Afrique : Denis Sassou-N’Guesso ouvre les Assemblées de la BAD à Brazzaville
Les 61ᵉˢ Assemblées annuelles de la BAD ont débuté à Kintélé. Denis Sassou-N’Guesso appelle à mobiliser des ressources africaines pour un développement durable et souverain.
Par Mvouanzi Jonas
Placées sous le signe de la souveraineté économique et de l'efficacité financière, les 61ᵉˢ Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont débuté ce mardi 26 mai à Kintélé, près de Brazzaville. La cérémonie a été présidée par le Chef de l'État congolais, Denis Sassou-N’Guesso, qui a exhorté le continent à mobiliser ses propres ressources dans un monde de plus en plus fragmenté.
C'est la banlieue de Brazzaville, Kintélé, transformée en épicentre de la finance africaine, qui accueille ces 61ᵉˢ Assemblées annuelles de la BAD. Devant un parterre d’illustres invités, le président Denis Sassou-N’Guesso a officiellement ouvert ces assises cruciales.
Il a salué le choix de la République du Congo comme terre d'accueil de cet événement continental, avant de féliciter chaleureusement le Docteur Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine de développement. Le souhait formulé par Denis Sassou-N’Guesso est que le mandat du Mauritanien permette de consolider les acquis de l’institution, d'accroître sa capacité de mobilisation et de renforcer son rôle de catalyseur des investissements sur le continent.
« Changer de paradigme face à l'immensité des défis »
Les 61ᵉˢ Assemblées annuelles de la BAD se tiennent sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ». Selon Denis Sassou-N’Guesso, ce thème résonne comme un impératif catégorique. L'heure n'est donc plus aux demi-mesures : « Le financement du développement de l’Afrique requiert désormais des approches plus ambitieuses, inscrites dans une dynamique durable et cohérente », a-t-il martelé.
Infrastructures, énergie, agriculture, numérique, santé, protection de l'environnement : la liste des chantiers prioritaires est longue et les besoins immenses. Face à ces exigences, le numéro un congolais appelle à des réponses nouvelles et audacieuses. Il préconise notamment d'approfondir les marchés financiers locaux, de renforcer les institutions régionales et de maximiser l'usage des instruments de garantie et de financement mixte pour capter à la fois l'épargne africaine et les capitaux internationaux.
Toutefois, le président congolais a insisté sur une vérité essentielle : l'argent ne fait pas tout. « L’enjeu n’est pas seulement de trouver plus de ressources. Il s’agit aussi de mieux les orienter, de mieux les utiliser et de les consacrer à des investissements capables de transformer durablement les conditions de vie de nos populations », a-t-il renchéri, car la question du financement reste indissociable de celle de la responsabilité, a estimé Denis Sassou-N’Guesso.
La BAD, « instrument de solidarité africaine »
Rendant un vibrant hommage à la BAD, Denis Sassou-N'Guesso a rappelé que l'institution est bien plus qu'une simple banque : elle est un « instrument de solidarité africaine » et un partenaire stratégique des États. Aussi, a-t-il invité la BAD à rester fidèle à sa vocation première, tout en continuant de plaider pour une architecture financière internationale plus juste, plus représentative et plus attentive aux réalités du continent.
Cette relation de confiance, le Congo la vit au quotidien à travers une coopération bilatérale ancienne et fructueuse, qui soutient de nombreux projets majeurs dans les secteurs de l'agriculture, de l'énergie, de la gouvernance et de l'intégration régionale, a témoigné le chef de l’État congolais.
Cap sur la souveraineté économique : la « Vision Congo 2063 »
Ce grand rendez-vous de Kintélé est en phase avec les réformes profondes engagées en République du Congo. En effet, le pays s'est engagé dans une réflexion stratégique à long terme à travers l'initiative « Vision Congo 2063 », a affirmé Denis Sassou-N’Guesso. Axé sur la diversification économique, la modernisation des infrastructures et la valorisation du capital humain, ce plan vise à répondre concrètement aux attentes de la population et de la jeunesse, a-t-il expliqué.
« Il nous appartient de faire de nos ressources naturelles un moteur de transformation locale. Il nous appartient aussi de faire du financement du développement un outil de souveraineté, de justice sociale et de prospérité partagée », a insisté le président congolais, rappelant que l’Afrique aspire aujourd'hui à des partenariats équilibrés.
Denis Sassou N'Guesso a déclaré ouvertes les Assemblées annuelles 2026 de la BAD sur cette note d'optimisme et de confiance en l'avenir, en espérant que les travaux déboucheront sur des engagements concrets pour une Afrique résiliente, intégrée et prospère.