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Assainissement à N’Djamena : quand les comportements individuels freinent les efforts municipaux

À N'Djamena, la gestion des déchets et l'entretien des espaces publics révèlent la tension persistante entre les attentes légitimes envers la mairie et le manque récurrent de civisme de certains habitants.

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Assainissement à N’Djamena : quand les comportements individuels freinent les efforts municipaux

Par Katchibé Mapagne

Entre attentes envers les pouvoirs publics et comportements quotidiens, la question de la responsabilité citoyenne se pose avec acuité dans plusieurs quartiers de N'Djamena. Alors que la mairie centrale multiplie les actions pour améliorer le cadre de vie, la gestion des déchets, l'entretien des voies et le curage des caniveaux, certaines pratiques individuelles continuent de compliquer les efforts engagés.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, les travaux et opérations menés par la mairie centrale sont de plus en plus visibles. Nettoyage des espaces publics, assainissement, curage des caniveaux et interventions sur certaines voies figurent parmi les actions entreprises pour améliorer le cadre de vie des habitants.

Ces initiatives répondent à des préoccupations régulièrement exprimées par les populations. La gestion des déchets, l'évacuation des eaux et l'entretien des voies restent en effet des enjeux importants pour une capitale confrontée à une forte croissance urbaine.

Mais malgré ces efforts, certaines difficultés persistent. Dans certains secteurs, des déchets sont à nouveau déposés après les opérations de nettoyage. Des eaux usées sont déversées sur les voies et des caniveaux, pourtant destinés à faciliter l'évacuation des eaux, sont parfois utilisés comme dépotoirs.

Fatimé, mère de famille rencontrée à Habena, confie : « Je vois bien les engins de la mairie passer, mais le lendemain, les voisins remettent leurs sacs dans le caniveau parce que la benne la plus proche est à plus d'un kilomètre. On ne va pas jeter nos ordures dans la cour des autres, mais à un moment, on ne sait plus où les mettre. » De son côté, Adoum, commerçant au marché de Dembé, ajoute : « Moi, je paie mes impôts, donc je demande à la mairie de faire son travail. Mais je reconnais que quand je vois mes clients jeter leurs sachets par terre devant ma boutique, je leur dis de ramasser. Si on ne se respecte pas nous-mêmes, personne le fera pour nous ici. »

Face à ces situations, les regards se tournent souvent vers les pouvoirs publics. Les habitants attendent davantage de ramassage des ordures, d'aménagement des voies, de curage des caniveaux et d'amélioration des services municipaux. Ces attentes sont légitimes, car la gestion d'une ville relève en grande partie de la responsabilité des autorités.

Cependant, l'action de la mairie ne peut être pleinement efficace sans l'implication des citoyens. Jeter une bouteille ou un sachet dans la rue, déverser les eaux domestiques sur la chaussée ou déposer des déchets dans un caniveau peut rapidement réduire à néant les efforts réalisés quelques jours auparavant par les équipes municipales.

La responsabilité citoyenne commence donc aussi devant sa propre maison. Entretenir les abords de son habitation, respecter les espaces publics, utiliser correctement les points de collecte et éviter d'obstruer les caniveaux sont des gestes simples qui peuvent contribuer à préserver les résultats des travaux réalisés par la mairie.

Pour sortir de cette impasse, il faut instaurer dans chaque grand et petit quartier un « comité de veille citoyenne » composé de volontaires, en lien avec le chef de quartier et les services techniques de la mairie. Ce comité aurait pour mission d'organiser des journées d'activités, de signaler les dépôts sauvages récurrents et de proposer des solutions adaptées à chaque zone, comme le déplacement d'une benne ou la création d'un point de collecte provisoire. La mairie, de son côté, s'engagerait à fournir les sacs et les gants, et à traiter les remontées dans un délai raisonnable. Quelques quartiers pilotes pourraient lancer l'expérience dès la saison sèche.

L'enjeu n'est donc pas d'opposer les citoyens aux pouvoirs publics, mais de faire fonctionner les deux responsabilités ensemble. La mairie centrale doit poursuivre ses efforts d'assainissement et d'amélioration du cadre de vie, tandis que les habitants doivent accompagner ces actions par des comportements responsables.

Une ville propre et agréable ne se construit pas uniquement avec des opérations municipales. Elle se construit aussi avec des citoyens qui considèrent l'espace public comme un bien commun. Et avec des dispositifs simples qui transforment la bonne volonté en action collective durable.

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