyens pour exercer leur activité dans de bonnes conditions.

Ce n’est pas la première fois que les difficultés d’entretien de Lamadji sont soulevées. En 2021, une visite municipale avait déjà porté sur les conditions de travail des fossoyeurs. En 2023, les autorités avaient également insisté sur plusieurs aspects de l’aménagement du site, notamment le désherbage, l’organisation des tombes et la nécessité de respecter les espaces de circulation.

Plus récemment, des citoyens ont encore prouvé qu’une mobilisation collective était possible, des bienfaiteurs ayant volontairement mis des engins à disposition pour contribuer aux travaux.

Face à l’urgence, l’entretien du cimetière de Lamadji ne devrait pas être considéré comme la seule responsabilité de quelques agents municipaux. Les familles, les associations, les commerçants, les opérateurs économiques et l'ensemble des bonnes volontés peuvent également contribuer, selon leurs moyens.

Un sac de sable peut aider à consolider une tombe. Une brouette peut faciliter le travail d’un bénévole. Une pioche peut permettre de restaurer plusieurs sépultures. Un engin peut, en quelques heures, accomplir un travail qui demanderait plusieurs jours à une petite équipe.

Le message est donc clair : à Lamadji, il ne s’agit pas seulement de réparer des tombes, mais de préserver la mémoire de ceux qui nous ont quittés.

Car derrière chaque sépulture se cache une histoire, une famille et un souvenir. Aujourd’hui, ce sont les morts qui ont besoin de notre solidarité. Demain, ce sera peut-être notre propre dernière demeure que les vivants devront protéger.

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