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# À N’Djaména, le combat quotidien de Tom Mahamoud pour nourrir ses enfants grâce au commerce de bidons
- URL: https://www.alwihdainfo.com/a-ndjamena-le-combat-quotidien-de-tom-mahamoud-pour-nourrir-ses-enfants-grace-au-commerce-de-bidons/
- Published: 2026-10-27T11:39:35.000Z
- Updated: 2026-10-27T11:39:34.000Z
- Description: À N’Djaména, Tom Mahamoud parcourt quotidiennement les quartiers pour acheter et revendre des bidons. Un commerce informel exigeant, mené loin de ses enfants pour subvenir à leurs besoins.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Khadidja Oumar Abdoulaye**

De maison en maison, dans plusieurs quartiers de N’Djaména, Tom Mahamoud recherche des bidons qu’il achète auprès des habitants avant de les revendre au marché. Derrière cette activité se cache l’histoire d’un père qui a laissé ses enfants au village pour revenir en ville gagner sa vie. Chaque jour, il multiplie les déplacements dans l’espoir de trouver de quoi subvenir aux besoins de sa famille.

Dans les quartiers de la capitale tchadienne, Tom Mahamoud passe une bonne partie de son temps à marcher d’une concession à une autre. Aux habitants, il pose presque toujours la même question : « Est-ce que vous avez des bidons ? Des grands bidons ? » Une manière de prospecter pour trouver des marchandises qu’il pourra ensuite écouler sur les étals du marché.

Pour un grand bidon, il débourse 1 250 francs CFA auprès des habitants. Au marché, il le revend 2 500 francs CFA, parfois 2 250 francs CFA. Quant au petit modèle, il l’achète à 750 francs CFA pour le revendre à 1 000 francs CFA.

Sur un grand bidon vendu à 2 500 francs CFA, la différence entre le prix d’achat et celui de vente est de 1 250 francs CFA. Lorsque le prix de vente descend à 2 250 francs CFA, cette marge tombe à 1 000 francs CFA. Pour un petit bidon vendu à 1 000 francs CFA, elle s'établit à 250 francs CFA. Ces montants représentent des marges brutes, qui ne tiennent pas compte des éventuels frais de déplacement, de transport et des autres dépenses liées à son activité.

Un commerce pour faire vivre sa famille

Si Tom Mahamoud s’accroche à ce labeur, c’est avant tout pour ses enfants. Il les a laissés au village et est rentré à N’Djaména avec l’espoir de gagner suffisamment d’argent pour contribuer à leur entretien. Éloigné des siens, il doit continuer à assumer ses responsabilités de père malgré la distance.

Chaque journée de travail compte. En parcourant les quartiers, en négociant avec les habitants et en transportant les bidons jusqu’au marché, il espère réaliser des ventes lui permettant de nourrir sa famille. Ses revenus restent toutefois étroitement liés au volume de marchandises qu’il parvient à dénicher et aux prix de revente.

Comme beaucoup de petits commerçants du secteur informel, Tom ne bénéficie d’aucun salaire fixe. Certaines journées se révèlent plus fructueuses que d’autres, une incertitude permanente qui l'oblige à faire preuve d'une gestion rigoureuse.

La persévérance au quotidien

Son commerce peut sembler rudimentaire au premier regard. Pourtant, il exige une dépense constante d’énergie, de temps et de patience. Marcher d’un quartier à l’autre, frapper aux portes, discuter, négocier et acheminer la marchandise : autant d’étapes qui rythment son existence.

La rentabilité réelle de cette activité dépend non seulement de la structure des prix, mais aussi du nombre de pièces écoulées et des charges engagées. La marge brute par article ne correspond donc pas au bénéfice net final.

Malgré ces contraintes, Tom poursuit son travail avec détermination. Pour lui, ce commerce demeure l’unique passerelle pour subvenir aux besoins de sa progéniture restée en province.

Derrière chaque bidon, une responsabilité paternelle

L’itinéraire de Tom Mahamoud rappelle que derrière les petits métiers urbains se cachent des destins marqués par la lutte quotidienne pour la survie. En l’absence d’emplois stables, le secteur informel absorbe une part importante des actifs.

Pour Tom, ces récipients en plastique ne sont pas de simples objets marchands. Ils matérialisent sa capacité à protéger les siens par-delà les kilomètres.

En arpentant inlassablement les rues de N’Djaména, il poursuit son sacerdoce avec une boussole unique : nourrir ses enfants et tenir son rang de père.